Un nouveau rapport du FIDA montre que les femmes rurales jouent un rôle essentiel pour tirer de l'adaptation des avantages économiques et sociaux

Report
from International Fund for Agricultural Development
Published on 07 Mar 2014 View Original

Rome, mars 2014 – En prévision de la Journée internationale de la femme, le Fonds international de développement agricole (FIDA) a publié aujourd’hui un rapport mettant en évidence comment les petites agricultrices parviennent à obtenir des bénéfices, tant économiques que sociaux, à condition qu’elles disposent d’outils appropriés pour pouvoir s’adapter au changement climatique.

Le rapport intitulé The Gender Advantage: Women on the front line of climate change (L’avantage de l’égalité des sexes: les femmes en première ligne du changement climatique) montre qu’une adaptation réussie au changement climatique suppose la reconnaissance du rôle des petites agricultrices. Il décrit la vie de millions de femmes qui, dans le monde entier, sont parvenues à mieux subvenir aux besoins de leur famille et de leur communauté grâce à une adaptation au changement climatique faisant place aux femmes.

"Au FIDA, nous croyons aux solutions axées sur l’être humain, qui englobent des solutions au problème du changement climatique", déclare Kanayo F. Nwanze, Président du FIDA. "En termes d’adaptation, nous avons besoin de solutions qui mettent à profit les différents savoirs, priorités et capacités des femmes et des hommes."

Cette année, la Journée internationale de la femme a pour thème "L’égalité des femmes implique le progrès pour toutes et tous", thème qui sera célébré par le FIDA, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) dans le cadre d’un événement organisé le 7 mars au siège de la FAO, à Rome. Cet événement, à l’occasion duquel le Vice-Président du FIDA, Michel Mordasini, prononcera un discours, permettra de débattre du programme de développement pour l’après-2015 et des activités de l’Année internationale de l’agriculture familiale 2014.

Le FIDA reconnaît que les femmes rurales sont les premières à devoir faire face aux effets du changement climatique. L’expérience montre que les femmes, clé de voûte des initiatives d’adaptation, jouent un rôle déterminant pour l'amélioration des conditions de vie de leurs familles et de leurs communautés. Au Nigéria, les femmes sont le pilier du Programme d’appui à l’adaptation au changement climatique et au secteur agroalimentaire, soutenu par le FIDA, qui fournit des crédits et du capital d’amorçage en faveur d’activités génératrices de revenu ciblant plus particulièrement les femmes. Il encourage également les femmes à participer à la prise de décisions.

"Je suis l’une des premières à avoir bénéficié du projet du FIDA", déclare Hajia Nafisa, dirigeante communautaire dans l’État de Jigawa, au Nigéria. "J’ai reçu des chèvres, un appui pour amorcer une activité et des technologies plus perfectionnées. Aujourd’hui, je possède six chèvres, après en avoir vendu sept et en avoir donné une à ma fille. J’ai acheté une motocyclette à mon fils pour lui permettre d’offrir des services de taxi, et ma dernière fille fréquente une école secondaire privée. J’ai aidé mon mari en lui donnant 20 000 naïra pour financer ses affaires et je me suis acheté une bicyclette."

Au Swaziland, les femmes de la région de Vikizijula se sont regroupées pour construire des réservoirs de récupération de l’eau afin d’approvisionner leurs familles en eau potable, s’adaptant ainsi aux effets du changement climatique tout en acquérant de nouvelles compétences rentables.

"Je voudrais créer un jardin potager, ainsi je pourrais cultiver des légumes pour les vendre", déclare Gertrude Gadlela, mère célibataire de sept enfants. "Avec l’argent que je gagnerai, j’achèterai quelques produits de base pour construire un autre réservoir, parce que mon objectif est d’en avoir au moins trois."

En 2012, le FIDA a lancé le Programme d’adaptation de l’agriculture paysanne (ASAP), qui s’inspire de la politique du Fonds concernant l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Selon cette politique, renforcer l’égalité entre les sexes contribue grandement à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à faire reculer la malnutrition infantile et à promouvoir une croissance économique sans exclusive, permettant ainsi aux populations rurales de sortir de la pauvreté. L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes sont le pivot du programme ASAP parce que, comme le montre le rapport, une pleine participation des femmes signifie une résilience accrue de la communauté tout entière.

Les études de cas présentées dans le rapport montrent qu’une adaptation orientée vers les difficultés spécifiques auxquelles sont confrontées les petites agricultrices crée un cycle vertueux qui améliore les possibilités économiques, les revenus et les rendements, et réduit la charge de travail des femmes et de leurs familles.

"L’expérience nous apprend que, si nous ne nous efforçons pas de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, nous ne parviendrons jamais vraiment à garantir la sécurité alimentaire et à éliminer la pauvreté", déclare Nwanze. "Cela est vrai pour ceux qui tentent de résoudre la crise climatique. J’espère que, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, l’action du FIDA sera une source d’inspiration pour d’autres afin que tous les partenariats forgés dans le domaine du développement englobent des partenariats avec les femmes."