Nord du Mali : reprise des activités en zone rurale sur fond de recherche des collaborateurs disparus

Report
from International Committee of the Red Cross
Published on 26 Mar 2014 View Original

Le 8 février 2014, le CICR a perdu le contact avec l’un de ses véhicules en déplacement entre Kidal et Gao avec à son bord cinq personnes, toutes de nationalité malienne. Après avoir suspendu ses mouvements dans le nord du Mali au lendemain de cet incident, le CICR a décidé de les reprendre progressivement. Christoph Luedi, chef de la délégation du CICR au Mali, fait le point de la situation.

Avez-vous des nouvelles de l'équipe du CICR portée disparue depuis le 8 février 2014 ?

Permettez-moi tout d'abord d’exprimer toute ma solidarité aux familles qui vivent des moments d’attente difficiles. Une épreuve qu’elles traversent avec beaucoup de dignité et de courage. Je voudrais également rendre hommage à tous les collègues mobilisés et qui mettent tout en œuvre pour retrouver et ramener au plus vite notre équipe saine et sauve.

Cela dit, malgré les efforts déployés à ce jour, nous n’avons toujours pas de nouvelles concrètes concernant notre équipe. À ce stade, si nous ne sommes pas en mesure de déterminer les responsabilités, tout nous porte à croire qu’ils sont retenus quelque part dans le nord du pays.

Il faut garder à l’esprit que des vies humaines sont en jeu. Il est donc important de faire preuve de beaucoup de retenue et d’éviter toute spéculation. Nous ne ménageons aucun effort et tous les moyens dont nous disposons sont mis à contribution pour tenter de les retrouver.

Que fait concrètement le CICR pour les retrouver ?

Nous avons mobilisé tous nos contacts dans la région susceptibles de nous aider dans nos démarches pour trouver au plus vite une issue favorable à cette crise qui dure depuis maintenant plusieurs semaines. Nous avons par ailleurs mis sur pied des cellules de crises, à Gao, Bamako et Genève, pour suivre de près la situation.

Nous travaillons sans relâche et faisons tout notre possible pour essayer de les localiser, notamment en maintenant des contacts réguliers avec toutes les parties en présence dans le nord du Mali. Il est important que nous les retrouvions au plus vite.

Quelles sont les conséquences de cette situation pour les activités humanitaires du CICR au Mali et pour les populations que vous assistez ?

La première conséquence est le ralentissement de nos activités. Au lendemain de cet incident, nous avons suspendu tous nos mouvements dans le nord du Mali. Seules certaines activités qui ne nécessitaient pas de déplacements en dehors des centres urbains ont été maintenues.

Ainsi, le travail de notre équipe médicale à l’hôpital de Gao, la collecte et la distribution des messages Croix-Rouge, en étroite collaboration avec la Croix-Rouge malienne, les visites aux personnes détenues à Gao, Tombouctou, Kidal et Bamako, ou encore les travaux de remise en état du système d’approvisionnement en eau de certaines villes, ont pu se poursuivre.

Cependant, les conséquences de cette suspension commencent à se faire sentir pour les populations rurales, dont certaines dépendent de l’aide extérieure.

Le CICR a décidé de reprendre ses mouvements dans le nord du Mali alors que ses collaborateurs sont toujours retenus. Pourquoi ? Cela n'est-il pas dangereux ?

Bien que nous n'ayons toujours pas de nouvelles de nos collègues, nous avons en effet décidé de reprendre progressivement nos mouvements sur certains axes pour lesquels nous avons pu obtenir de solides garanties de sécurité. La poursuite de nos activités dépendra d’une réévaluation constante des conditions de sécurité.

Si nous restons conscients des risques potentiels de sécurité qui persistent, il est néanmoins important de reprendre certaines de nos activités afin de ne pas accabler davantage des populations qui continuent de subir les effets du conflit.

Nous n’abandonnons pas pour autant les démarches en cours. Au contraire, nous poursuivons les efforts pour retrouver notre équipe. C’est notre priorité absolue.