Les Caraïbes ne pourront pas « se reconstruire en mieux » sans appui international et action climatique urgents

Plus de 2 milliards de dollars américains en contribution au relèvement annoncés lors de la Conférence ONU-CARICOM

New York – Compte tenu des besoins urgents des pays touchés par les ouragans Irma et Maria, près de 400 représentants de haut niveau des gouvernements, des organisations multilatérales, de la société civile et du secteur privé se sont réunis aujourd’hui au Siège de l’ONU à New York avec les Secrétaires généraux de l’ONU et la Communauté des Caraïbes (CARICOM) pour s’engager à appuyer ces pays à « mieux se reconstruire » et à devenir les premiers pays du monde adaptés aux changements climatiques.

La « Conférence d’annonces de contributions de haut niveau ONU-CARICOM : Construire une communauté plus adaptée aux changements climatiques » a permis de recueillir 1,3 milliard de dollars américains en annonces de contributions et plus d'1 milliard en prêts et allègement de la dette.

Les coûts de reconstruction sont évalués à plus de cinq milliards de dollars américains. Les secteurs économiques du tourisme et de l’agriculture ont été considérablement touchés selon des évaluations publiés pendant la Conférence organisée par la Communauté des Caraïbes (CARICOM) avec l’appui du PNUD en partenariat avec d’autres agences de l’ONU.

"L'ampleur de la reconstruction exigera des niveaux de financement importants que nous ne sommes pas en mesure de générer par nous-mêmes. Les pays sont très endettés, avec un accès limité au financement en raison de leur statut de pays à revenu intermédiaire », a déclaré le secrétaire général de la CARICOM, Irwin LaRocque. "La tâche est au-delà de nos moyens."

« Les pays des Caraïbes ont besoin d’un appui pour se reconstruire et adopter une démarche efficace pour lutter contre les changements climatiques. Nous avons besoin d’une nouvelle génération d’infrastructures qui tienne compte des risques pour soutenir des économies, des communautés et des moyens de subsistance résilients”, a dit le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

Des îles particulièrement vulnérables face aux changements climatiques ont été dévastées comme Barbuda, la plus petite île de l’État d’Antigua-et-Barbuda, et la Dominique. D’autres îles gravement touchées sont Anguilla, les îles Vierges britanniques, les Bahamas, les îles Turques et Caïques. Haïti et Saint-Kitts-et-Nevis ont également subi des dégâts, ainsi que St Martin, Cuba, la République dominicaine et Porto Rico.

« Les changements climatiques ne sont pas une hypothèse pour les habitants des Caraïbes. Il s’agit d’une réalité à laquelle ils sont confrontés au quotidien. Nos messages de solidarité ne suffiront pas. Le moment est venu d’agir », a dit le Président de l’Assemblée générale, Miroslav Lajčák.

A Barbuda, les dégâts dépassent les 130 millions de dollars américains, les besoins en termes de reconstruction se chiffrant à plus de 220 millions de dollars, selon la dernière évaluation réalisée après le passage d’Irma. Le secteur touristique, qui est au cœur de l’économie de l’île et représente près de de 60 % du Produit Intérieur Brut (PIB), a été gravement impacté, les pertes se chiffrant à environ 76 %.

"Le changement climatique ne reconnaît pas les frontières d’un pays, sa taille ou sa religion. Tous sont affectés, mais les plus petits, les plus vulnérables et les plus pauvres sont les plus touchés, " a déclaré le Premier ministre Gaston Browne d'Antigua-et-Barbuda. « Les petits États insulaires en développement n'atteindront jamais les objectifs de développement durable à moins qu'il n'y ait des fonds pour des collectivités résilientes au climat ».

À la Dominique, l’ouragan Maria a détruit des progrès réalisés sur plusieurs décennies en matière de développement, impactant plus de 200 % du produit intérieur brut (PIB) de l’île. Le risque est grand (60 %) que le pays ne retombe dans la. Près de 60 % des dégâts concernent les infrastructures de logement et de transports publics, les coûts de reconstruction étant estimés à environ 1,3 milliards de dollars américains. L’ouragan de catégorie 5 a complètement dévasté le parc national du pays, un site au patrimoine mondial de l’UNESCO, en quelques heures à peine.

"Nous avons pour objectif de reconstruire la Dominique comme le premier pays au monde adapté au changement de climat ", a déclaré le Premier ministre Roosevelt Skerrit de la Dominique. "C'est une question de survie pour nous, et la seule façon d'avancer. "

Répondant aux besoins urgents, plus de 1,35 milliard de dollars ont été promis par des partenaires établis de longue date ainsi que de nouveaux contributeurs, soulignant l'importance de la coopération de la région Sud-Sud et au-delà. Montants estimés: 702 millions de dollars des Pays-Bas; 352 millions de dollars de l'Union européenne; 140 millions de dollars de la Banque mondiale; 78 millions de dollars du Canada; 30 millions de dollars de Chine; 27 millions de dollars du Mexique; 12 millions de dollars de l'Italie; 4,3 millions de dollars des États-Unis; 4 millions de dollars du Japon; 1 million de dollars du Koweït; 2 millions de dollars de l'Inde; 1 million de dollars du Venezuela; 1,2 million de dollars de la Belgique; 1 million de dollars du Chili; 500 000 dollars du Danemark; 300 000 dollars de la Colombie; 250 000 $ d'Haïti; 250 000 dollars de Nouvelle-Zélande; 200 000 dollars du Brésil; 150 000 dollars du Kazakhstan; 100 000 dollars de Roumanie; 100 000 $ du Portugal et 20 000 $ de la Serbie.

En outre, la Banque interaméricaine de développement a promis 1 milliard de dollars de prêts, l'Italie 30 millions de dollars de prêts bonifiés tandis que le Venezuela a remis 1 million de dollars supplémentaire pour une Caraïbe plus résiliente.

Pour obtenir des informations supplémentaires et pour télécharger les documents sur la Conférence (en anglais): http://resilientcaribbean.caricom.org

Pour toute requête émanant de la presse:
A New York : Carolina Azevedo, Communications régionales, PNUD Amérique latine et Caraïbes, Carolina.azevedo@undp.org
Au Guyana/CARICOM : Kendol. Morgan, Services de communications, CARICOM, kendol.morgan@caricom.org