Afghanistan

Afghanistan : la passation de programmes à d'autres acteurs, une transmission préparée en amont

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Depuis 1980, Aide Médicale Internationale est présente en Afghanistan. En 29 ans, ses équipes sont intervenues dans de nombreuses zones dans différentes provinces, selon l'acuité des besoins locaux. Depuis 2003, A.M.I. a renforcé ses actions dans la province de la Kunar mais aussi dans celles du Laghman et de Samangan, où elle s'est engagée, auprès du ministère de la Santé afghan, pour la mise en place du programme gouvernemental de soins de santé primaires (BPHS - Basic Package of Health Services) et secondaires (EPHS - Essential Package of Health Services). Aujourd'hui, les projets menés dans le Laghman et à Samangan entrent dans une phase de stabilité et de consolidation, c'est pourquoi A.M.I. a décidé de transmettre les activités à d'autres acteurs. Elise Audras, administratrice chez A.M.I., a ainsi travaillé à l'organisation du transfert des projets à deux autres ONG. Préparer une passation de qualité implique différentes étapes qu'Elise nous retrace, afin de garantir une continuité des efforts accomplis pour maintenir un accès aux soins.

« La passation à d'autres acteurs, et donc notre retrait, se préparent largement en amont », souligne avant tout Elise. C'est en anticipant ce moment qu'A.M.I. a par exemple mis en place une mobilisation communautaire importante. « L'objectif est d'ancrer les programmes sanitaires au cœur des communautés, celles-ci étant en fin de compte destinatrices des projets et amenées à les soutenir. Impliquer la population est un principe d'intervention spécifique d'A.M.I., qui consiste à agir au-delà des activités menées dans les centres de santé, en vue de pérenniser ce que l'intervention a apporté. » À terme, c'est le gouvernement afghan qui est amené à reprendre les centres de santé. « A.M.I. a toujours contribué à préparer cette étape, note Elise, et l'organisation des structures est conçue dans cette perspective : les guidelines pour les centres de santé (nombre de personnel, types de soins à apporter, etc.), notamment, sont celles du ministère de la Santé. Respecter les standards nationaux n'empêche pas, par ailleurs, de proposer des projets complémentaires à ceux initialement prévus par le ministère, afin d'être force de proposition dans l'amélioration du système sanitaire. »

Femmes attendant à l'entrée d'une structure de soin dans le Laghman

Pour l'heure, c'est à deux ONG que les projets A.M.I. sont transférés. « Ces ONG vont continuer le travail de supervision dans les centres de santé jusqu'ici gérés par A.M.I., explique-t-elle. Il s'agit du Swedish Comity for Afghanistan (SCA) pour le BPHS dans les provinces de Samangan et du Laghman et de Healthnet TPO pour le EPHS dans le Laghman (Hopital de Mehterlam). SCA est une ONG de taille importante et fortement implantée en Afghanistan. Les deux ONG repreneuses des projets gèrent déjà d'autres provinces sanitaires et sont engagées dans le processus gouvernemental de mise en œuvre du BPHS et du EPHS (en Afghanistan, ce sont les ONG qui mettent en œuvre ce programme en partenariat avec le gouvernement). Il était important que celles-ci interviennent comme A.M.I. sur les soins de santé primaires et secondaires, la reprise devant s'effectuer sans dégradation de l'accès aux soins pour la population, y compris la plus vulnérable, ni baisse la qualité des soins. »

Une consultation dans la province du Laghman

Au moment de mettre en œuvre concrètement le retrait d'A.M.I., Elise est intervenue pour préparer et organiser la passation. « J'ai travaillé avec l'équipe de coordination et nous nous sommes accordés sur le contenu des tâches à effectuer. Ensemble, nous avons élaboré une trame de gestion de projet, une sorte de planning afin qu'aucun détail ne soit oublié. Il faut en effet mettre à jour tous les dossiers afin de faciliter la prise en main par les successeurs. À savoir : achever le suivi des contrats avec les bailleurs (il existe de nombreux contrats dits « secondaires », pour des financements moins importants), préparer les inventaires logistiques ou médicaux (recenser notamment les équipements, le mobilier), etc. »

Elise le reconnaît, avec le retrait du Laghman et de Samangan, « c'est la fin de quelque chose ». Mais c'est aussi l'occasion pour les équipes afghanes de constater les progrès accomplis. « À Samangan en particulier, il y avait à notre arrivée en 2003 des résultats médiocres, souligne Elise. Alors qu'aujourd'hui, Samangan est classée deuxième des 34 provinces selon les résultats publiés par l'université John Hopkins, qui conduit annuellement une évaluation sur la mise en œuvre du BPHS au niveau national ! » De bons résultats qui laissent espérer l'entrée de la province dans une phase de stabilisation et de développement. « En attendant, rappelle Elise, la reprise par le ministère de la Santé lui-même, qu'il ne faut jamais perdre de vue. » A.M.I. poursuit par ailleurs ses activités dans la Kunar, zone frontalière avec le Pakistan, où le processus de renforcement des capacités sanitaires nécessite encore un appui important.

Note : Parallèlement à l'intervention pour la mise en oeuvre du BPHS dans les provinces sanitaires, A.M.I. est présente à Kaboul, où un appui au développement des laboratoires et pharmacies de deux hôpitaux de la capitale est apporté. AMI publie également un magazine trimestriel diffusé à travers tout le pays et à destination des personnels médicaux et communautaires.