L'ONU appelle à aider davantage les populations du bassin du lac Tchad victimes de Boko Haram

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from UN News Service
Published on 25 Sep 2015 View Original

25 septembre 2015 – Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, a appelé vendredi la communauté internationale à aider davantage les populations du bassin du lac Tchad, qui sont durement affectées par une profonde crise humanitaire et les violences commises par le groupe terroriste Boko Haram.

« Nous devons faire davantage pour ces gens et ces communautés, pas seulement parce que c'est notre devoir mais parce que cette région est à un carrefour connectant l'Afrique du Nord, le golfe de Guinée riche en ressources, et l'ensemble de la région du Sahel de l'Atlantique à la mer Rouge », a déclaré M. O'Brien lors d'une réunion de haut-niveau sur cette région organisée par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au siège de l'ONU à New York.

Selon lui, on entend relativement peu parler des horreurs qui sont commises dans le bassin du lac Tchad, alors que d'autres crises humanitaires ailleurs dans le monde accaparent l'attention internationale.

« Et pourtant, cette région est le théâtre d'une crise de déplacement qui évolue rapidement, avec 2,3 millions de personnes qui ont été forcées de quitter leurs maisons depuis mai 2013 », a ajouté le chef de l'humanitaire de l'ONU. Un quart de million de personnes ont fui leur pays pour se réfugier dans les pays voisins. « Beaucoup ont parcouru des centaines de kilomètres du Nigéria au Cameroun, au Tchad et au Niger, dans des conditions épouvantables », a souligné M. O'Brien.

Même si le Nigéria est le pays le plus touché par les violences commises par Boko Haram, les trois autres pays du bassin du lac Tchad, le Niger, le Cameroun et le Tchad, sont aussi affectés.

Cette crise intervient alors que le bassin du lac Tchad est l'une des régions les plus pauvres au monde, frappée à plusieurs reprises par les sécheresses et les inondations.

« Environ 5,5 millions de personnes n'ont pas assez à manger, ou ne peuvent pas se procurer d'aliments nutritifs. Le choléra est une menace régulière, avec 37.000 cas et 760 décès au Cameroun, au Niger et au Nigéria l'année dernière », a dit M. O'Brien, ajoutant que le chaos créé par Boko Haram aggravait une situation très difficile.

« La pauvreté persistante et l'impact disproportionné de cette crise sur les jeunes devraient en faire une priorité pour la communauté internationale. Si nous ignorons l'ampleur des besoins humanitaires, nous pourrions tous en payer un prix élevé », a-t-il conclu.