Sahel un appel à l’aide humanitaire : Répondre aux besoins des personnes touchées par les crises au Sahel en 2016

Aperçu des besoins

En 2016, on estime que l’insécurité alimentaire affectera 23.5 millions de personnes dans tout le Sahel. Parmi elles, au moins 6 millions de personnes seront confrontées à une insécurité alimentaire sévère et auront besoin d’une assistance vitale d’urgence (Phase 3 et au-delà du Cadre Harmonisé). Malgré de meilleures récoltes cette année, la persistance de niveaux élevés d’insécurité alimentaire est essentiellement due à la croissance rapide des besoins causés par le conflit dans le Bassin du Lac Tchad où plus de 4,45 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire sévère.

Les perspectives de production agropastorale sont globalement satisfaisantes après une saison des pluies 2015 qui a commencé tardivement mais a apporté des pluies suffisantes et bien réparties un peu partout dans la région. Le niveau d’insécurité alimentaire a significativement diminué au Sénégal et en Gambie.
Cependant, les projections positives de récolte ne peuvent compenser que partiellement les niveaux d’insécurité alimentaire chronique, et la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Tchad enregistreront des niveaux d’insécurité alimentaire similaires à ceux de l’année dernière. De même, le nombre de ménages qui dépendent des marchés plutôt que la production continue d’augmenter.

La malnutrition reste élevée avec 7,2 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans et de femmes enceintes et allaitantes ayant besoin d’assistance en 2016. Près d’un enfant sur cinq dans le Sahel meurt avant son cinquième anniversaire et un tiers de ces décès est associé à la malnutrition. On estime à 5,9 millions, le nombre d’enfants âgés de moins de cinq ans qui devrait souffrir de malnutrition aiguë globale en 2016, dont 1,9 million aura besoin d’un traitement pour malnutrition aiguë sévère. Le Mali, le Niger et le Tchad abritent 70 pour cent de tous les enfants malnutris souffrant de malnutrition aiguë sévère dans la région. Plus de 1,3 million de mères enceintes et allaitantes ont besoin d’une assistance nutritionnelle pour pouvoir rester en bonne santé et mieux protéger leurs enfants de la malnutrition sévère et des maladies.
Ces dernières années, l’impact des vulnérabilités chroniques et des crises récurrentes sur les communautés du Sahel a été lourdement aggravé par le poids des conflits et de la violence dans toute la région. Depuis janvier 2014, le nombre de personnes déplacées a triplé.
Plus de 4,5 millions de personnes ont été arrachées à leur foyer et leurs moyens de subsistance, et ont souvent été accueillies dans des communautés déjà très vulnérables elles-mêmes. A elle seule, la crise du Bassin du Lac Tchad est responsable de plus de la moitié des personnes déplacées dans la région. La situation au Mali continue d’être préoccupante avec une insécurité persistante et quelque 200 000 Maliens toujours déplacés. En outre, l’anarchie en Libye, la détérioration de la situation au Darfour et la reprise de la guerre civile en République Centrafricaine ont eu un profond impact sur les pays du Sahel et continuent d’aggraver leurs difficultés chroniques. Le Cameroun et le Tchad accueillent plus de 300 000 réfugiés chacun, dont la plupart sont hébergés dans des zones déjà extrêmement vulnérables.

Les risques d’épidémies continuent de menacer des communautés dans toute la région. Les systèmes de santé sont faibles et des millions d’individus n’ont pas accès à des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement adéquats. Les épidémies de choléra sont notablement moins graves depuis 2014 mais les récentes flambées dans les camps de personnes déplacées au Nigéria sont préoccupantes. De risques sérieux de méningite, de fièvre de Lassa et de fièvre jaune persistent. Bien que la pire épidémie de maladie à virus Ebola jamais connue qui a ravagé l’Afrique de l’Ouest n’ait causé qu’un nombre limité de cas dans les pays du Sahel, le renforcement des systèmes de santé, la surveillance et la prévention restent cruciaux pour endiguer la maladie à virus Ebola et d’autres maladies épidémiques. La grippe aviaire menace également les moyens de subsistance dans la région, en particulier au Burkina Faso et dans certaines parties du Nigéria.

La nature récurrente de l’insécurité alimentaire, de la malnutrition et de la pauvreté dans le Sahel requiert un effort concerté pour assister les plus vulnérables, écarter les situations de faim et de malnutrition sévère et s’assurer que les communautés aient les moyens de récupérer des chocs à venir par elles-mêmes. Parallèlement et aujourd’hui plus que jamais, la communauté humanitaire a la responsabilité de protéger et d’assister les personnes déplacées par des conflits et les communautés qui les accueillent.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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