À l'issue du débat général, le Président de l'Assemblée demande l'adaptation de l'ONU aux réalités actuelles pour renforcer son rôle dans la gouvernance mondiale

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Published on 29 Sep 2010 View Original
AG/11006

Assemblée générale

Soixante-cinquième session

23e et 24e séances plénières - matin et après-midi

Le Président de l'Assemblée, Joseph Deiss de la Suisse, s'est exprimé aujourd'hui à l'issue du débat général pour lancer un appel à l'adaptation de l'ONU aux réalités actuelles pour qu'elle puisse assumer pleinement son statut de « pièce maitresse du système de gouvernance mondiale ».

Reconnaissant la « réalité incontournable » du G-20, M. Deiss a estimé qu'une amélioration des mécanismes d'information, de consultation et de coopération entre l'ONU et les autres acteurs de la gouvernance mondiale s'impose. Il a annoncé son intention d'établir un dialogue informel avant et après les réunions du G-20 avec le Secrétaire général et le pays hôte du G-20, à savoir la République de Corée.

La représentante de Monaco, Isabelle Picco, a rappelé la Déclaration ministérielle que le Groupe sur la gouvernance mondiale (3-G) a adoptée, le 27 septembre dernier, pour demander de contribuer à la réflexion du Groupe de travail sur le développement du G-20, en novembre prochain, à la réunion de Séoul. Le 3-G, a-t-elle expliqué, milite pour que le Secrétaire général de l'ONU soit associé aux travaux du G-20.

La gouvernance mondiale exige, en effet, a estimé le représentant de Saint-Vincent-et-les Grenadines, que l'on s'oppose aux groupements « non inclusifs, non transparents et non représentatifs ». Les 172 économies, qui ne font partie du G-20, ne sauraient être réduits à attendre anxieusement des signaux et des changements de politique qui affectent pourtant leur propre survie », a-t-il prévenu.

Cette année, 185 États Membres et les deux Observateurs permanents de l'ONU ont participé au débat général, rendez-vous annuel placé, cette année, sur le thème du rôle de l'ONU dans la gouvernance mondiale.

Le Président de l'Assemblée générale, qui a dit avoir « parfois le sentiment que nous nous contentons de répéter des schémas de pensée éculés, de rechercher des succès de courte durée ou que nous nous complaisons dans le statu quo », a estimé qu'afin de faire de vraies percées sur les grands projets liés à la gouvernance mondiale, la protection des droits de l'homme et la préservation de la planète, « il nous faut beaucoup de créativité et beaucoup de générosité ».

Oserons-nous dépasser les blocages anciens, les prises de position maintes fois répétées et entamer en toute sincérité les réconciliations tant espérées, s'est interrogé M. Deiss, avant d'engager les États Membres à « ne pas avoir peur de leur propre courage ».

À ce monde désemparé, l'ONU doit s'adapter pour être en mesure de trouver des réponses justes aux déséquilibres actuels, a renchéri le Ministre des affaires étrangères et de l'intégration africaine de la Côte d'Ivoire, Jean-Marie Kacou Gervais, qui a dénoncé les affres de la pauvreté, « plaie encore béante d'une humanité qui n'en finit pas de progresser ».

Les Nations Unies ont la responsabilité de forger une nouvelle culture fondée sur un véritable partenariat, a ajouté Wilfred Erlington, Ministre des affaires étrangères et du commerce extérieur de Bélize.

Parmi les moments forts des six jours de débat, on retiendra notamment l'intervention du Président des États-Unis, Barack Obama, qui a souhaité voir la Palestine grossir les rangs des États Membres de l'ONU dès l'année prochaine.

Plusieurs chefs d'État et ministres ont parlé des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), emprunts d'un sentiment d'urgence à l'approche de la date butoir de 2015. Le Ministre des affaires étrangères de la France, Bernard Kouchner, a proposé, pour financer la réalisation de ces Objectifs, la création d'une taxe de 0,005% sur les transactions financières.

Mgr Dominique Mamberti, du Saint-Siège, a engagé les pays riches à assurer le fonctionnement d'un cadre financier et commercial favorable aux pays les plus faibles, tout en appelant ces derniers, à un « virage éthique » qui garantisse la bonne gouvernance et déracine la corruption.

La création d'ONU-Femme, nouvelle entité composite chargée de la promotion de la femme, a reçu l'appui unanime des États Membres qui se sont félicités de la nomination à sa tête de Michèle Bachelet, ancienne Présidente du Chili.

La question du désarmement nucléaire a une nouvelle fois aujourd'hui capté l'attention de l'Assemblée générale. Affirmant que son pays était un « État nucléaire responsable », le Vice-Ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Pak Kil Yon, a averti que « tant que des porte-avions nucléaires américains navigueront sur les mers qui nous entourent, notre défense nucléaire ne peut en aucun cas être abandonnée mais doit être bien au contraire être renforcée ».

Le représentant de la Fédération de Russie a préconisé la poursuite de la recherche d'une solution au problème nucléaire iranien et confié qu'il ne voit aucune alternative raisonnable à un règlement politique et diplomatique du problème.

Le Ministre ivoirien des affaires étrangères a profité de sa présence à l'Assemblée pour confirmer que le premier tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire a été fixé au 31 octobre 2010. Son homologue guinéen, Bakary Fofana, a indiqué que, dans son pays, le second tour du scrutin présidentiel se tiendrait au mois d'octobre prochain.

La prochaine réunion de l'Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.