Les bons d'achats aux réfugiés pour soutenir l'économie des pays hôtes

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from Agence France-Presse
Published on 16 Oct 2013

10/16/2013 08:46 GMT

ROME, 16 octobre 2013 (AFP) - Longtemps accusé de livrer une concurrence déloyale aux producteurs des pays hôtes, le Programme alimentaire mondial (PAM) délivre désormais des bons d'achats permettant aux réfugiés de s'approvisionner directement sur le marché local.

"Ce système nous permet de venir en aide aux réfugiés tout en soutenant les économies locales. L'objectif, là où c'est possible, est d'arriver à 100 % de notre aide sous forme de bons", a indiqué à l'AFP la directrice générale du PAM, Ertharin Cousin, à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation.

Ce n'est pas partout possible: en Syrie, livrée aux combats, le PAM continue d'apporter des vivres aux populations déplacées. En revanche, il recourt de plus en plus aux bons dans les pays voisins qui accueillent quelque 2 millions de réfugiés.

"La Turquie est un bon exemple" avance Mme Ertharin. "Le gouvernement turc a investi avec les agences des Nations unies pour ouvrir des épiceries et nous, nous dotons chaque famille syrienne réfugiée de 40 livres turques à dépenser" dans ces commerces.

Combinaison avantageuse pour les paysans et commerçants locaux autant que pour les réfugiés qui maîtrisent ainsi leur approvisionnement et peuvent le diversifier, au-delà des traditionnelles rations de riz, lentilles, huile et sucre notamment.

Au Liban, les réfugiés syriens sont dispersés en ville ou dans les campagnes et peuvent ainsi accéder directement au marché local.

Dans ce pays doté d'infrastructures bancaires efficaces, le PAM est déjà en train de passer aux bons d'achats électroniques: le système a été testé depuis septembre dans la ville de Nabatiyé au sud, et 800.000 réfugiés devraient en être dotés d'ici la fin de l'année. Ceux résidant en Jordanie en seront progressivement équipés au début de l'année prochaine, espère le PAM dans un communiqué.

Grâce aux bons d'achat, également utilisés dans le grand camp jordanien de Zaatari, le PAM juge qu'il a injecté 192 millions de dollars dans les économies des cinq pays d'accueil de réfugiés syriens - Jordanie, Liban, Turquie, Irak et Egypte.

Les bons d'achats sont également utilisés en République démocratique du Congo pour aider les 2,6 millions de déplacés et "sont particulièrement appréciés car (ils) peuvent ainsi acheter la nourriture qui leur convient le mieux", indique la porte-parole du PAM à Kinshasa, Fabienne Pompey.

En revanche, l'organisation a préféré faire machine arrière au Mali et reprendre les distributions de nourriture en raison d'une insécurité persistante.

Simultanément, elle conduit des programmes "P4P" (+Purchase for progress+, ou +achat pour le progrès+) en collaboration avec la FAO (organisation des Nations unies pour l'Agriculture et l'alimentation): il s'agit d'organiser les paysans en groupements de producteurs pour les aider à améliorer leur production.

Le PAM a acheté 1,2 milliard de nourriture en 2012, dont 70% dans les pays en développement. Il souhaite que ces "P4P" assure 10% des approvisionnements en 2013.

ach/mle/ros

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