L'Afrique et le Moyen-Orient ont dominé les activités du Conseil de sécurité en 2012

Report
from UN Security Council
Published on 14 Jan 2013 View Original

CS/10881

Aperçu des travaux du
Conseil de sécurité en 2012

Une année marquée aussi par le succès de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste

Le Conseil de sécurité, confronté depuis deux ans à des bouleversements dans le monde arabe, en particulier un bain de sang en Syrie et des mutations difficiles en Libye ou au Yémen, fut saisi en 2012 de nouvelles crises au Mali et à Gaza. Mais, il a également vu les efforts de stabilisation à long terme se concrétiser, comme l’achèvement du mandat de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT) ou la transition politique en Somalie.

Le Conseil de sécurité a poursuivi la mise en œuvre d’un « important programme de travail guidé par les principes et les objectifs inscrits dans la Charte des Nations Unies », conscient, ainsi qu’il le précise dans son rapport à l’Assemblée générale, de la « responsabilité principale qui lui incombe en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales ».

En 2012, le Conseil aura au total tenu 184 réunions publiques, contre 213 en 2011 et 182 en 2010. Les questions africaines auront fait l’objet de 85 d’entre elles. Le Conseil a adopté 53 résolutions, dont 40 concernant l’Afrique, et a publié 29 déclarations présidentielles.

Comme les années précédentes, il s’est efforcé d’aboutir au consensus sur les décisions prises, seuls quatre textes ayant donné lieu à un vote. La Syrie fut néanmoins un sujet majeur de division, avec deux projets de résolution rejetés par un veto de 2 de ses 5 membres permanents, la Chine et la Fédération de Russie.

En se rendant en mission en Haïti en février, en Afrique de l’Ouest (Libéria, Sierra Leone et Côte d’Ivoire) en mai, et au Timor-Leste en novembre, les membres du Conseil ont pu examiner de près la situation sur le terrain.

S’agissant de ce dernier pays, 10 ans après son indépendance, l’année 2012 aura été marquée, pour le Conseil, par la fin et le succès de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT).

Le Conseil a porté une attention particulière à la défense des institutions et de l’état de droit lorsque la paix et la stabilité se trouvaient compromises du fait d’une perturbation de l’ordre constitutionnel, particulièrement en Afrique.

Le continent africain, où se conjuguent problèmes politiques et humanitaires, est en effet, cette année encore, demeuré une source de préoccupation majeure pour le Conseil de sécurité.

Le Sahel a subi les répercussions d’une insurrection armée dans le nord du Mali et d’un coup d’État à Bamako au mois de mars, des défis exacerbés par la circulation des armes et des migrants en provenance de Libye et la présence de groupes terroristes dans cette vaste région. De nombreuses réunions aboutiront, en décembre, à la création de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) en vue de rétablir la souveraineté nationale du pays.

La Somalie a accompli sa transition politique avec l’élection d’un nouveau président en septembre. En revanche, les progrès enregistrés dans le processus de paix au Soudan, qui avait abouti en 2011 à la naissance de la République du Soudan du Sud, ont été suivis d’un regain de tension entre les deux pays sur les questions non résolues. De même, si des avancées ont été observées dans la mise en œuvre des derniers accords concernant le Darfour, celles-ci n’ont pas permis de mettre un terme aux combats et aux déplacements de personnes.

La République démocratique du Congo (RDC) a, quant à elle, connu une recrudescence des activités des insurgés, accompagnée de souffrances massives infligées aux populations civiles, à la suite d’une mutinerie lancée par le Mouvement du 23 mars (M23), composé d’ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) réintégrés dans l’armée congolaise. La Guinée-Bissau, enfin, a été secouée par un coup d’État en avril, après que le Conseil eût été alerté sur le climat politique et les conditions de sécurité difficiles dans lesquels se déroulait le processus de transition politique.

En Syrie, toutes les initiatives diplomatiques sont restées vaines face à l’escalade de la violence entre les forces gouvernementales et l’opposition armée. Si, en avril, le Conseil a déployé des observateurs non armés pour contrôler un cessez-le-feu convenu dans le cadre du plan en six points de l’Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, M. Kofi Annan, les combats n’auront jamais baissé en intensité, causant parmi la population civile des pertes innombrables.

Opposées à des mesures coercitives contre le régime de Damas, la Chine et la Fédération de Russie ont exercé par deux fois leur droit de veto, notamment contre un projet de résolution devant prolonger le mandat de la Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS), dont l’expiration a eu lieu.

La situation en Syrie fut examinée lors des réunions d’information mensuelles sur le Moyen-Orient, consacrées également à la question palestinienne. Sur ce sujet, le statu quo aura été de mise tout au long de ces 12 mois, brisant l’élan d’une solution de deux États. La crise aura culminé en novembre avec une nouvelle offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza, décidée après des tirs incessants de roquettes palestiniennes contre Israël.

Par ailleurs, régulièrement pendant l’année, le Conseil a organisé un certain nombre de débats publics traitant de thèmes tels que la consolidation de la paix; la promotion et le renforcement de l’état de droit; la protection des civils ou le sort des enfants en période de conflit armé; les femmes, la paix et la sécurité.

Les problèmes de prolifération impliquant l’Iran et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ont également été abordés, souvent suite à la publication de rapports troublants sur les activités nucléaires des deux pays.