France/Mali : feu vert du Parlement pour le prolongement de l'opération militaire

Report
from Agence France-Presse
Published on 22 Apr 2013

04/22/2013 18:34 GMT

Par Samir TOUNSI

PARIS, 22 avr 2013 (AFP) - L'Assemblée nationale française a autorisé la prolongation de l'opération militaire au Mali, qui doit se traduire par un allègement de sa présence à 1.000 hommes à la fin de l'année contre 4.000 aujourd'hui.

Le Sénat devait se prononcer à son tour dans la soirée. C'est la première fois que le gouvernement demandait l'autorisation du Parlement pour prolonger son opération au Mali. Aucun député ne s'est prononcé contre, seuls les députés communistes et apparentés se sont abstenus.

"La France doit aider le Mali à gagner la paix", a lancé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en demandant formellement aux députés l'autorisation de prolonger l'opération Serval lancée le 11 janvier, comme le prévoit la Constitution au bout de quatre mois d'une intervention militaire extérieure. Le débat a été avancé en raison des vacances parlementaires de printemps.

"A la fin de l'année, un millier de soldats seulement sera présent sur place", a rappelé le Premier ministre, avec un retrait progressif passant par 2.000 soldats français en juillet.

Plus de 500 soldats français ont déjà quitté le Mali depuis le début du désengagement des forces françaises entamé en avril, a-t-on appris lundi auprès de l'état-major des armées, juste avant ce débat parlementaire de pure forme. Cinq militaires sont morts au combat face aux groupes islamistes armés.

"Les troupes africaines prennent le relais progressivement de nos forces" pour contrôler le nord du Mali, a assuré Jean-Marc Ayrault, précisant: "Nous conserverons des forces prépositionnés dans les pays voisins pour intervenir si besoin".

Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait autoriser "dans les tout prochains jours" une résolution permettant la transformation de la force africaine au Mali, la Misma, en mission de stabilisation de l'ONU, qui pourra alors prendre le relais des forces françaises, a souligné M. Ayrault.

L'absence de l'Europe, le précédent du Tchad

"Il est essentiel que l'élection présidentielle au Mali puisse se tenir comme prévu en juillet prochain", a insisté M. Ayrault invitant le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) à rendre les armes.

Apportant son soutien au gouvernement, le patron des députés socialistes, Bruno Le Roux, a demandé "une prise en compte spécifique" des dépenses de l'opération Serval, pour qu'elles pèsent moins dans le budget de la Nation. Serval avait coûté à la France 100 millions d'euros fin février, selon le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

L'opposition de droite UMP a aussi voté en faveur du prolongement de l'opération, rare moment d'unanimité politique en France alors que le débat sur le mariage gay divise la société.

L'orateur UMP Pierre Lellouche, ancien ministre des Affaires européennes, a sévèrement déploré l'absence de l'Union européenne au côté de la France au Mali, demandant que les autres pays européens participent à l'effort financier.

Même soutien et mêmes réserves de l'ancien ministre centriste de la Défense Hervé Morin: "l'Europe a montré une fois de plus son incapacité à avoir un rôle militaire et donc politique".

"Ceux qui voudraient nous faire croire à un retrait massif et rapide de l'armée française nous racontent des histoires. Les forces africaines de la Misma ne sont pas prêtes à prendre le relais, si tant est qu'elles le soient un jour", a-t-il ajouté, rappelant un précédent historique: "Nous sommes arrivés au Tchad en 1984. Nous y sommes toujours".

st/kat/hm/jpc

© 1994-2013 Agence France-Presse

Agence France-Presse:

©AFP: The information provided in this product is for personal use only. None of it may be reproduced in any form whatsoever without the express permission of Agence France-Presse.