Des prisons sans peste

Report
from International Committee of the Red Cross
Published on 07 Mar 2014 View Original

On pourrait croire la peste éradiquée de la surface de la terre. La maladie sévit pourtant encore dans des pays comme le Congo-Kinshasa ou Madagascar. Ce film de 10 minutes présente les efforts déployés par le CICR et ses partenaires locaux pour que la peste ne se déclare pas dans les prisons malgaches. Si la maladie survenait dans ces lieux, la surpopulation et les mauvaises conditions d’hygiène favoriseraient une progression foudroyante de cette maladie hautement contagieuse.

Version en malgache:"Madagasikara: Fonja tsy misy pesta"

« Une explosion atomique de la peste »

Décrite communément comme la maladie de la pauvreté, la peste est principalement véhiculée par le rat noir, qui la transmet à l’homme par l’intermédiaire de puces infectées. Le retour de l’humidité et des températures chaudes chaque année en octobre marque le début de la saison pesteuse. Les puces se multiplient, le risque de transmission augmente : c’est le moment de désinsectiser et de dératiser.

En appui à la politique de lutte contre la peste mise en place par les autorités malgaches, le Comité international de la Croix-Rouge, les autorités pénitentiaires, le ministère de la Santé publique, l’Ambassade de Suisse et l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM) ont lancé en 2012 une première campagne de dératisation dans la prison d’Antanimora, à Antananarivo, qui abrite 3 000 détenus.

Comme l'explique le Professeur Rogier de l'IPM, "si la peste rentre dans les prisons, ça serait une sorte d'explosion atomique de la peste au sein de la ville et jamais les murs des prisons n'empêcheront finalement la peste de sortir et d'envahir le reste de la ville".

Depuis le début du projet, ce sont huit prisons dans tout le pays qui ont bénéficié de cette campagne de prévention. En 2014, l’administration pénitentiaire malgache continue de recevoir le soutien technique du CICR et de ses partenaires. Les détenus et les autorités des prisons sont associés aux opérations de dératisation et de désinsectisation. L’objectif de la délégation régionale du CICR à Madagascar est de contribuer à la pérennisation de ces efforts et de rendre les autorités pénitentiaires autonomes dans cette lutte.

De 2009 à 2013, 500 cas ont été comptabilisés en moyenne chaque année à Madagascar. En 2012, sur les 256 personnes atteintes par la maladie, 60 sont décédées, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé.