Conseiller(ère) auprès du Directeur Général de l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire (ANSS) Ministère de la Santé, Conakry, Guinée

Job
from Expertise France
Closing date: 28 Feb 2018

I- EXPERTISE FRANCE EN GUINEE

La Guinée est un pays prioritaire et stratégique pour Expertise France : il s’agit de son 3ème pays d’intervention en Afrique subsaharienne après le Mali et la Côte d’Ivoire.

Grâce notamment au rôle majeur joué par Expertise France dans le contexte Ebola et post-Ebola, l’agence dispose d’un crédit important auprès des autorités nationales et locales, ainsi que des bailleurs. Son portefeuille d’activités (6 projets, volume d’activité de 11 M € et 4 projets multi-pays) reflète la diversité de ses secteurs et modalités d’intervention: elle intervient sur financement de la France et de l’Union européenne, en appui aux systèmes de santé, à la gouvernance économique et financière, à la stabilisation et au renforcement de la sécurité.

Expertise France a joué un rôle majeur dans le contexte Ebola et post-Ebola, en contribuant de manière centrale au dispositif français de riposte à l’épidémie. Projet emblématique de l’action d’Expertise France en Guinée, PREPARE, cofinancé par l’Union européenne et la France (5,8 M€, 2015/2017), a permis le déploiement d’équipes régionales d'alerte et de riposte aux épidémies au niveau des huit directions régionales sanitaires (DRS) du pays. Constituées exclusivement de personnels guinéens, celles-ci sont aujourd’hui l’unique mécanisme national de réponse rapide aux épidémies en Guinée. Elles ont pu démontrer leur efficacité lors de la résurgence de la maladie à virus Ebola, en février 2016, et seront désormais déployées contre l’ensemble des épidémies pouvant affecter la Guinée, telles que le choléra, la méningite et la rougeole. Maillon essentiel du dispositif de surveillance épidémiologique en cours de mise en place dans le pays, le projet PREPARE a contribué à consolider la décentralisation de la politique sanitaire en Guinée. Trois projets portés par Expertise France sur financement de la France ou de l’Union européenne ont concouru à la constitution d’un réseau de laboratoires capables d’assurer le diagnostic et la surveillance d’Ebola et d’autres fièvres hémorragiques virales (projet LABNET 3.1M€, 2015/2018 ; projet de laboratoires mobiles K-Plan, 8M€, 2014/2016 ; projet régional EUWAM-Lab 2.6M€, 2014/2017). L’agence mène actuellement un état des lieux de l’organisation des urgences hospitalières en Guinée sur Conakry, Kankan et Labé (MEAE/MASS, 0.92 M€, 2017/2018). Cette étude fait intervenir de manière perlée les CHU Lyon, Strasbourg et Bordeaux qui interviennent déjà sur le projet TWIN2H. L’agence déploie un expert long terme auprès de l’Instit Pasteur.

Au niveau régional, Expertise France porte un projet régional de consolidation de l’hygiène hospitalière (TWIN2H, MEAE, 3M€), qui concerne la Guinée et le Libéria, ainsi que la première phase du projet multi-pays OPP-ERA (3.9M€), à la tête d’un consortium de partenaires français (ANRS, Solthis et Sidaction). Financé par UNITAID, celui-ci a permis d’améliorer l'accès à la charge virale du VIH à travers des plateformes polyvalentes ouvertes. La seconde phase du projet OPP-ERA a été lancée en novembre 2016 : portée par Solthis (chef de file), elle permet à Expertise France d'accompagner les autorités nationales du Cameroun et de Côte d'Ivoire pour garantir le bon fonctionnement des plateformes ouvertes.

Depuis 2011, sous la tutelle du MEAE, Expertise France assure la mise en oeuvre de l’Initiative 5%, modalité complémentaire de la contribution de la France au Fonds mondial (18 M€/an). L’Initiative 5% vise à accompagner les pays bénéficiaires dans la conception, la mise en oeuvre et le suivi des subventions allouées par le Fonds mondial. En Guinée, l’agence déploie de l’expertise court-terme et long-terme visant notamment à limiter l’impact négatif d’Ebola sur la continuité des soins VIH, tuberculose et paludisme. Via le Canal 2 de l’Initiative 5%, la Guinée est concernée par 3 projets régionaux : un projet sur la tuberculose qui vient renforcer le service diabétologie de l’hôpital Donka, le service pneumo-phtisiologie de l’hôpital Ignace Deen, le labo nationale de référencement des mycobactéries et le PNLT ; un projet porté par l’ACAME au profit des 15 centrales d’achat ; un projet mené par le réseau d’accès aux médicaments essentiels.

II- JUSTIFICATIF DU BESOIN D’EXPERTISE TECHNIQUE INTERNATIONALE

De 2014 à 2016, la Guinée a été frappée par une épidémie meurtrière de Maladie à Virus Ebola. Cette épidémie était de loin plus sérieuse que toutes les précédentes épidémies survenues dans les autres pays. Les principaux facteurs ayant influencé la persistance et la propagation de cette maladie se résument comme suit :

  • Faible capacité du système de santé en général,

  • Faiblesse de la surveillance épidémiologique,

  • Absence d’un mécanisme de gestion efficace des alertes

  • Retard à l’identification et au diagnostic des cas suspects,

  • Méconnaissance dans les communautés des mécanismes de transmission de la maladie,

  • Grande mobilité des populations et survenue dans les zones urbaines et péri-urbaines densément peuplées.

Cette situation a conduit à une riposte nationale, soutenue par près de 64 partenaires dont la Coopération Française. La riposte s’est organisée au fur et à mesure de l’évolution de l’épidémie et a fini par la vaincre.

L’une des leçons principales tirées de cet épisode est la nécessité d’une démarche plus proactive que réactive, qui implique des capacités de surveillance, de détection, d’alerte et de riposte efficaces, opérant en permanence. Ces éléments constituent le socle des dispositions prévues au règlement sanitaire international et c’est la faible capacité nationale des Etats touchés par Ebola à appliquer ces dispositions qui expliquent en partie l’ampleur de l’épidémie.

Conscient de ses faiblesses, le gouvernement guinéen a mis en place, en juillet 2016, dans la continuité de la Cellule Nationale de coordination (CNLE) qui avait été mise en place pour coordonner la riposte à l’épidémie d’Ebola, une Agence nationale de Sécurité sanitaire[1] (ANSS) sous la tutelle du Ministre de la Santé. Cette agence est dotée de l’autonomie financière et de gestion et a pour mission la « mise en œuvre des orientations stratégiques du Ministère de la Santé en matière de Sécurité sanitaire ». A ce titre, l’ANSS est chargée, entre autres, de la mise en place d’un plan d’intervention visant à gérer les urgences sanitaires liées à la survenue de pathogènes à caractère infectieux ou épidémique et du renforcement des capacités du personnel en matière de surveillance épidémiologique et de prise en charge.

Au regard du soutien important de la coopération française dans le cadre de la riposte contre la maladie à virus Ebola en Guinée, tout particulièrement par la mise à disposition de conseillers techniques auprès du coordinateur national de la CNLE et par le co-financement du projet PREPARE (mise en place d’équipes régionales de prévention, d’alerte et de riposte aux épidémies), le nouveau directeur général de l’ANSS souhaiterait s’adjoindre l’expertise d’un conseiller pour l’aider à rendre performante cette nouvelle agence, une des toutes premières du genre en Afrique de l’Ouest.

De manière plus spécifique, les tâches suivantes sont attendues du conseiller :

III- PRINCIPALES TACHES :

L’Expert aura pour principales tâches de soutenir le DG de l’ANSS sur :

1) L’organisation de l’Agence à 3 niveaux :

1er niveau : au sein de l’ANSS

  • Proposer un organigramme avec des missions, fonctions et lignes de rapportage administratif (hiérarchique) et fonctionnel claires pour tout l’encadrement de l’ANSS (directeur général et chef de département) ;

  • Mettre en place/Améliorer les mécanismes de coordination des activités entre les différents départements de l’ANSS ;

  • Mettre en place/Améliorer les documents de procédures et standards de performance de l’ANSS ;

  • Mettre en place/Améliorer le plan de formation, de supervision et d’évaluation des ressources humaines dédiées aux actions de surveillance épidémiologique et de riposte.

