Mali : Étude de profilage - Personnes déplacées internes, rapatriées et retournées, juin 2017

Résumé

La protection des personnes déplacées internes, des PDIs retournées et des rapatriés ainsi que la recherche des solutions durables pour leur permettre de mener une vie en toute dignité est d’une importance capitale pour le gouvernement du Mali et tous les acteurs humanitaires.

La compréhension des profils des personnes déplacées internes, des PDIs retournées et des rapatriés est un élément capital pour mieux orienter les autorités maliennes ainsi que la communauté humanitaire dans la recherche de solutions aux problèmes auxquels font face ces populations vulnérables.

Une étude de profilage a été conduite du 1er novembre 2016 au 31 janvier 2017 pour dresser un profil de ces populations, et dont le résumé des résultats est présenté ci-dessous.

Démographie

L’enquête a montré que la proportion des femmes était légèrement élevée par rapport à celle des hommes dans la population cible. Dans les ménages enquêtés, les femmes représentaient 50% des PDIs, 51 % des retournés et 52% des rapatriés. Les enfants (moins de 18 ans) constituaient plus de la moitié des membres des ménages, dont 56% des PDIs, 58 % des retournés et 55% des rapatriés.

Intention de retour des personnes déplacées internes

Moins de la moitié des PDIs interrogés, soit 43%, ont indiqué vouloir retourner dans leurs lieux d’origine et seulement 3% ont opté pour une relocalisation dans une autre zone. Ceux qui ont indiqué vouloir rester dans leurs zone de déplacement pour le moment (54%) ont évoqués principalement avoir des meilleures conditions de sécurité, d’alimentation et d’opportunités économiques dans leurs zones de déplacement.

Les PDIs installés dans les régions du sud et du centre du Mali ont été les plus nombreux à vouloir s’intégrer dans leurs milieux de déplacement. Pour faciliter leur intégration locale, des besoins dont celles en abris, en activités génératrices de revenue, et en emploie ont été soulevés.

Les PDIs ayant exprimé l’intention de retourner ont souhaité avoir une assistance en abris et en alimentaire principalement. D’autres besoins dont les biens non alimentaires, l’emploi et la sécurité ont également été indiqués.

Education

Globalement, plus de la moitié des enfants PDIs, retournés et rapatriés âgés de 6 à 15 ans fréquentent l’école. Cependant, certaines régions, dont Kidal et Ménaka, présentent un taux élevé de non fréquentation scolaire. Parmi les raisons évoqués, nous pouvons citer le manque d’intérêt, le manque de moyens financiers, l’éloignement des écoles, l’insécurité, et l’absence d’école et/ou d’enseignants.

Santé

Globalement, les PDIs, retournés et rapatriés se font soignés dans les CSCOM et les CSREF. Cependant, dans certaines régions, surtout celles du nord du Mali, les praticiens traditionnels dont les guérisseurs traditionnels et les marabouts représentent plus du tiers des structures fréquentées pour des soins.

Eau, Hygiène et Assainissement

Dans les régions du sud et du centre du Mali, la plupart de ménages indiquent ne pas avoir beaucoup de difficultés à accéder à l’eau alors que ceux des régions du nord disent se confronter à plusieurs problèmes d’accès à l’eau dont la distance élevée par rapport aux points d’eau, la rareté et/ou l’insuffisance de l’eau.

Beaucoup de PDIs, retournés et rapatriés enquêtés ont indiqué ne pas avoir accès aux latrines dans leur milieu d’habitation et font leur besoins directement dans la nature. Il s’agit de 17% des PDIs, 24% des retournés et 37% de rapatriés.

Abris

Pendant que plus de la moitié des PDIs, retournés et rapatriés vivent dans maisons simples, un nombre important d’entre eux (près du tiers des PDIs, le quart des retournés et 42% des rapatriés) habitent dans des tentes, des cases et d’autres habitats précaires.

Les troches et autres lampes à piles sont les types d’éclairage les plus utilisés par les ménages.

Moyens de subsistance

Pendant qu’en comparant les moyens de subsistance avant et après le déplacement, on observe une tendance des retournés et rapatriés à retrouver leurs moyens de subsistance après le retour dans leurs zones d’origine, cela n’est pas le cas pour les PDIs.

En effet, seuls les PDIs qui pratiquaient le commerce et les travailleurs indépendants arrivent à exercer les mêmes métiers dans leurs milieux de déplacement. Les autres secteurs d’activités ont en général régressé, particulièrement l’agriculture et l’élevage.

Alimentation

L’aliment de base des ménages des PDIs, PDIs retournées et rapatriés est, pour la grande majorité de cas, le riz. Cependant, la majorité des ménages n’en disposent suffisamment en stock.

Protection

Les PDIs, PDIs retournées et rapatriés sont confrontés à plusieurs situations de vulnérabilités dont certains cas de violence basée sur le genre. Des enfants non accompagnés ou vivants seuls, des malades chroniques et des personnes à besoins de protection spécifique ont été identifiés. En général, les femmes et les filles représentent la population la plus touchée par ces vulnérabilités.

Le manque de documentation constitue également un problème pouvant conduire à la difficulté d’accès à certains services. Ainsi, environ 18% des PDIs ne disposent pas de carte d’identité, 16% n’ont pas de carte NINA et 21% n’ont pas d’extrait d’acte de naissance. Parmi les PDIs retournées, ils sont 47% à ne pas avoir de carte d’identité, 19% pour la carte NINA et 20% pour l’extrait d’acte de naissance. Pour les rapatriés, ces chiffrent représentent 54%, 23% et 32% respectivement.

International Organization for Migration:

Copyright © IOM. All rights reserved.