Evaluation de la situation en termes de protection des personnes déplacées à Diffa - mai 2017

RESUME

L’insécurité persistante au sein et entre les pays frontaliers du bassin du lac Tchad a entraîné d’importants déplacements forcés de populations tant transfrontaliers qu’à l’intérieur du même pays. Au Niger, ces déplacements sont majoritairement concentrés dans la région de Diffa, au sud-est du pays. En date du 10 mai 2017, on y dénombrait 127 300 personnes déplacées internes (PDI), 106 100 réfugiés, ainsi que 14 500 retournés nigériens.1 Ces populations vivent majoritairement dans des sites de déplacés, dont la plupart sont situés le long de la route nationale 1 (RN1), axe Niamey – Tchad traversant la région.

Les attaques menées de part et d’autre de la frontière par Boko Haram continuent de constituer une menace sécuritaire pour ces populations, à laquelle s’ajoutent plusieurs préoccupations en termes de protection liées au déplacement. Plusieurs acteurs humanitaires, en particulier le Groupe de Travail Sectoriel (GTS) Protection à Diffa, agissent dans la région dans le but d’atténuerles risques et prévenir les incidents, de répondre aux besoins des populations rendues vulnérables et notamment en termes de protection. Cependant, aucune évaluation interagence de référence n’existe sur les besoins de protection ni sur l’impact des déplacements sur ces besoins dans la région de Diffa.

REACH, en partenariat avec le GTS Protection Diffa et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). a conduit une évaluation protection dans la région de Diffa dans le but de fournir une vue d’ensemble de la situation en termes de protection des personnes déplacées internes et réfugiées vivant dans la région. Cette évaluation a été conduite entre le 29 mars et le 15 avril 2017 à l’aide d’une méthodologie à deux volets. Le premier était constitué d’entretiens avec 500 informateurs clés (IC) dans 142 sites de déplacés recensés par la Direction Régionale de l’Etat Civil, de la Migration et des Réfugiés (DREC/M-R). Le deuxième se composait de 44 groupes de discussions avec en moyenne 12 participants ciblés en fonction de leurs caractéristiques particulières (âge, genre, statut de déplacé, condition physique, zone géographique habitée) dans le but d’approfondir et de contextualiser certaines thématiques de protection. En raison de la nature qualitative de la méthodologie utilisée, les résultats obtenus ne peuvent être généralisés à l’ensemble de la population déplacée mais les tendances et les dynamiques identifiées peuvent être inférées.

De manière plus spécifique, cette évaluation visait à répondre aux questions de recherche (QR) suivantes, en considérant les personnes déplacées internes et réfugiées de manière distincte (sauf indications contraires, les données sont exprimées en proportion des sites évalués) :