Niger : Appel global Revue à mi-parcours 2013

1.Resume

L’environnement social, économique et politique du Niger est resté stable au cours des six premiers mois de l’année 2013. Par contre, les conditions sécuritaires se sont graduellement dégradées avec deux attentats terroristes perpétrés durant le mois de mai contre une garnison militaire et des intérêts français dans le nord du pays (Agadez et Arlit), ainsi que l’évasion, en juin 2013, d’une vingtaine de détenus de la prison civile de Niamey, dont un présumé terroriste très dangereux.

Environ 2.9 millions d’hommes, femmes et enfants continuent de vivre dans les zones jugées vulnérables à l’insécurité alimentaire et ce, malgré les excédents céréaliers de la campagne agricole 2012.
La réévaluation de la sécurité alimentaire dans ces zones en juin 2013 révèle une augmentation de 10% de la population vivant dans ces zones en comparaison avec les 2.5 millions de personnes identifiées en novembre 2012. Les résultats de cette réévaluation ont aidé à mettre à jour les plans de réponse des organisations humanitaires et du Gouvernement nigérien.

Plus de 50 000 personnes dont 3 247 nigériens (soit 10 012 ménages), fuyant le conflit au Nord-Mali, vivent au Niger. De plus, l’intensification de la lutte armée contre l’intégrisme dans les trois Etats fédérés du nord du Nigéria (Borno, Yobé, Jigawa) a poussé plus de 6 000 personnes (d’origine nigérienne, nigériane et autres nationalités africaines) à se réfugier dans la région de Diffa à l’extrême est du Niger, près du lac Tchad. Ces afflux devraient se poursuivre dans la région de Diffa et pourraient s’étendre à celles de Zinder et Maradi situées à l’ouest de Diffa.

Une augmentation des niveaux de prévalence de la malnutrition aiguë sévère (MAS) et modérée (MAM) était déjà enregistrée respectivement à partir de la dixième et de la onzième semaine de l’année 2013, soit plus tôt qu’en 2012. Parmi les dix districts sanitaires qui présentent une situation nutritionnelle critique, quatre se trouvent dans de la région de Tahoua, trois dans la région de Zinder et trois dans la région de Maradi.

Sur le plan sanitaire, une épidémie de choléra affecte depuis le mois de mai la région de Tillabéry et s’étend le long du fleuve Niger à des localités proches de la capitale, Niamey. Au 16 juin 2013, 322 cas avaient été confirmés, dont 10 décès, avec un taux de létalité de 3.1%.

Les acteurs humanitaires, sous l’orientation du Coordonnateur Humanitaire (CH), continuent de soutenir les populations dans le besoin en appui aux efforts du Gouvernement et veillent à ce que ces personnes dans le besoin soient en mesure d’accéder à une aide adéquate. Le système de coordination sectorielle, à travers les clusters, joue un important rôle. Les activités réalisées et les résultats obtenus sont présentés dans les chapitres spécifiques consacrés aux clusters et les détails sont repris en annexe.

Tous les résultats espérés à mi-parcours n’ont pas été atteints. Des contraintes majeures — telles que l’insuffisance et/ou la mise à disposition tardive des ressources dans certains secteurs et l’insécurité avec la réduction de l’espace humanitaire dans certaines zones — ont entravé la mise en œuvre sereine de la réponse et de l’assistance humanitaire et par conséquent sont à l’origine de la faible réalisation de certains objectifs.

Cet appel révisé présente les résultats atteints à mi-parcours et ce qui reste à faire pour la deuxième partie de l’année. En date du 28 juin 2013, le budget de l’Appel Global 2013, qui s’élève à US$354 414 4931, était financé à 37.7%, soit $133 523 314. Il est possible que le montant total de ces financements n’ait pas encore été déclaré au Financial Tracking Service (Service de Suivi Financier) et ainsi que le niveau de financement actuel dans certains secteurs soit sous-évalué. Une notification périodique sera faite par le biais des Bulletins Humanitaires (et le Financial Tracking Service sur ligne est actualisé quotidiennement). Le montant révisé de l’Appel Global 2013 pour le Niger s’élève à $355 277 959, soit une augmentation de 0.2%.

Durant la deuxième partie de l’année, il sera nécessaire de suivre de près l’évolution du contexte politique au Mali, la situation sécuritaire dans les Etats du nord du Nigéria ainsi que ses conséquences sur le Niger, la situation de l’hivernage qui pourrait être le catalyseur de crises alimentaires et nutritionnelles, les effets potentiels des catastrophes naturelles telles que les inondations qui ont habituellement lieu entre juillet, août et septembre.

La population la plus vulnérable est constituée de femmes, personnes vivant avec un handicap, personnes ayant des maladies chroniques, et jeunes chefs de famille. Une attention particulière devra leur être accordée pour être certain que leurs besoins spécifiques sont pris en compte.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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