De Haïti jusqu’au Tchad, le parcours d’un humanitaire

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from World Food Programme
Published on 16 Aug 2013 View Original

Nous avons souvent entendu dire que l’humanitaire est un métier qui s’ouvre à tous les domaines. Lesly Guillaume en est l’exemple parfait. Il y a dix ans, Lesly Guillaume travaillait dans le secteur privé en Haïti, son pays d’origine. Depuis, il a travaillé dans trois agences/missions des Nations Unies, vécu 5 ans en Afrique et a même passé une nuit à la frontière soudanaise à quelques mètres d’un groupe de bandits armés.

1) Quel est pour toi l’aspect le plus difficile de ton travail ?

L’aspect le plus difficile de mon travail est surtout parfois, en raison d’un manque de moyens financiers notre programme n’arrive pas à couvrir tous les zones où les personnes se trouvent dans des conditions très précaires. A ce moment les cris de détresses des populations touchent ma conscience humanitaire.

2) Que faisais-tu avant de rejoindre le PAM ?

D’origine haïtienne, j’ai travaillé dans le secteur privé au pays pendant 5 ans. Ensuite, j’ai décidé de changer et de traverser aux Nations Unies. J’ai rejoint la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) où j’ai passé 3 ans et 3 mois. Après cette expérience, j’ai eu l’opportunité d’aller au Tchad comme Volontaire des Nations Unies dans le cadre du programme VNU pour le compte du HCR de 2008 à 2010.

3) Comment es-tu arrivée au PAM ?

C’était tout de suite après ma mission VNU chez le HCR au Tchad que j’ai rejoint la grande famille humanitaire du PAM en avril 2010. Recruté en tant que chef de sous-bureau, j’étais chargé d’ouvrir le sous bureau du PAM à Bol, à l’ouest du Tchad. Ensuite, en janvier 2011, j’étais transféré à l’est du Tchad à Farchana, le plus grand sous-bureau du PAM au Tchad comme chef adjoint de sous-bureau, où j’ai travaillé jusqu’en décembre 2012. Apres avoir travaillé 5 ans en Afrique plus précisément au Tchad, en janvier 2013 j’ai décidé de regagner ma terre natale. Aujourd’hui, je suis l’officier chargé de programme et chef adjoint de sous bureau du PAM à Port-au-Prince. Je continue à aller sur le terrain pour aider à apporter du changement dans la vie des plus vulnérables.

4) Quel a été le moment le plus émouvant que tu as vécu avec le PAM ?

Comme travailleur humanitaire je rentre chez moi chaque jour avec un sentiment de satisfaction. Nous sauvons des vies tous les jours, quoi de plus émouvant ?

5) Et le plus effrayant ?

Le travail de l’humanitaire est parfois dangereux aussi. En 2011, j’ai dû me rendre dans une région à l’est du Tchad tout près de la frontière soudanaise pour une distribution d’alimentation générale. On a dû passer la nuit à la belle étoile pour commencer tôt la distribution le lendemain et j’avoue que toute la nuit j’avais peur de me faire attaquer par des bandits armés «Djendjaoui » qui sont juste à l’autre côté de la frontière.

6) Qu’est-ce qu’un humanitaire ?

Un humanitaire est celui qui vient au secours à ceux qui sont en difficulté.

7) Tu es donc un(e) humanitaire ?

Le PAM est une agence humanitaire, je travaille pour le PAM, je vais au secours des autres tous les jours, donc a fortiori je suis HUMANITAIRE.