Mission FAO/PAM d'évaluation de la sécurité alimentaire à Madagascar, octobre 2013

Faits saillants

  • La production du riz à Madagascar est estimée à 3,6 millions de tonnes (riz usiné) en 2013, ce qui constitue environ 21 pour cent de moins du niveau de production de l’année 2012. La production de maïs et de manioc a également diminué par rapport à la saison précédente, de 15 et 14 pour cent respectivement.

  • Un déficit d'environ 240 000 tonnes en riz a été estimé au niveau du pays pour l’année commerciale 2013/14 (avril/mars); l'importation d’environ 48 000 tonnes de maïs serait ainsi nécessaire pour combler ce déficit national.

  • Une répartition irrégulière (spatiale et temporelle) de la pluviosité ainsi qu’un retard de un à deux mois de la saison des pluies ont été observés dans les régions du nord et du centre du pays, zones de production intensive du riz. Par conséquent, des diminutions significatives de la production de riz (jusqu'à 60 pour cent) ont été enregistrées dans les régions du nord-est par rapport à la récolte de 2012.

  • L’accroissement de la production dans certaines grandes régions productrices situées au centre, notamment Vakinankaratra, a permis de contrebalancer une éventuelle baisse plus importante de la production de riz au niveau national.

  • Les dégâts engendrés par le cyclone Haruna en février 2013 ont causé des pertes significatives de récoltes dans le sud-ouest du pays suite aux inondations et à l’ensablement. Par conséquent, des pertes de récoltes qui remontent à 70 pour cent par rapport à la moyenne à Atsimo Andrefana ont été enregistrées.

  • Les dégâts causés par les criquets ont été plus importants dans les régions du sud-ouest. Ces régions contribuent en moyenne par environ 7 pour cent à la production nationale de riz. Cependant, bien que l'impact des dégâts causés par le passage des criquets sur la production nationale de riz ait été relativement limité, un impact significatif sur les moyens de subsistance des populations des zones touchées a été ressenti. En outre, la recrudescence acridienne actuelle aura un impact sérieux sur la récolte de la prochaine saison si elle n’est pas contrôlée à temps car les criquets risquent de migrer vers les régions principales de production rizicole au nord.

  • Les coûts élevés et le faible pouvoir d'achat ont également restreint l'accès aux intrants agricoles, notamment les semences et les engrais, pour la saison 2012/13, contribuant davantage à la baisse de la production céréalière.

  • Quant au secteur de la pêche, le faible remplissage des lacs dû à l’insuffisance des pluies en 2012/13 et l’utilisation abusive des filets non réglementaires ont été les facteurs principaux responsables de la baisse de la production halieutique observée cette année.

  • Les perspectives pour les cultures de la deuxième saison agricole sont insatisfaisantes en raison de l’insuffisance des pluies en 2013 et probablement de l’impact persistant des dégâts causés par les criquets.

  • La faible production de la campagne occasionne déjà une soudure précoce et plus longue aggravée par des problèmes d’accessibilité. En effet, à cette faible disponibilité s’ajoute une hausse plus importante des prix des produits vivriers à partir de juillet. Cela handicap l’accès aux aliments et aggraver la situation alimentaire des ménages vulnérables. La consommation alimentaire des ménages est limitée dans plusieurs régions du pays, avec des pics dans le sud, le sud-ouest et les régions de l'est et dans la plupart des zones agricoles productives comme le plateau central et du nord. Environ 47 pour cent des ménages dans la région de Vatovavy Fitovinany sur le littoral oriental et entre 40 et 45 pour cent des ménages dans l'Androy, l’Anosy et l’Atsimo Atsinanana ont une consommation alimentaire limitée. La région d’Androy presente la plus haute prévalence de ménages ayant une consommation alimentaire pauvre à 25 pour cent.

  • Le régime alimentaire des ménages avec une consommation alimentaire pauvre et limite est principalement basé sur les céréales, avec un manque sévère de protéines végétales et animales. Les sources alimentaires sont également très restreintes: la plupart des ménages achètent sur le marché et dans une moindre mesure satisfont leurs besoins alimentaires par leur propre production.

  • La nourriture est aussi la principale dépense de plus d'un tiers des ménages dans le pays, en particulier pour ceux vivant dans le plateau sud (région d'Amoron'i Mania) et dans le sud (Androy). Pour ces ménages, plusde 75 pour cent de leurs dépenses sont affectées à l’achat de nourriture

  • Les faibles précipitations figurent parmi les chocs principaux pour environ 30 pour cent des ménages car cela a affecté le développement des cultures entre décembre et février.Le cyclone Haruna et l'augmentation des prix ont été également perçus comme des chocs, en particulier entre janvier et mars, quand les prix ont tendance à monter et que plusieurs parties du pays sont affectées par des cyclones.
    En conséquence, les stratégies d’adaptation de la plupart des ménages ont été d’acheter de la nourriture moins coûteuse et de réduire les rations alimentaires. Ces stratégies ont été largement adoptées par les ménages du sud et de l'est du littoral, et dans certaines régions du plateau central et du nord.

  • 3 957 618 personnes rurales souffrent d'insécurité alimentaire. Ce chiffre représente environ 27,5 pour cent des ménages dans 20 régions. Seuls 11,3 pour cent des ménages sont en sécurité alimentaire à Madagascar. L’insécurité alimentaire grave est assez largement répandue dans les régions du sud (Androy, Atsimo Atsinanana et Atsimo Andrefana), dans les régions du plateau du sud (y compris Hirombe) et dans la région de production agricole d’Alaotra Mangoro. De nombreux ménages présentent un risque de souffrir d'insécurité alimentaire dans la plupart des régions du pays.