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Bulletin quotidien d'information No. 1132 pour la région des Grands Lacs

NATIONS UNIES
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RWANDA: L'Ouganda condamné pour avoir qualifié le Rwanda de "nation hostile"

Le gouvernement rwandais a condamné l'Ouganda pour l'avoir fait figurer sur la liste de "nations hostiles" envoyée, la semaine dernière, au président du parlement par le ministre ougandais responsable de la sécurité. Dans un communiqué publié dimanche, le Rwanda a fait savoir qu'il souhaitait "établir de manière tout à fait claire" qu'il n'était "absolument pas opposé à l'Ouganda". "Quant à la question de savoir pourquoi le gouvernement ougandais a choisi ce moment particulier pour qualifier le Rwanda de nation hostile, seules les autorités de Kampala peuvent y répondre," indiquait le communiqué officiel.

Il est regrettable que l'Ouganda "s'abritant derrière les événements de Kisangani [survenus l'an dernier au nord-est de la RDC], classe le Rwanda parmi ses ennemis", indiquait le texte. "Le gouvernement ougandais prétend que les événements de Kisangani n'ont jamais été 'totalement expliqués' et c'est en se basant sur cet argument qu'il classe le Rwanda au rang des nations hostiles."

"Si les autorités de Kampala affirment maintenant ne pas savoir qui est responsable des affrontements de Kisangani, l'Ouganda agit de manière délibérée ou a l'intention de tromper la communauté internationale," indiquait le communiqué. Ceux qui ont suivi les événements de la région des Grands Lacs savent que les affrontements qui ont secoué Kisangani, à trois reprises, étaient "planifiés et provoqués" par l'armée ougandaise. "Il est assez ironique que l'Ouganda qualifie le Rwanda de nation hostile, lorsqu'on sait que l'Ouganda non seulement héberge des éléments hostiles au Rwanda mais les mobilise et leur fournit un entraînement dans le but de déstabiliser le Rwanda," lisait-on. "Le gouvernement ougandais est tout à fait conscient de sa responsabilité dans les événements de Kisangani. Ce volte-face et la position de l'Ouganda envers le Rwanda sont le comble du cynisme," indiquait le texte, ajoutant néanmoins "qu'aucune déclaration hostile ou provocation ne l'entraîneront [le Rwanda] vers un conflit inutile avec l'Ouganda".

Le ministre ougandais de l'intérieur, Muruli Mukasa, justifie la décision de son pays de classer le Rwanda au rang des nations hostile par les nombreux affrontements militaires survenus entre les deux Etats, à Kisangani, ville du nord-est de la RDC, a rapporté la BBC. M. Mukasa a déclaré que l'Ouganda, en prenant cette position, visait non pas le peuple rwandais, mais ses dirigeants.

BURUNDI: Maintien du couvre-feu à titre de "précaution contre de nouvelles attaques"

L'armée burundaise affirme avoir repris le contrôle de la capitale Bujumbura, à l'issue de deux semaines de combats acharnés l'opposant aux rebelles des Forces nationales pour la libération (FNL) mais maintient un couvre-feu de 20 heures à 6 heures (heure locale) "à titre de précaution contre de nouvelles attaques rebelles", a rapporté lundi Radio Rwanda. Le gouvernement a imposé, le 4 mars, un couvre-feu plus long dans la ville de Bujumbura (le couvre-feu s'étendait auparavant de minuit à 6 heures), ce qui a permis de mettre un terme aux combats dans la capitale, ont déclaré des sources humanitaires. Les journalistes qui se sont rendus à Kinama, o=F9 le FNL s'était retranché lors de sa dernière offensive, ont rapporté que les habitations des personnes déplacées des quartiers nord n'avaient pas été endommagées, d'après la radio burundaise. L'église de Kinama et la place du marché, ainsi que l'un des centres de santé été détruits dans le quartier o=F9 le FNL a établi ses bases arrière dans cette partie de la ville, selon des propos émanant des forces de l'ordre.

Les combats entre l'armée et le FNL ont provoqué la fuite de 56 000 habitants des faubourgs de Kinama et Kamenge, selon des informations données vendredi par l'ONU lors d'une rencontre avec la presse. Les personnes déplacées ont un besoin urgent d'aide alimentaire mais les conditions de sécurité empêchent le Programme alimentaire mondial de leur venir en aide, apprenait-on. La situation au Burundi est déjà critique en raison d'une grave crise alimentaire qui frappe des dizaines de milliers de personnes déjà vulnérabilisées par la sécheresse et le paludisme, ajoutait le rapport de l'ONU.

BURUNDI: Le PAM lance une nouvelle stratégie pour optimiser ses réserves

Le PAM vient de mettre en oeuvre une nouvelle stratégie de distribution en vue d'optimiser ses stocks de denrées alimentaires pour le Burundi. La plupart des stocks seront entreposés dans un centre de 'transbordement' à Isaka (Tanzanie), près de la frontière avec le Burundi. A partir d'Isaka, les camions pourront ensuite faire un aller retour dans la journée jusqu'à Ngozi - capitale de la province du mêmem nom, qui est le centre de distribution du PAM pour la crise de sécheresse et de malnutrition frappant le nord du Burundi - , a rapporté OCHA dans son dernier rapport hebdomadairere. Dans le cadre de cette nouvelle stratégie, le transport de l'aide alimentaire se fera par voie routière ou ferroviaire à partir du port kenyan de Mombasa et du port tanzanien de Dar es Salaam jusqu'à Isaka; Une plus petite quantité partira de Dar es Salaam pour être acheminée par voie routière, via le Burundi, jusqu'à Kigoma à l'ouest de la Tanzanie, puis par péniche jusqu'à la mairie de Bujumbura, indiquait le bulletin. L'agence onusienne peut stocker actuellement 100 000 tonnes dans le pays pour des distributions destinées aux provinces du nord touchées par la sécheresse et aux personnes déplacées dans la région de Bujumbura. Le PAM est par ailleurs en train de construire des unités pour stocker 4 350 tonnes supplémentaires, d'après le rapport d'OCHA.

RDC: Masire devrait rencontrer Kabila en fin de semaine

L'ancien président du Botswana, Ketumile Masire, le médiateur désigné par l'OUA pour le dialogue intercongolais, proposé aux termes de l'accord de Lusaka, en vue de créer un nouvel avenir politique pour la RDC, a fait part samedi de son intention de se rendre en RDC du 16 au 19 mars, pour avoir des entretiens avec le président Joseph Kabila. "Le président Kabila souhaite que je me rende à Kinshasa le plus tôt possible afin de poursuivre les discussions," selon un communiqué de presse de M. Masire cité par l'agence de presse sud-africaine (SAPA). Au menu des pourparlers de Kinshasa, figureront les moyens de faire progresser le dialogue et renforcer la présence du médiateur dans la capitale de la RDC, a indiqué M. Masire.

Le chef congolais de la diplomatie, Léonard She Okitundu a confirmé, le 22 février, au siège de l'ONU à New York, que son gouvernement a invité M. Masire à poursuivre son rôle de médiateur dans le cadre du dialogue intercongolais. Le père défunt de Joseph Kabila, Laurent-Désiré Kabila, avait rejeté la médiation de M. Masire. En juin l'an dernier, son gouvernement avait fermé le bureau de M. Masire à Kinshasa, déclarant que le divorce entre le gouvernement de la RDC et le médiateur était prononcé. Le processus du dialogue est un élément clé de l'accord de paix de Lusaka. Les diplomates voient dans la décision de la RDC d'inviter M. Masire à tenir de nouveaux pourparlers, un grand pas en direction de la relance de l'accord, a rapporté en fin de semaine la BBC.

