Conférence de presse de la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Mme Valerie Amos, sur sa récente visite en Syrie et au Liban

Dans une conférence de presse qu’elle a donnée aujourd’hui au Siège des Nations Unies à New York, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence, Mme Valerie Amos, a fait part de ses deux principales préoccupations en ce qui concerne la situation humanitaire en Syrie. Mme Amos, qui revient d’une visite de trois jours, du 14 au 16 août, en Syrie et au Liban, a pu constater sur place l’intensification du conflit. Elle s’est entretenue avec des responsables du Gouvernement syrien de la situation humanitaire et des moyens de venir en aide à la population civile.

Dans une déclaration liminaire, elle a dressé un lourd bilan de la situation humanitaire, en soulignant qu’elle s’était empirée depuis sa dernière visite en mars 2012. Ainsi, elle a révélé que le Gouvernement syrien a dénombré 1,2 millions de personnes qui sont actuellement installées dans des édifices publics et beaucoup d’autres vivent chez des amis et des membres de leurs familles. Ces personnes ont besoin d’une aide humanitaire urgente à cause de l’impact du conflit sur la situation économique et sur les stocks de vivres. Les besoins les plus urgents restent les soins de santé, les abris, la nourriture, l’eau et l’assainissement. La Syrie produisant elle-même ses médicaments et son matériel médical, la destruction des usines pourrait conduire à une grave crise sanitaire, a averti Mme Amos.

Par ailleurs, des sérieux problèmes de santé se posent dans les écoles qui servent actuellement d’abris, a fait observer la Coordonnatrice des secours d’urgence. La scolarité de nombreux élèves et étudiants syriens pourrait être interrompue du fait de l’utilisation, comme l’indique le Gouvernement syrien, de 351 écoles et autres établissements scolaires pour accueillir les personnes victimes du conflit. Les établissements scolaires pourront rouvrir leurs portes pour la rentrée de septembre si l’on trouve des solutions pour héberger les personnes déplacées, a-t-elle estimé.

Les Nations Unies et leurs partenaires ont pu atteindre un nombre plus important des personnes dans le besoin au cours de ces derniers mois, a assuré Mme Amos, qui a indiqué que le mois dernier, le Programme alimentaire mondial (PAM), le Croissant-Rouge arabe syrien et des partenaires locaux ont pu donner à manger à plus de 820 000 personnes dans tous les gouvernorats du pays tandis que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) ont distribué des trousses d’hygiène, des couvertures et des fournitures de base à 60 000 personnes durant les deux premières semaines du mois d’août.

Actuellement, les Nations Unies et leurs partenaires font face aux besoins de près de 2,5 millions de personnes. Mme Amos n’a pas manqué de dire que si des ressources additionnelles étaient disponibles, les Nations Unies et leurs partenaires seraient en mesure de venir en aide à davantage de personnes. Elle a salué, à cet égard, l’excellent partenariat qui existe entre les Nations Unies et les organisations humanitaires et, en particulier, le Croissant-Rouge arabe syrien dont les capacités atteignent maintenant les limites.

En dépit de la réticence du Gouvernement syrien sur le travail des ONG qu’il accuse de soutenir les insurgés, la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires a rappelé aux hauts responsables syriens les principes de neutralité, d’impartialité et d’indépendance du travail humanitaire. Les Nations Unies, a-t-elle ajouté, travaillent avec près de 90 organisations humanitaires locales et seulement huit ONG internationales.

Par ailleurs, elle a réitéré qu’elle était très préoccupée par la violation du droit international humanitaire, en insistant sur le respect de la population civile par toutes les parties au conflit en Syrie. Elle a noté que le conflit avait pris un caractère brutal et violent. C’est pourquoi elle a appelé, à nouveau, toutes les parties à respecter les civils et à se conformer au droit international humanitaire. En réponse à une question sur le sort des minorités chrétiennes et alaouite, Mme Amos a indiqué que ses interlocuteurs syriens n’avaient pas parlé de ce sujet au cours de sa brève visite.

S’agissant de son déplacement au Liban, Mme Amos a regretté qu’elle n’ait pas pu rendre visite aux réfugiés de la vallée de la Bekaa à cause de la situation sécuritaire qui y prévalait à ce moment-là. « J’ai cependant pu m’entretenir avec le Ministre libanais des affaires sociales, M. Wael Abou-Faour », a-t-elle dit. « Nous allons continuer de faire quelque chose pour venir en aide aux personnes déplacées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Syrie », a déclaré Mme Amos.

À propos des informations selon lesquelles la Turquie fermerait ses frontières avec la Syrie, si le nombre de réfugiés syriens dépassait les 100 000 personnes, Mme Amos a tenu à préciser qu’au cours de son entretien avec le Ministre turc des affaires étrangères, cela n’avait pas été évoqué. La Turquie, a-t-elle estimé, a la possibilité d’accueillir 100 000 réfugiés. Le problème serait plutôt d’ordre sécuritaire pour la Turquie, a-t-elle fait remarquer. À ce sujet, elle a déclaré que les Nations Unies étaient disposées à apporter leur appui au Gouvernement de la Turquie.

Comme le conflit se déroule à proximité de camps de réfugiés palestiniens, a fait observer Mme Amos, certains de ces réfugiés tentent actuellement de partir vers d’autres pays. Les Nations Unies n’ont pas les capacités de faire face aux besoins des 2,5 millions de personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie qu’elles ont recensées même, a-t-elle également indiqué. Le Gouvernement syrien n’est pas, bien sûr, d’accord avec ce chiffre.

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