Revue à mi-parcours Appel global Niger 2012

Dans la première moitié de 2012, le contexte sociopolitique, économique et sécuritaire u Niger ne s’est pas écarté de façon significative de l’analyse faite en fin 2011 et présentée dans l’Appel Global 2012 mis à jour en avril 2012. Celui-ci évoquait la reprise du partenariat bilatéral et multilatéral consécutive au changement favorable du contexte politique en dépit d’un environnement sécuritaire délétère dans la région du Sahel, la mise en place de programme de développement dont l’initiative «Les Nigériens nourrissent les Nigériens».

Les mauvais résultats de la campagne ont été confirmés par l'enquête de vulnérabilité publiée en janvier. Le déficit céréalier se chiffre à 692 000 tonnes touchant particulièrement les régions de Tillabéri, Tahoua, Diffa, Zinder et la périphérie de Niamey. Sur le plan pastoral, le bilan fourrager global est déficitaire de 10 200 000 tonnes de matières sèches.

La réévaluation annuelle de la situation alimentaire, nutritionnelle et pastorale tenue à Maradi au début du mois de juin relève que malgré une amélioration de la sécurité alimentaire dans certaines zones, le Niger demeure en grande partie en insécurité alimentaire. La synthèse des résultats fait ressortir un total de 225 zones vulnérables contre 228 identifiées en octobre 2011. Ces zones sont réparties dans toutes les régions. La population totale de ces zones est estimée à 5 527 682 habitants répartis dans 7 529 villages contre 6 006 711 habitants en octobre 2011, répartis dans 6 981 villages/tribus, soit une baisse de 8% de la population touchée, malgré une hausse relative de 8% de villages.

Il faut noter que toutes les populations de ces zones vulnérables ne sont pas toutes dans une situation d’insécurité alimentaire. En effet, sur la base des projections établies avec les résultats de l’enquête sur la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire la population en insécurité alimentaire sévère est estimée à 1 087 637 habitants soit 155 377 ménages, contre 838 476 habitants (118 354 ménages) identifiés en novembre 2011, soit une hausse de 31%.

Le conflit en Libye a causé le retour au Niger de plus de 263 000 personnes dont 6 247 étrangers. L’Algérie a reconduit 1 090 personnes au Niger, et le Nigéria a contraint plus de 10 000 Nigériens à revenir dans leur pays. Le flux en provenance du Nigéria est continu.

Le nombre de réfugiés et de retournés en provenance du Mali est estimé à 56 378 personnes soit 12 012 ménages. Le rapatriement des réfugiés maliens vers leur pays d’origine n’est pas d’actualité, vu les conditions sécuritaires dans le pays, et le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) fait une projection de 60 000 d’ici la fin de l’année. En vue de l'afflux continu et en consultation avec ses partenaires gouvernementaux et des organisations non gouvernementales, ainsi que d'autres agences des Nations Unies, le HCR a renforcé ses activités au Niger.

Une augmentation de niveau de prévalence de la malnutrition aiguë sévère (MAS) et modérée (MAM) est perceptible respectivement à partir de la dixième et de la onzième semaine de l’année 2012 comparativement à 2011. Parmi les dix districts sanitaires qui présentent une situation nutritionnelle critique, quatre sont de la région de Tahoua, quatre de la région de Zinder et deux de la région de Maradi. De la première à la vingt-deuxième semaine de l’année 2012, 183 725 cas de MAM et 122 579 de MAS ont été pris en charge. La situation nutritionnelle est caractérisée par la lutte préventive contre la dénutrition qui a permis de toucher 529 278 enfants de 6 à 23 mois qui ont bénéficié des suppléments nutritionnels à travers les opérations de «blanket feeding» dans tout le pays.

Pour toutes les populations, qu’elles soient dans les zones affectées par la crise alimentaire ou par des crises chroniques, la scolarisation des enfants reste une préoccupation majeure et un taux élevé de déperdition scolaire a été notée.

Une épidémie de choléra affecte depuis plusieurs mois la région de Tillabéri et a déclenché des actions de riposte, pas suffisamment rapide. Elle continue à s’étendre en aval du fleuve Niger à des localités proches de la capitale. La lutte et les mesures de surveillance doivent s’intensifier pour un contrôle rapide de l’épidémie.

La situation relative au criquet pèlerin reste potentiellement dangereuse. Les ailés, arrivés en juin de l’Algérie et de la Libye sont dispersés dans tout le nord du Niger, où ils ont effectué leur maturation et sont prêts à pondre. Certaines infestations ont été signalées plus au sud dans les zones cultivées du centre et du sud du Niger, entre Tanout et Zinder.

Les acteurs humanitaires soutiennent les populations dans le besoin sous les auspices des autorités nationales. Le système de coordination sectorielle à travers les clusters y a joué un important rôle. Les activités réalisées et les résultats obtenus sont présentés dans les chapitres spécifiques consacrés aux clusters, à l’assistance spécifique aux réfugiés, et à la coordination de l’assistance humanitaire.

Tous les résultats espérés n’ont pas été atteints. Des contraintes majeures telles que l’insuffisance de ressources et l’insécurité ont entravé la mise en oeuvre de l’assistance humanitaire et par conséquent l’atteinte de certains objectifs. Cet appel présente les résultats atteints à mi-parcours et ce qui reste à faire pour la deuxième partie de l’année.

Conformément aux objectifs de l’Appel Global et du plan de soutien du Gouvernement, un système de suivi et d’évaluation a été mis en place en 2012, pour un meilleur suivi et évaluation de l’ensemble des projets humanitaires développés par la communauté humanitaire, en concertation avec les autorités.

En date du 30 juin, le budget de l’Appel Global 2012 ($490 millions) est financé à 43%.

Durant la deuxième partie de l’année, il sera nécessaire de suivre de près l’évolution du contexte politique au Mali avec ses conséquences sur le Niger, la situation de l’hivernage qui pourrait être le catalyseur de crises humanitaires, en sachant globalement que la crise humanitaire continue pour une partie importante de la population. Des efforts sont faits pour mettre en place les conditions d’une transition vers le relèvement et le développement, avec des stratégies de résilience.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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