Affrontements entre agents de police à Bamako, propos rassurants sur l’élection

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from Missionary International Service News Agency
Published on 05 Apr 2013 View Original

L’affrontement armé entre les agents de police affiliés aux deux syndicats rivaux au sein du Groupe mobile de sécurité (GMS) de Bamako a duré plus de deux heures et a suscité peur et mécontentement parmi les habitants du quartier; au cœur du contentieux, des promotions controversées attribuées à certains agents considérés proche du capitaine Amadou Haya Sanogo, encore influent, chef de la junte militaire qui le 22 mars 2012, a destitué le président Amadou Toumani Touré. Selon des sources journalistiques locales, un « climat de calme temporaire » règne désormais sur la capitale après l’incident de la nuit dernière. Les promotions en question ont été annulées il y a quelques mois par le président Dioncounda Traoré, mais le mécontentement au sein de la police se fait encore sentir.

Les débordements se sont vérifiés à Bamako, alors que le ministre des Affaires Étrangères français, Laurent Fabius était sur place. Dans le même temps, un rassemblement a eu lieu au camp militaire de Djicoroni Para, aux portes de Bamako, en signe de réconciliation entre les bérets rouges liés à l’ancien président Touré et les bérets verts, protagonistes du coup d’état de l’année dernière. Depuis lors, les tensions se sont apaisées.

Sur le plan politique, le ministre de l’Aménagement du territoire, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, a déclaré qu’il « n’y avait aucun doute possible sur la date des élections » prévues d’ici le 31 juillet. Durant une réunion sur l’organisation du vote, présidée par le premier ministre Diango Cissoko, le gouvernement malien a annoncé avoir les fonds suffisants à disposition pour « être sereins sur le processus électoral à organiser », tout en précisant que les présidentielles pourraient avoir lieu avant les législatives. L’identification des électeurs, estimés à 6,9 millions, sera réalisée sur la base des dernières données du recensement administratif, alors que les documents électoraux seront imprimés à l’aide de techniques biométriques. Concernant le vote des déplacés internes et des réfugiés, au total 470 000 personnes, l’exécutif est déjà entré en contact avec les administrations du Niger, du Burkina Faso, de l’Algérie et de la Mauritanie.

Alors que l’offensive des militaires maliens, français et africain continue au nord pour rétablir la sécurité dans les chefs-lieux de Gao, Tombouctou et dans le massif des Ifoghas, fief d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le président français François Hollande, en visite au Maroc, a annoncé la participation de Paris à la prochaine mission de maintien de la pays de l’ONU au Mali. Après le retrait de ses troupes, actuellement au nombre de 4000 soldats, qui débutera d’ici la fin du mois, l’ancienne puissance coloniale prévoit prendre part à l’intervention internationale « à condition que les groupes armés maliens et le gouvernement de Bamako s’engagent dans un dialogue national et que le pays retrouve la voie de la démocratie », a déclaré le président français.

[VV/FT]