Les membres de l'Union Africaine doivent redoubler d'efforts pour éliminer les mines terrestres et pour soutenir les survivants d'explosions de mines

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from International Campaign to Ban Landmines
Published on 09 Sep 2009 View Original
Une conférence régionale sur le sujet s'ouvre aujourd'hui à Pretoria

Pretoria, le 9 septembre 2009 -- Les membres de l'Union Africaine doivent redoubler d'efforts pour éliminer les mines terrestres sur tout le continent et pour assurer le respect des droits des survivants d'explosions de mines, a affirmé aujourd'hui la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL), lauréate du prix Nobel de la paix en 1997. Une conférence régionale sur le sujet se déroulera du 9 au 11 septembre à Pretoria. La Troisième conférence d'experts africains au sujet des mines terrestres regroupera tous les membres de l'Union Africaine (UA), plusieurs organisations internationales d'action anti-mines et des activistes africains de l'ICBL.

Plus de la moitié des pays d'Afrique sont pollués par des mines terrestres ou des restes explosifs de guerre. Tous ceux d'entre eux qui sont parties au Traité d'interdiction des mines doivent éliminer toutes les mines antipersonnel de leur territoire « dès que possible » mais au plus tard dans les dix ans après s'être joints au traité. Le Mozambique, le Sénégal, le Tchad et le Zimbabwe avaient initialement jusqu'en 2009 pour terminer le déminage, mais se sont vu accorder des prolongations de délai allant de 14 mois pour le Tchad à sept ans pour le Sénégal. En Ouganda, le déminage devait initialement être terminé le 1er août 2009 mais une demande de prolongation de trois ans a été déposée le mois dernier. « Les populations qui vivent quotidiennement sous la menace des mines ont assez attendu. Il est temps pour tous les Etats de terminer le travail de déminage. Cela est tout à fait possible s'il existe une véritable volonté politique en ce sens. » a expliqué Boubine Touré, de la Campagne sénégalaise pour interdire les mines.

L'ICBL appelle les Etats à inclure pleinement les survivants de mines et leurs organisations dans la mise au point, la mise en oeuvre et l'évaluation des programmes destinés aux personnes handicapées et des lois nationales sur le sujet. Les survivants sont, en effet, ceux qui savent le mieux quels sont leurs besoins. « Les gouvernements font des promesses depuis que le Traité d'interdiction des mines a vu le jour il y a plus de dix ans, mais aujourd'hui la plupart des survivants attendent toujours que ces promesses se réalisent. Les survivants d'explosions de mines et les autres personnes handicapées sont encore parmi les plus pauvres d'entre les pauvres. L'accès aux soins médicaux, au soutien psychologique et aux opportunités économiques leur est toujours difficile. Les Etats doivent déminer leur territoire en dix ans et détruire leurs stocks de mines en quatre ans. Mais les survivants de mines, eux, doivent recevoir du soutien toute leur vie durant. » a dit Margaret Arach Orech, elle-même survivante de mine, ambassadrice de l'ICBL et fondatrice de l'Association ougandaise des survivants de mines.

L'Afrique affiche un des plus hauts taux d'adhésion au Traité d'interdiction des mines au monde, avec seulement quatre Etats non parties. « L'Egypte, la Libye, le Maroc et la Somalie doivent rallier le mouvement mondial d'interdiction des mines dès que possible. Entre temps nous aimerions les voir mettre en oeuvre des mesures intérimaires: commencer à détruire leurs stocks de mines antipersonnel, amorcer un véritable travail de déminage, et soutenir les survivants. L'Egypte, en particulier, doit officiellement interdire la production de mines terrestres à jamais. » a dit Ayman Sorour, membre du comité de gestion de l'ICBL et directeur de Protection, la branche égyptienne de l'ICBL.

La Troisième conférence d'experts africains au sujet des mines terrestres portera sur le déminage des zones polluées, l'assistance aux victimes, et la position commune de l'Union Africaine sur les mines terrestres. Cette conférence fait partie d'une série de réunions régionales organisées en vue de la Seconde conférence d'examen du Traité d'interdiction des mines, prévue à Carthagène en Colombie du 30 novembre au 4 décembre 2009.

FIN

Renseignements et interviews

Français: Boubine Touré, Campagne sénégalaise pour interdire les mines, tél.: +221 775637648

Arabe: Ayman Sorour, Protection (Egypte), tél.: +33 6 76 19 69 84

Anglais et portugais: Robert Mtonga, Campagne de Zambie pour interdire les mines, tél.: +260 977842922

Contexte

Le Traité d'interdiction des mines interdit l'usage, la production et le commerce des mines antipersonnel. Il requiert que les Etats parties détruisent leurs stocks de mines antipersonnel en quatre ans, terminent le déminage de toutes les zones polluées en dix ans, et il exhorte les Etats à mettre en place des programmes d'assistance aux victimes de mines.

Il y a 156 Etats parties au Traité d'interdiction des mines. Cela inclut tous les Etats africains sauf l'Egypte, la Libye, le Maroc et la Somalie. Le Sahara occidental, membre de l'Union Africaine, n'est pas en mesure de se joindre au traité car il n'est pas reconnu par les Nations Unies.

Plus de la moitié des Etats africains sont pollués par des mines ou des restes explosifs de guerre : l'Algérie, l'Angola, le Burundi, la République du Congo, la Côte d'Ivoire, le Djibouti, la République démocratique du Congo, l'égypte, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Kenya, le Libéria, la Libye, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, la Namibie, le Niger, le Nigeria, l'Ouganda, le Rwanda, le Sénégal, la Somalie, le Soudan, le Tchad, la Tunisie, la Zambie et le Zimbabwe. Le Sahara occidental est également pollué.

L'Egypte est le seul pays africain qui abrite des installations de production de mines antipersonnel. La Campagne internationale pour interdire les mines, lauréate du prix Nobel de la paix 1997, est un réseau mondial comptant des membres dans plus de 70 pays, qui travaillent à l'atteinte d'un monde libre de mines et d'armes à sous-munitions.

Renseignements en français sur les mines terrestres, Rapport 2008 de l'Observatoire des mines: www.lm.icbl.org/lm/2008/translations/LM08=5FES=5FFrench.pdf

Renseignements en arabe sur les mines terrestres: www.mena-protection.org