RDC: Le Liban demande des clarifications sur les exécutions

L'exécution sommaire par des soldats congolais de 11 ressortissants libanais accusés d'avoir été impliqués dans l'assassinat, le 16 janvier, du défunt président de la RDC, Laurent-Désiré Kabila, a été ordonnée par le colonel Eddie Kapend et l'aide-de-camp de l'ancien président, a rapporté vendredi Radio France Internationale (RFI). Des soldats en colère ont tué "certains" des ressortissants libanais arrêtés après l'attentat contre Kabila, selon les propos du ministre de la justice, Mwenze Kongolo, cités, la semaine dernière, par l'agence de presse AP. "Ils ont entendu dire que certains Libanais étaient impliqués dans l'assassinat de Kabila et emportés par leur colère, ils les ont exécutés sans que le gouvernement ne soit mis au courant," a expliqué M. Kongolo. Le colonel a été assigné à résidence, la semaine dernière, dans un camp militaire de Kinshasa, dans le cadre de l'enquête ouverte sur l'attentat contre Kabila, apprenait-on dans les milieux de l'information.

Lors d'une interview accordée à RFI, le leader de la communauté libanaise en RDC, Ade Sata Ashu, a déploré que la déclaration de M. Kongolo sur les exécutions des ressortissants libanais soit restée vague sur les circonstances de l'attentat. "La clarification de cette question appartient au gouvernement et tombe sous sa juridiction," a-t-il déclaré. Les 11 Libanais - dont trois mineurs - ont été arrêtés par les forces de l'ordre du gouvernement le 16 janvier aux environs de 20 heures (heure locale). La communauté libanaise ignore o=F9 se trouvent les corps, a confié M. Ashu.

RDC: Arrivée de 2 000 réfugiés angolais aux alentours de Kimvula

Le HCR a annoncé, vendredi, qu'une mission d'évaluation menée conjointement, la semaine dernière, avec le PAM près de la frontière entre la RDC et l'Angola, a relevé que près de 2 000 nouveaux réfugiés angolais étaient dispersés dans plusieurs villages aux alentours de la ville congolaise de Kimvula. "Certains d'entre-eux souffraient de blessures par balles reçues lors des affrontements survenus dans leurs villages [dans la province d'Uige en Angola] entre les rebelles de l'UNITA et l'armée angolaise," a déclaré à des journalistes à Genève (Suisse) le porte-parole du HCR, Kris Janowski. Les réfugiés, qui vivent avec les habitants de la province du Bas-Congo, au sud de la RDC, se partagent les rares ressources disponibles à Kimvula, o=F9 l'accès est difficile en raison du mauvais état des routes, a-t-il expliqué.

Les membres de la mission ont relevé que six réfugiés blessés par balles avaient été admis dans un hôpital local. Ils ont, par ailleurs, entendu des réfugiés dire qu'ils ne reviendraient pas en Angola tant que le gouvernement angolais ne leur donnait aucune garantie de sécurité, a indiqué M. Janowski. Le HCR envisage d'éloigner les réfugiés de la région frontalière. En raison des difficultés de déplacement par voie routière, l'équipe n'a pas pu vérifier les informations faisant état d'un autre groupe de 1 800 réfugiés, plus à l'ouest, dans la ville de Popokabaka. Plusieurs milliers ont été aperçus dans la ville de Kasongo-Lunda dans la province du Bandundu.

RDC: Le RCD "n'a rien à cacher" à propos des allégations de massacres

Les rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) ont déclaré, vendredi, qu'ils n'ont rien à cacher en ce qui concerne les massacres présumés perpétrés il y a quatre ans par ses troupes, déclarant que les récentes informations sur cette affaire émanaient du président de la RDC, Joseph Kabila, lequel tentait "de distraire l'opinion publique de la confusion tragique qui règne actuellement à Kinshasa." Le porte-parole du RCD, Kin-Kiey Mulumba, a déclaré que son mouvement s'est toujours dit prêt à coopérer dans le cadre d'une enquête internationale sur les massacres présumés, a rapporté samedi la radio rebelle de Goma, RTNC. Il n'y a rien de plus facile pour le gouvernement que de ranimer de vieilles allégations à un moment o=F9 il est lui-même mêlé à de multiples affaires de crimes commis plus récemment, comme par exemple, l'exécution sommaire de prisonniers libanais ou le massacre de personnes originaires des Kivu [à l'est de la RDC], a répondu M. Mulumba.

