Les bandes pare-feu pour lutter contre les feux de brousse au Niger

Report
from Belgian Technical Cooperation
Published on 28 Aug 2014 View Original

Au Niger, pays sahélo-saharien caractérisé par une longue saison sèche (novembre à mai), les feux de brousse sont une préoccupation au quotidien. En effet, ces feux incontrôlés, en l'absence de méthode de lutte préventive, peuvent en quelques heures détruire des centaines d'hectares de pâturages, menaçant directement la survie déjà précaire des éleveurs ainsi que celle de leur cheptel. De plus, la destruction du couvert végétal qui en découle, appauvrit la biodiversité. Plusieurs facteurs sont à l'origine de ces feux, notamment le déboisement par le feu afin d'obtenir des terres de cultures.

Afin de prévenir ces feux de brousse et de protéger les réserves fourragères, le Programme d'appui à l'aménagement pastoral et à la sécurisation des systèmes pastoraux (PAAPSSP) de la Coopération belge a entamé des activités visant à créer des bandes pare-feu, soit des « couloirs vides » créés entre des espaces pastoraux.

La CTB a choisi deux zones stratégiques pour réaliser cette activité. Primo, un espace pastoral situé entre Maradi et Tahoua et surnommé le « triangle de feu » en raison de la fréquence et l'intensité de ces feux de brousse, et secundo, la zone de refuge des animaux, dans la région de Dosso.

Pour réaliser ces bandes pare-feu, on trace une bande sur vingt mètres de largeur et on laboure cette dernière sur une distance déterminée et variable en fonction des besoins des villages. La paille est récoltée, mise en botte et stockée ; elle sera revendue à un bon prix aux éleveurs en période de soudure (avril-juin, période où le pâturage se fait très rare). Le Programme a opté pour la mobilisation des populations locales, fortement vulnérables, à travers des activités de « Cash for Work ».

Cash for Work

Le Cash for Work est principalement utilisé par les agences humanitaires pour désigner des emplois à court terme destinés à une main-d'œuvre non qualifiée. Un de ses principaux objectifs est de contribuer à la sécurité alimentaire des ménages vulnérables en injectant de l'argent en vue de « relancer » l'économie locale ou d'atténuer les effets d'une crise.

Pour réaliser cette activité, les travailleurs sont identifiés et organisés en équipes. Celles-ci sont payées 50.000 F CFA (+/- 75 €) par kilomètre labouré et déblayé, avec l'encadrement technique du Programme et des services déconcentrés de l'État.

En 2013-2014, l'opération a été réalisée dans la commune rurale de Falwel, dans la région de Dosso. Sur 180 km de bandes pare-feu, 32 tonnes de paille ont été ramassées. L'opération a mobilisé plus de 1.200 personnes, dont 60 % de femmes.

Haoua Harouna, veuve de 35 ans et mère de sept enfants, habite la commune de Falwel. Haoua cultive l'arachide et le voandzou (le « pois de terre », une légumineuse locale) pendant la saison des pluies. Grâce à l'argent gagné en participant à l'aménagement des bandes pare-feu, elle a acheté un bouc ainsi que des tenues et des fournitures scolaires pour ses enfants.

L'argent injecté dans l'économie locale a aussi permis à certaines personnes d'investir dans des petites activités commerciales, telles que la production et la vente de beignets.

En quatre ans, 2.928 km de bandes pare-feu ont été réalisés, 492 tonnes de paille ont été ramassées et 12.403 personnes ont participé à l'activité. En 2010, avant l'intervention du projet, 12.064 ha ont été dévastés par les feux de brousse dans les trois régions de l'intervention. En 2012, seuls 2.692 ha ont été détruits.

Programme d'appui à l'aménagement pastoral et à la sécurisation des systèmes pastoraux - PAAPSSP

  • Secteur : Agriculture
  • Durée : 2010 - 2014
  • Financement : Belgique, Niger
  • Budget : 13.514.282 €
    Lieux : Régions de Dosso, Maradi et Tahoua