La petite irrigation pour lutter contre l’insécurité alimentaire

Report
from Belgian Technical Cooperation
Published on 16 Apr 2013

Au cours de la dernière décennie, le Niger a connu des cycles de sécheresses répétés, une forte avancée du désert et la croissance démographique la plus élevée au monde. Le pays est caractérisé par une forte insécurité alimentaire, qui touche 80 % de la population, et la vulnérabilité des ménages est particulièrement sévère en milieu rural.

Le pays est aride, mais dispose d'un important potentiel d'irrigation : le fleuve Niger traverse une partie du pays, la nappe phréatique des vallées fossiles des dallols et des koris est peu profonde. Afin de lutter contre l'insécurité alimentaire, les communautés locales de la région de Tillabéri (qui entoure la capitale Niamey) se sont tournées vers les cultures irriguées pour une production en dehors de la saison des pluies, comme la tomate, la pomme de terre, l'oignon, le chou...

Toutefois, certaines contraintes d'exploitation restaient à surmonter : le captage et la distribution de l'eau dans les parcelles, le faible accès aux intrants agricoles, la maitrise partielle des techniques de production et les faiblesses organisationnelles des producteurs.

Développement de l'irrigation

Le Projet de lutte contre l'insécurité alimentaire par le Développement de l'Irrigation dans la région de Tillabéri, mis en œuvre par la CTB et le Ministère nigérien de l'Agriculture, est venu en appui à ces groupements maraîchers en ciblant particulièrement les femmes, souvent très vulnérables.

Il a permis l'aménagement, l'équipement et l'extension de 49 petits périmètres couvrant une superficie totale aménagée de 267 ha. À travers l'approvisionnement en semences et en engrais de qualité, grâce aux formations et à un appui technique de proximité, les petits producteurs ont amélioré la gestion de l'eau au niveau de leurs exploitations et pratiqué une méthode technique plus adaptée à leur environnement fragile. Par ailleurs, les capacités organisationnelles de 64 groupements comprenant environ 4.000 membres, dont plus de 80 % de femmes, ont été renforcées. Dans la région de Tillabéri, plus de 4.000 familles ont ainsi pu augmenter significativement leurs revenus : de 150 à 225 euros par récolte et par famille, alors qu'avant l'intervention, les familles produisaient uniquement pour leur propre consommation.

Et maintenant ?

Le projet, arrivé à terme, s'est retiré, mais le fleuve Niger n'a pas cessé de couler et la population continue à pratiquer les cultures de contresaison. Grâce à l'appui reçu, la pratique du maraîchage est devenue plus rentable et plus durable. Les sites appuyés ont montré des dynamiques d'entrepreneuriat et de solidarité en s'inscrivant dans une logique de développement économique. Ces dynamiques doivent maintenant être appuyées par les acteurs locaux afin de valoriser davantage le potentiel des terres agricoles irrigables et d'assurer ainsi la pérennité des exploitations.

Faits et chiffres
Projet de lutte contre l'insécurité alimentaire par le Développement de l'Irrigation dans la région de Tillabéri (PDIT)
Financement : Belgique (4.000.000 EUR), Niger (400.000 EUR) et Union européenne (2.024.521 EUR)
Secteur : Agriculture et Sécurité alimentaire. Ressources en eau à usage agricole.
Bénéficiaires : 64 groupements de producteurs comptant environ 4.000 membres
Durée : 2008 – 2012
Lieu : Région de Tillabéri, Niger.