Le porte-parole du RCD a déclaré que M. Kabila a l'intention de supprimer l'espoir de paix suscité par son accession au pouvoir car il est opposé au dialogue intercongolais sur l'avenir politique de la RDC et n'admet pas, au sein de son armée, la présence de membres de la milice [rwandaise] Interahamwe, qui s'est enfuie aux côtés de ses propres soldats après la perte de Pweto [dans la province du Katanga au sud-est] début décembre. La nomination par Kabila du lieutenant général Sylvestre Luetcha [ancien combattant Mayi-Mayi] à la tête des Forces armées congolaises (FAC) est un autre signe du "soutien considérable qu'il apporte aux forces négatives qui veulent tuer les Congolais," a commenté M. Mulumba.

RDC: Nouvelles menaces des volcans Nyamuragira et Nyiragongo

Les volcanologues spécialisés dans les volcans du nord-est de la RDC ont signalé que le volcan Nyamuragira de 3 050 mètres qui est entré en éruption, le 5 février dernier, produit une quantité plus importante de lave, menaçant les terres agricoles se trouvant sur le passage de la lave, a rapporté dimanche l'agence Reuters. Les terres cultivées ont été brûlées par la cendre volcanique, les eaux de source ont été polluées et les animaux souffrent de problèmes respiratoires, tels sont les principaux dégâts causés par l'entrée en éruption du volcan Nyamuragira (proche de la ville congolaise de Goma), d'après des sources de l'ONU. De larges surfaces de terres agricoles se trouvant sur le passage de la lave en fusion ont été évacuées. La lave s'écoule à partir de cinq cônes du volcan près du sommet du volcan Nyamuragira et menace de couper le principal axe routier reliant Rutshuru à Goma, ont déclaré à Reuters des habitants de la région. Dieudonné Wafula, un volcanologue basé dans la région, a informé que la quantité de lave du volcan voisin de Nyiragongo ayant considérablement augmenté, le volcan pouvait entrer en éruption à tout moment, apprenait-on.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a énuméré les principales causes de mortalité ou de blessures résultant spécifiquement de la coulée de lave (non pas de l'explosion de roches ou de magma) : souffrances respiratoires, brûlures de la peau et des poumons, asphyxie [par manque d'oxygène], conjonctivite ou déchirure de la cornée [problèmes chroniques de l'oeil], irritation de l'oil ou de la peau causée par les pluies acides. Parmi les effets plus indirects, l'OMS cite les problèmes d'estomac dus à l'absorption de vivres ou d'eau contaminés, problèmes de santé, dommages causés aux infrastructures des transports et services d'approvisionnement en eau, lisait-on. En attendant les résultats d'une évaluation plus spécifique, les premiers besoins sont les suivants : assistance médicale, déplacements à court terme des populations, éloignement des sous-groupes vulnérables de la population exposés aux cendres, sensibilisation des habitants aux dangers de la cendre volcanique, maintien à long terme de la sécurité alimentaire, dans un environnement o=F9 la lave, les cendres et les pluies acides ont probablement causé d'importants dégâts sur les cultures et le bétail, ajoutait l'OMS.

RDC: JED salue la décision de Kabila sur les centres de détention

L'association congolaise de la défense de la liberté de la presse, Journaliste en danger (JED), a salué, vendredi, l'intention du président de la RDC, Joseph Kabila, de fermer le centre de détention GLM [Groupe Litho Moboti] de la capitale, Kinshasa, ainsi que "tous les centres de détention qui ne dépendent pas du Procureur de la République." La décision de Kabila devait entrer en vigueur jeudi 8 mars, a rapporté vendredi la télévision officielle. JED a déclaré, dans un communiqué, que plusieurs journalistes ont été détenus, dans plusieurs de ces centres, de manière illégale et ont reçu de mauvais traitements. JED espère aussi que la décision de M. Kabila se traduira par des faits. L'ONG a également renouvelé ses appels auprès des autorités congolaises pour qu'elles relâchent Guy Kasongo Kilembwe, rédacteur en chef de l'hebdomadaire satirique 'Pot Pourri', qui serait détenu depuis le 6 mars par l'Agence nationale de renseignements (ANR), laquelle ne dépend pas du procureur de la République.

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