Sahel un appel à l’aide humanitaire : Répondre aux besoins des personnes touchées par les crises au Sahel

  • 20,4 MILLIONS DE PERSONNES EN INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE

  • 5,8 MILLIONS D’ENFANTS SOUFFRANT DE MALNUTRITION AIGÜE

  • 2,8 MILLIONS DE PERSONNES DÉPLACÉES

Aperçu de la situation

Une situation préoccupante persiste pour quelque 20 millions de personnes au Sahel. Les conflits récurrents, les conditions climatiques imprévisibles, les épidémies et d’autres chocs continuent d’affaiblir la résilience des ménages d’une région qui souffre toujours d’insécurité alimentaire et de malnutrition chroniques.

On estime que 20,4 millions de personnes resteront en situation d’insécurité alimentaire au début de l’année 2015. Les précipitations dans la région ont été tardives et irrégulières en 2014, affectant les agriculteurs et les éleveurs dans plusieurs pays, en particulier en Gambie, en Mauritanie, au Sénégal et dans certaines zones du Tchad, du Cameroun et du Niger. Au moins 2,6 millions de personnes ont déjà dépassé le seuil de crise, 70 pour cent d’entre elles se trouvant au Niger, au Nigéria, au Mali et au Tchad où l’insécurité et la pauvreté empirent encore l’insécurité alimentaire. En prévision de la saison de soudure, il sera important de fournir, assez tôt, une assistance aux moyens de subsistance des ménages pour réduire le nombre de personnes dépassant le seuil de crise.

Environ 1,2 million d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année dans le Sahel, dont 570 000 cas associés à la malnutrition et aux maladies connexes.
La malnutrition sévère persiste à des taux effroyablement élevés. Environ 5,8 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aigüe globale en 2015 (soit une réduction par rapport aux 6,4 millions en 2014). Parmi eux, 1,4 million devront être traités contre la malnutrition aigüe sévère. Le Niger et le nord du Nigéria recensent près de 65 pour cent des enfants malnutris du Sahel.

Les épidémies continueront à nécessiter une attention particulière en 2015. Outre le choléra, la méningite, la fièvre jaune et la fièvre Lassa, l’éruption récente de la fièvre Ebola continue de constituer une menace sérieuse pour la région du Sahel, et a déjà fait des victimes au Nigéria, au Sénégal et au Mali. La surveillance et les actions de préparation à la réponse devront pérenniser afin de prévenir un fléau de ces menaces épidémiques.

Outre l’insécurité alimentaire, la malnutrition et les épidémies qui menacent les populations de façon chronique, les conflits violents en cours dans la région et a ses confins ont généré un pic de déplacement des populations. La région entame 2015 avec 2,8 millions de personnes déplacées ; soit un million de plus qu’en début d’année 2014.

Avec l’escalade du conflit au nord-est du Nigéria, environ un million de personnes se retrouvent en situation de déplacement interne. Plus de 150 000 réfugiés nigérians ont fui vers les pays voisins, notamment le Niger, le Cameroun et le Tchad. Au Cameroun, l’insécurité a également causé des déplacements internes au sein de la population locale vivant près de la frontière nigériane. Les implications économiques de l’instabilité au Nigéria se répercutent bien au-delà des confins du nord-est du pays, compte-tenu de la taille et de l’importance du Nigéria dans l’équilibre des marchés ouest-africains.

La situation sécuritaire au nord du Mali reste volatile et continue d’avoir un impact dévastateur sur les populations civiles, empêchant le retour des réfugiés, affectant le fonctionnement des marchés et empêchant la restauration complète des services de base. Environ 133 000 réfugiés maliens sont actuellement en Mauritanie, au Niger et au Burkina Faso, et plus de 80 000 Maliens restent déplacés à l’intérieur du pays. Comme au Nigéria, l’insécurité élevée au nord du Mali affecte de façon majeure la capacité des équipes humanitaires à atteindre les personnes qui en ont le plus besoin.

Les conflits en cours aux frontières du Sahel affectent aussi directement la région, puisqu’ils forcent les personnes (souvent accompagnées de leur cheptel) à chercher refuge dans les pays frontaliers. Le conflit actuel en République centrafricaine (RCA) par exemple, continue à déplacer les personnes vers le Tchad et le Cameroun où plus de 330 000 réfugiés, personnes revenant au pays et ressortissants de pays tiers (TCN) et d’autres personnes ont désormais besoin d’aide. La malnutrition, les épidémies et l’insécurité alimentaire continuent de menacer beaucoup de populations dans la bande sahélienne du nord du Cameroun. L’afflux de 240 000 réfugiés originaires de la République centrafricaine et 40 000 en provenance du Nigéria exerce des pressions sur les communautés d’accueil, encore aggravées par l’insécurité croissante résultant d’un voisinage instable.

Le Tchad est également confronté à des taux élevés d’insécurité alimentaire, de malnutrition et de sous-développement exacerbés par l’instabilité qui prévaut le long de ses frontières. Le Tchad est le septième pays du monde avec le plus grand nombre de réfugiés : il totalise environ 460 000 réfugiés en provenance de la RCA, de la Lybie, du Nigéria et du Soudan. En outre, quelque 230 000 Tchadiens sont revenus subitement de la Lybie et de la RCA, souvent dans des conditions désespérées et nécessitent un soutien considérable pour se réinstaller.

Les partenaires humanitaires admettent que la nature chronique de l’insécurité alimentaire, de la malnutrition et de la pauvreté dans le Sahel nécessitent une approche holistique qui mette en rapport les priorités des organisations humanitaires avec le travail des partenaires au développement. Cette préoccupation est au cœur de la stratégie du Sahel. Malheureusement, une hausse alarmante de la violence et de l’insécurité dans et autour de la région devraient obstruer ces efforts en 2015.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

To learn more about OCHA's activities, please visit http://unocha.org/.