Madagascar : Grand Sud Sècheresse - Bureau du Coordonnateur résident, Rapport de situation No. 6 (mars et avril 2017)

Report
from UN Resident Coordinator for Madagascar
Published on 30 Apr 2017 View Original

Faits marquants

• Mars marque le pic de la période de soudure alimentaire dans de nombreux pays touchés par la sècheresse induite par El Niño l'an dernier (source: FEWS NET).

• La saison des pluies a continué à apporter des précipitations au Grand Sud, alors que ces pluies entravent encore la fourniture des aides humanitaires et l'accès aux marchés locaux.

• Certaines communautés ont opté pour la migration en tant que stratégie de survie en raison du «Kere», ce qui a touché jusqu'à 35% de la population dans le village de Beloha (figure cumulée).

• Les résultats préliminaires de l’enquête sur la nutrition SMART dans quatre districts montrent un taux de MAG : moins de 10% dans les districts de Tsihombe et Toalagnaro et entre 10 et 15% dans les districts de Beloha et Amboasary, juste au-dessous du seuil d'urgence de 15%. Aucun excès de mortalité infantile n'a été observé.

• À l'exception des districts de Betioky et de Tsihombe, les taux d'insécurité alimentaire sévère ont diminué de manière significative par rapport à la situation en mars 2016 et en août 2016. L'exercice national IPC qui sera mené en juin 2017 informera sur la situation humanitaire effective.

850.000
Personnes ont besoins d’aide humanitaire

5.000
Enfants en malnutrition aiguë sévère

62%
Des $US155 millions requis sont couverts

685.160
Personnes ont reçu une aide alimentaire

25%
De ceux dans les districts les plus affectés ont reçu un accès durable à l’eau potable

15.500
Cas de malnutrition aigue sévère traités en février at mars

215.000
Enfants venant de 1.060 écoles primaires ont reçu des repas chauds en mars

Vue d’ensemble de la situation

Contrairement aux pluies inférieures à la normale reçues par le reste du pays, le Grand Sud a bénéficié de pluies proches voire supérieures à la normale à partir de novembre 2016 jusqu'en avril 2017. Mars/avril est la période de pic de la saison de soudure alimentaire dans le Grand Sud, alors que tous les districts sont classés en phase de stress (IPC 2) en avril/mai par FEWS NET.

Au niveau national, deux principales enquêtes ont été menées afin d'évaluer la sécurité alimentaire et la situation nutritionnelle comme prévu dans le plan de réponse humanitaire. Les résultats préliminaires de l’enquête nutritionnelle SMART soutenue par l'UNICEF dans quatre districts et menée par l’Office National de la Nutrition (ONN) avec UNICEF et ACF-Canada montrent une prévalence de la Malnutrition Aiguë Globale (MAG) allant de 13,9% à Beloha à 8,1% à Taolagnaro ; et les taux de Malnutrition Aiguë Sévère (MAS) entre 2,7% à Beloha à 0,7% à Taolagnaro. Bien qu'aucun des quatre districts couverts par l'enquête ne dispose de taux de MAG au-dessus du seuil d'urgence (15%), deux districts (Tsihombe et Amboassary) ont des taux de MAG supérieurs au seuil d'alerte de 10%. Les résultats montrent également des taux élevés de malnutrition chronique, qui varie de 31% à Beloha à 47,7% à Amboasary. Les taux de mortalité globale se situent dans une fourchette de la non-urgence, à l'exception de la mortalité brute à Tsihombe. Des signes d'amélioration de la situation nutritionnelle commencent à apparaître avec des tendances décroissantes dans les résultats de dépistage de masse et le nombre d'admissions MAS dans les centres de traitement.

Les résultats préliminaires de l'enquête sur la sécurité alimentaire menée en mars 2017 dans 8 districts touchés montrent une amélioration évidente de la situation d'insécurité alimentaire par rapport à la situation en 2016 à la même période (février 2016) et en octobre 2016. Sauf la situation dans le district de Betioky où le taux élevé de l'insécurité alimentaire sévère est chronique pendant la saison de la faim, et Tsihombe où ce taux a persisté à 50%, tous les taux d'insécurité alimentaire sévère sont relativement faibles (entre 3% et 40%). Cependant, les taux d'insécurité alimentaire modérée restent élevés, cette situation nécessite un soutien continu à travers les activités de relèvement précoce. Une analyse IPC de la sécurité alimentaire est prévue en juin 2017, les résultats de cet exercice permettront d'informer sur la situation humanitaire réelle.

Par ailleurs, un suivi régulier de la situation par l'UNICEF, en collaboration avec les services décentralisés du Ministère de l'Éducation Nationale (MEN), montre que depuis janvier 2017, le taux d'absentéisme des élèves d'Anosy et d'Androy a continué d'augmenter, surtout à Anosy (de 19% en février à 21% en mars) et à Androy (de 6% en février à 27% en mars). A Atsimo Andrefana, il y a eu une petite diminution de l'absentéisme, de 14% à 12% pour la même période. Les enfants sont souvent retirés de l'école afin qu'ils puissent travailler dans les champs ou soutenir leurs familles en tant que stratégie d'adaptation négative des familles qui luttent pour retrouver leurs moyens de subsistance. L'absentéisme des enseignants dans les trois régions a diminué de février à mars en raison de l'arrivée des salaires et/ou allocations des enseignants, mais reste élevé: 71% à Anosy et 43% à Androy.

En outre, sous l’effet à long terme des conditions climatiques erratiques, certaines communautés ont opté pour la migration comme stratégie de survie. La communauté d'Andragnarivo (qui n'est pas ciblée par une réponse humanitaire) a déclaré que 10 à 20 personnes partent chaque semaine. Dans la fokontany de Beloha Sud, 35% de personnes ont émigré et dans la fokontany d'Avaradrova, 8 ménages ont quitté en raison du "Kere". Les migrants ont des emplois instables, peu qualifiés et peu rémunérés et sont exposés à différentes formes d'exploitation et leurs enfants ne sont pas à l'école.

Enfin, les principaux défis restent les mêmes: i) accès limité en raison des routes endommagées par les précipitations, qui ont touché tous les secteurs et toutes les interventions; ii) faible capacité de transport, rendant les opérations plus coûteuses; et iii) présence durable du bureau de coordination local, car ses coûts de fonctionnement ne sont toujours pas couverts.