2ème niveau : entre l’ANSS et le Ministère de la santé

  • Organiser le système de gestion de crises sanitaires à caractère épidémique, à travers l’appui à la rédaction de procédures opérationnelles et l’appui à l’élaboration des grandes lignes d’une décentralisation de la gestion des crises au niveau régional ; en particulier, mettre en place un mécanisme de gestion des alertes, d’investigation et de riposte ;

  • Dans ce cadre, définir les mécanismes de coordination et les rôles et responsabilités des différentes structures et institutions, y compris la société civile, en cas d’urgence sanitaire déclarée ;

3ème niveau : entre l’ANSS et les acteurs guinéens travaillant sur la sécurité sanitaire

  • Contribuer à l’établissement d’un partenariat entre les unités de protection civile, les sapeurs-pompiers, la Croix Rouge Guinéenne, les services d’urgence hospitalière, les autres ministères (élevage, environnement, etc.), les programmes/services intervenant dans la surveillance et la riposte aux épidémies et l’ANSS ;

  • Aider l’ANSS à améliorer son leadership en matière de coordination des actions de surveillance et de riposte contre les maladies à potentiel épidémique ;

  • Contribuer à l’adaptation des missions des ERARE aux réalités post Ebola et dans le cadre de la gestion des risques d’urgence d’épidémies ;

2) Plaidoyer et mobilisation des ressources (sur budget national et auprès des PTF)

  • Appuyer l’ANSS dans l’élaboration de son plan de plaidoyer ;

  • Aider l’ANSS dans l’identification des ressources financières (nationales et auprès des PTF) ;

  • Aider l’ANSS à porter son projet auprès d’éventuels partenaires techniques et financiers ;

IV- QUALIFICATIONS :

L'expert doit avoir les qualifications et expériences suivantes :

  • Haut niveau universitaire en sciences de la santé

  • Expérience confirmée (dix ans au moins) en gestion des institutions de santé publique au niveau national ou international

  • Expérience dans la mise en place de mécanisme de gestion des crises sanitaires à caractère infectieux et épidémique

  • Grande capacité en plaidoyer institutionnel, coordination des acteurs et de négociation

  • Maîtrise parfaite de la langue française et anglaise

  • La connaissance du contexte guinéen est un atout.

V- DUREE ET CONDITIONS :

La durée initiale du contrat est fixée à 12 mois.

Date de démarrage souhaitée : dès que possible

Conditions de rémunération : Ce poste offre un statut d’Expert Résident au grade de Conseiller de Hautes Autorités (le plus senior dans la grille d’Expertise France, salaire annuel brut à partir de 60 240€). Un package comprenant une prime de fonction et d’expatriation, une indemnité d’installation ainsi que la prise en charge du logement et d’aller-retours vers le pays de résidence est proposé. Possibilité de départ en famille.

VI- RESULTATS ATTENDUS :

Les produits suivants sont attendus de l’expert au terme de la consultation :

  • Un rapport technique

  • Un organigramme avec des missions, fonctions et lignes de rapportage administratif (hiérarchique) et fonctionnel claires pour tout l’encadrement de l’ANSS ;

  • Un Manuel des procédures opérationnelles de gestion des crises au sein de l’ANSS ;

  • Un plan de plaidoyer pour la mobilisation de ressources (nationales et auprès des PTF) ;

[1] Décret Présidentiel D/2016/205/PRG/SGG du 04 juillet 2016 portant création, attributions, organisation et fonctionnement de l’Agence.

How to apply:

Merci d'adresser un CV à jour ainsi que 3 références.

Les candidatures sont à envoyer à Sandra PERROT : sandra.perrot@expertisefrance.fr en copie Fanette BRANDALAC fanette.brandalac@expertisefrance.fr le 28 février 2018 au plus tard.