République Démocratique du Congo: Analyse de protection de janvier à juin 2019

Contexte

Les conflits intercommunautaires, les conflits entre groupes armés et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont rendu la situation sécuritaire précaire et volatile. L’environnement de protection reste profondément affecté par les mêmes conflits récurrents doublés des défis socio-économiques exacerbés par les problèmes structurels que connait le pays étendu sur 26 provinces, aussi grandes qu’un pays chacune.

Les personnes affectées par ces crises complexes restent exposées à des violations continues de droits humains, surtout les violences sexuelles et basées sur le genre. Le nombre de Personnes Déplacées Internes (PDIs) en RDC est estimée à 5.6 millions, dont 1.6 millions déplacés seulement en 2018. Malgré l’accalmie observée dans certaines localités du pays, la situation humanitaire est restée fragile au premier trimestre de 2019.

Les conflits les plus graves au cours du premier semestre de 2019 ont été observés dans l’Est (provinces de l’Ituri et du Nord Kivu), dans le Grand Kasaï et à Yumbi dans la province du Mai-Ndombe. Ces conflits ont entrainé de nombreux déplacements de populations accompagnés de violations de droits et de nombreuses exactions contre les populations civiles.

Tendances générales

  1. Les incidents :

Le nombre d’incidents de protection rapportés a connu une augmentation de 12,11% durant le deuxième trimestre de l’année 2019. En effet, de 423 094 incidents rapportés au premier trimestre, le nombre est passé à 474 369 au deuxième trimestre.

Le nombre des incidents de protection rapportés aux premier, deuxième et troisième trimestre de 2018 a connu une augmentation très marquée au quatrième trimestre de la même année. En effet, le nombre est passé de 14 615 (T1), 17 274 (T2) et 24 766 (T3) à 423 094 (T4) soit une augmentation d’environ 12%.

Le nombre d’incidents de Violences Basées sur le Genre (VBG) rapportés a connu une augmentation durant le quatrième trimestre de l’année 2018. Le nombre de cas est passé de 2 063(T3) à 35 709(T4).

La prévalence des Violences Basées sur le Genre a connu une augmentation au second trimestre de 2019 par rapport au premier trimestre de 2019. La prévalence est passée de 403 019 (T1) à 413 632(T2) soit une augmentation de 2,6%.

  1. Les causes :

Les incidents de protection rapportés pour les trois premiers trimestres de 2018 sont très bas comparés à ceux du quatrième trimestre de la même année. Cela s’explique d’une part par l’augmentation et la diversification des sources des données et, d’autre part, par la mise en place par le Cluster Protection national de sa propre base de données, qui est alimentée par les données collectées de ses membres. Ceci, contrairement aux périodes précédentes où la seule source de données utilisée était le Protection Monitoring System (PMS) du HCR.

L’augmentation de 12,11% du nombre d’incidents de protection rapportés durant le deuxième trimestre de l’année 2019 par rapport au premier trimestre de la même année pourrait s’expliquer par l’augmentation des capacités de monitoring et de la couverture d’une part, et par le renforcement des capacités en gestion de l’information du Cluster d’autre part. A cela il faudrait ajouter la résurgence des conflits dans le Nord-Est, Sud-Est et Centre-Est au second trimestre de 2019. Les conflits dans l’Ituri, le Nord Kivu, le Sud Kivu et le Maniema ont causé de nombreux mouvements de populations et leurs corolaires de violations de droits humains et d’incidents de protection.

  1. Les auteurs :

Les auteurs des incidents de protection rapportés pour la période de janvier à juin 2019 sont principalement : les groupes armés (plus de 35% des cas), les FARDC/Police Nationale Congolaise (plus de 30%), la population civile (plus de 20%), les auteurs inconnus (5%), les autorités civiles (moins de 5%) et les forces armées étrangères (moins de 5%).

Le plus grand nombre d’incidents de VBG rapportés a eu lieu dans les zones de conflit. Les auteurs des incidents de VBG rapportés par catégorie d’auteurs et par ordre de grandeur des cas rapportés sont pour les trois premiers : les populations civiles (66.1%), les groupes armés nationaux (12.3%) et les FARDC (10%).