Mali: Aperçu des besoins humanitaires 2017 (novembre 2016)

Besoins Humanitaires et Chiffres Clés

La situation sécuritaire reste encore précaire dans les régions du nord et du centre du Mali où de nombreux actes de banditisme et de terrorisme sont toujours signalés. L’insécurité sur les principaux axes routiers entrave la circulation des personnes et des biens, l’accès des populations aux services sociaux de base, ainsi que l’accès des humanitaires aux populations vulnérables. Jusqu’en juillet 2016 des affrontements ont opposé des groupes armés signataires de l’accord de paix dans la région de Kidal. Aussi, les conflits inter communautaires notamment dans les régions de Mopti et Ménaka, la présence de groupes radicaux et des actes de terrorisme au centre du pays constituent une menace pour la sécurité des populations. Ensemble, ces facteurs ont conduit au courant de 2016, à de nouveaux mouvements forcés de populations et freiné les intentions de retour de certains anciens déplacés. Ainsi, à la date du 31 août 2016, 33 042 (soit 6 992 ménages) personnes sont encore déplacées à l’intérieur du Mali tandis que 134 811 maliens sont réfugiés dans les pays limitrophes. Par ailleurs, 52 028 rapatriés et 474 231 retournés1 ont été enregistrés depuis le début de la crise en 2012.

Selon les résultats du cadre harmonisé, l’insécurité alimentaire et nutritionnelle touche 16% de la population malienne soit près de 3 030 000 de personnes (dont 423 500 en situation d’insécurité alimentaire sévère et 2 605 885 en situation d’insécurité alimentaire modérée). Selon les résultats de l’enquête SMART de 2016, les taux de Malnutrition Aigüe Globale (MAG) et de Malnutrition Aigüe Sévère (MAS) sont de 11,5% et 2,3% contre des seuils d’alerte respectifs de 10 et 2% fixés par l’OMS.

En outre, le Mali est sujet à de fréquents épisodes de catastrophes naturelles avec 60 000 personnes à risque d’inondation sur l’ensemble du territoire. En 2016, plus de 18 000 personnes ont été affectées par les inondations.

Sécurité alimentaire:

L’insécurité alimentaire et nutritionnelle affecte plus de 3 millions de personnes au Mali, dont 18% sont situées dans les régions du nord (Tombouctou, Gao et Kidal). L’accès aux zones agricoles et les mouvements de transhumance du bétail dans ces zones sont encore perturbé par les mouvements des groupes armés. Par ailleurs, même si la campagne agricole est annoncée bonne, la déstructuration de certains marchés agricoles, la défaillance des services agricoles et d’élevage de proximité et la forte perturbation des approvisionnements en intrants agricoles restent des facteurs qui pourraient empêcher les ménages ruraux de profiter de la bonne campagne agricole.

Nutrition:

Exacerbée par l’insécurité alimentaire, l’accès inadéquat aux services de santé et à l’eau l’hygiène et l’assainissement, la malnutrition est un problème majeur de santé publique au Mali. 61 % des enfants de moins de 5 ans et près de la moitié des femmes en âge de procréer souffrent d’anémie. Près de 852 000 personnes ont besoin d’assistance préventive et curative soit respectivement 680 500 enfants et femmes enceintes et femmes allaitantes (FEFA) touchés par la MAG et 171 278 enfants et FEA à risque dans les régions à forte prévalence de malnutrition (Gao, Tombouctou, Ségou,…).

Eau, Hygiène et Assainissement (EHA):

Selon le Cluster EHA, près de 1,2 million de personnes ont besoin d’appui en eau, hygiène et assainissement. La situation est particulièrement préoccupante dans la région de Kidal où la Société Malienne de Gestion de l’Eau Potable n’est pas présente depuis mai 2014 et où la recrudescence des branchements anarchiques nuit à l’approvisionnement en eau des populations1. En 2016, plusieurs localités notamment dans le Gourma (région de Tombouctou) ont connu des tarissements des ressources en eaux anormales, ayant causé des situations d’urgences localisées pour les populations et le bétail habitant dans ces localités.

Protection:

L’instabilité de la situation sécuritaire a un impact important sur la protection des populations. Ainsi, 791 cas de violences basées sur le genre, dont 861 cas de viols, ont été rapportés depuis janvier 2016. En raison de l’indisponibilité des services, 54% des survivants(es) n’ont pas accès aux services de réinsertion socio-économique, 45% des survivants ont besoin d’assistance juridique, 32% des survivants en besoin d’appui psycho social et 17% n’ont pas accès aux services d’hébergement en lieu sûr. La protection de l’.enfance constitue également une préoccupation particulière avec notamment plus de 60% (125/196) 2 des victimes de restes explosifs de guerre qui sont des enfants.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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