Tombouctou : plus de repas égale plus de filles à l’école

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from World Food Programme
Published on 09 Sep 2013 View Original

Alors que les écoules rouvrent leurs portes dans le nord du Mali, durement touché par le conflit, le PAM offre deux repas par jour aux écoliers de 300 écoles de la région de Tombouctou. Ce programme d’alimentation scolaire d'urgence a permis une augmentation de la fréquentation des écoles, en particulier celle des filles.

par Alexandre Brecher

C’est l’heure du déjeuner à l’école de Koureme, située dans le village de Kabara, dans le district de Tombouctou. Les enfants sont réunis autour de la cuisinière qui prépare une bouillie hautement nutritive. La plupart sont des filles.

Le PAM nourrit plus de 120 000 enfants dans le nord du Mali. Ils reçoivent deux repas par jour, un petit-déjeuner enrichi sous la forme d’un mélange de maïs et de soja, et un déjeuner avec riz, mil, légumes et huile. Les cuisiniers, volontaires, reçoivent quant à eux des rations quotidiennes à emporter à la maison.

En soutenant ces écoles, le PAM encourage les familles à envoyer leurs enfants à l’école, augmentant ainsi leurs chances pour le futur.

Meilleurs résultats scolaires

«Nous aimons bien le déjeuner, mais ce que nous préférons, c’est le petit-déjeuner, nous dit Mariam, une fillette de huit ans. Nous n’avons plus faim au début de la journée, et nous pouvons désormais nous concentrer sur les leçons.»

A l’école de Koureme, le nombre de filles dépasse celui des garçons. On compte 104 filles pour 85 garçons. Dans la très traditionnelle région de Tombouctou, c’est un changement majeur.

«Avant le commencement du programme, les parents étaient réticents à envoyer leurs filles à l’école, explique Idrissa Dembele, instituteur à Koureme depuis dix ans. Ils savent désormais que leurs enfants recevront à l’école la nourriture qu’ils n’ont pas toujours à la maison, et c’est une bonne incitation à l’éducation. Les résultats scolaires se sont, eux aussi, améliorés depuis que les enfants n’ont plus faim au moment d’étudier.»

Soulagement pour les parents

Le village de Kabara est très pauvre. Ses 1200 habitants vivent essentiellement de la pêche, et sont extrêmement vulnérables aux crises alimentaires comme celle de 2011-2012 qui a touché le Mali dans son ensemble. Le conflit qui a suivi et la situation sécuritaire incertaine a conduit à la fermeture des écoles. Aujourd’hui, elles ont rouvert, pour le plus grand bonheur des enfants, des professeurs mais aussi des parents. Pour eux, savoir leurs enfants à l’école est un profond soulagement.

«Les évènements tragiques qui se sont déroulés à Tombouctou ont laissé de nombreuses familles dans une situation économique catastrophique, raconte Aysha Traoré, présidente de l’association des mères d’élèves. Bon nombre de ces familles n’ont pas assez d’argent pour nourrir leurs enfants correctement. En envoyant leurs enfants à l’école, elles savent qu’ils n’auront pas faim en rentrant à la maison.»

Un coup de sifflet annonce la fin du repas. Avant de retourner en classe, Mariam nous raconte son rêve:

«J’aimerais que tous les écoliers du monde puissent se nourrir correctement. S’ils n’ont pas faim, ils peuvent bien étudier, et dans le futur ils pourront aider leurs familles à gagner assez d’argent pour acheter à manger. Et les autres enfants n’auront plus jamais faim… »