Ban encourage les dirigeants africains à mettre fin aux cycles de pauvreté et de violence en misant sur l'« appropriation »

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from UN News Service
Published on 28 Jan 2013 View Original

28 janvier 2013 – Lors du Sommet de l'Union africaine, qui s'est tenu ce weekend à Addis-Abeba, en Éthiopie, le Secrétaire général Ban Ki-moon a appelé les dirigeants du continent à redoubler d'efforts en vue de faire sortir l'Afrique de la pauvreté et des violences récurrentes et d'accélérer son développement.

« L'Afrique a l'expérience nécessaire pour trouver des solutions aux défis qui se posent à elle et contribuer à nos objectifs communs de croissance inclusive, de justice sociale et de protection de l'environnement », a assuré M. Ban lors de son allocution d'ouverture au Sommet.

Il a noté que de nombreux pays africains avaient réalisé des gains considérables vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui fixent des cibles spécifiques à atteindre d'ici à 2015 en matière d'éradication de la pauvreté, d'éducation, d'égalité entre les sexes, de santé maternelle et infantile, de respect de l'environnement, de lutte contre la pandémie de VIH/sida, sans compter la mise en place d'un « partenariat mondial pour le développement ».

« De plus en plus d'enfants africains sont scolarisés, en particulier des filles. De plus en plus de cliniques aident davantage de femmes à survivre à l'accouchement. De plus en plus de femmes siègent dans des gouvernement et occupent des postes décisionnaires », s'est félicité M. Ban, qui a cependant ajouté qu'en dépit de ces avancées, des centaines de millions d'Africains vivaient toujours dans la pauvreté.

Aussi le patron de l'ONU a-t-il exhorté les dirigeants africains à se mobiliser à l'approche de la date-butoir, soulignant que le succès dépendrait avant tout de l'appropriation par les gouvernements et la société civile.

« Notre destination est claire : un avenir où les richesses de l'Afrique profiteront à tous les Africains. Où la mauvaise gouvernance sera reléguée aux livres d'histoire. Où les biens en provenance de l'Afrique se vendront à un prix équitable sur le marché mondial. Où les partenariats mondiaux seront synonymes de prospérité partagée. »

Jeunes et femmes seront déterminants dans l'avènement de la paix et du développement sur le continent, a poursuivi le Secrétaire général, qui a insisté sur l'importance cruciale d'investir dans la santé et l'éducation et de garantir un environnement sûr.

« Nous avons tout particulièrement besoin de nous élever contre le viol et les violences sexuelles. Les gouvernements doivent soutenir les victimes et mettre fin à la culture d'impunité », a-t-il enjoint.

Pour M. Ban, la paix reste le facteur premier du développement et les Nations Unies continueront de s'engager auprès de tous les pays de la région afin d'y répondre à la question des conflits et des violences, a-t-il assuré.

Evoquant la crise au Mali, le Secrétaire général a déclaré que l'Organisation était déterminée à faire tout son possible pour venir en aide aux populations en détresse dans le pays, comme en témoignent les efforts déployés par les agences humanitaires onusiennes sur le terrain. « Les Nations Unies ont également dépêché des spécialistes militaires et politiques. C'est un impératif moral pour l'ensemble de la communauté internationale », a-t-il lancé.

Des combats entre forces gouvernementales et rebelles Touaregs ont éclaté dans le nord du Mali en janvier 2012, à l'issue desquels les islamistes radicaux ont pris le contrôle de la région. La recrudescence des hostilités dans le nord, ainsi que la prolifération de groupes armés dans la région, mais aussi la sècheresse et l'instabilité politique dans le pays après le coup d'état de mars dernier, ont déraciné des centaines de milliers de civils.

Le mois dernier, le Conseil de sécurité avait autorisé le déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA), chargée d'aider les autorités maliennes à reprendre le nord du pays.

M. Ban a appelé les autorités maliennes à adhérer à un processus politique inclusif et à élaborer une feuille de route visant au rétablissement de l'ordre constitutionnel du pays. Il a renouvelé le soutien sans réserves de l'Organisation aux efforts de consolidation de la paix et de réforme du secteur de la sécurité, à la reconstruction et à la coopération régionales après la fin de l'offensive militaire.

Abordant ensuite la situation en République démocratique du Congo (RDC), M. Ban a déclaré que la Mission de stabilisation déployée dans ce pays, la MONUSCO, faisait tout ce qui était en son pouvoir pour protéger les civils. Il a encouragé les dirigeants régionaux à conclure un accord-cadre sur les questions de paix, de sécurité et de coopération en vue de répondre aux causes sous-jacentes à la violence qui sévit dans l'est de ce pays.

Toujours lors de ce Sommet, le Secrétaire général a pris part à une manifestation parallèle sur la Campagne pour l'accélération de la réduction de la mortalité maternelle en Afrique (CARMMA), au cours de laquelle il a annoncé le soutien des Nations Unies à l'élargissement de cette initiative, afin de veiller à ce que les femmes enceintes et allaitantes du continent puissent avoir accès à une nutrition équilibrée et à des soins de santé adaptés.

Le Secrétaire général s'est également entretenu avec des dirigeants africains en marge du Sommet, notamment avec le Premier Ministre du pays, Hailemariam Desalegn, avec qui il a discuté des situations en Somalie, au Soudan et au Soudan du Sud, au Mali et en RDC. M. Ban s'est également entretenu avec le Président de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara. Il a salué à cette occasion les progrès accomplis par le pays, tout en soulignant le besoin de réconciliation et de désarmement afin de garantir une paix durable dans cette nation de l'Afrique de l'Ouest.

Lors d'une entrevue bilatérale avec le Président palestinien, Mahmoud Abbas, M. Ban a réitéré son soutien au peuple palestinien et parlé avec lui de la nécessité de relancer l'élan en faveur du processus de paix israélo-palestinien. Il s'est enfin entretenu avec le Président du Sommet de l'Union, Nkosazana Dlamini-Zuma, des moyens de répondre collectivement aux crises en RDC et au Mali. La situation dans ce pays, et les moyens d'y remédier, a également fait l'objet d'une entrevue avec le Premier Ministre malien par intérim, Dioncounda Traoré.