La situation humanitaire reste precaire

(Bamako/Dakar, le 18 juin 2013): Le Coordonnateur Humanitaire Régional pour le Sahel, M. Robert Piper, a achevé, aujourd’hui, une mission de deux jours au Mali. A Bamako, il a rencontré le Premier Ministre Diango Cissoko, les Ministres de l’Economie et des Finances, de l’Education, de la Santé, de l’Energie et de l’Eau ainsi que le représentant du Ministre de l’Action Humanitaire, de la Solidarité et des Personnes Agées. Leurs discussions ont porté sur la situation humanitaire et son financement dans le pays. Il a également rencontré la communauté humanitaire, les représentants de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), les donateurs et les medias.

Lors de ses rencontres avec le Gouvernement, M. Piper a souligné ses inquiétudes au regard du faible niveau de financement malgré les besoins humanitaires critiques et croissants. Il a demandé au Gouvernement d’assister les organisations humanitaires à mobiliser des ressources additionnelles pour combler le déficit de financement estimé à 277 millions de dollars. A la date d’aujourd’hui, l’appel humanitaire (CAP) pour le Mali n’a reçu que 133 millions de dollars, soit 32 pour cent des 410 millions recherchés.

“La communauté humanitaire reste très préoccupée par la situation au Mali. Les indicateurs sont alarmants pour l’ensemble du pays et les populations du nord sont les plus vulnérables”, a dit M. Piper. Environ 3,5 millions de personnes au Mali sont touchées par l'insécurité alimentaire avec 1,4 million d'entre elles ayant besoin d'une aide alimentaire immédiate. Quelque 660 000 enfants de moins de cinq ans sont à risque de malnutrition aiguë et le Mali a le troisième taux de mortalité infantile le plus élevé au monde (176 vies/1000 naissances). L'accès à l'éducation a été perturbé pour plus de 800 000 élèves dans le pays en raison de la crise dans le nord.

La précarité des conditions d’eau, d’hygiène et d’assainissement combinée aux risques d’inondation dans certaines parties du Sahel, y compris le Mali, pourraient entraîner une recrudescence des maladies épidémiques. Une épidémie de choléra a touché la région de Gao au nord du pays le mois passé. Malgré ces besoins pressants, des secteurs clés de l’appel de fonds humanitaire restent faiblement financés. Par exemple, la sécurité alimentaire est financée à 39 pour cent, la nutrition à 20 pour cent tandis que l’eau, l’hygiène et l’assainissement n’a reçu que 11 pour cent de financement.

“Le succès de la conférence des donateurs, tenue le 15 mai à Bruxelles, doit se traduire urgemment en nouveaux financements pour l’appel humanitaire avant que la situation ne se détériore davantage ”, a conclu M. Piper.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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