Commission Urgence Grand Sud de Madagascar - Plan de réponse stratégique à la sècheresse prolongée (2016 - 2017)

RESUME EXECUTIF

Le Grand Sud de Madagascar est habité de 1,8 millions d’habitants, c’est une zone aride qui ne reçoit qu’une moyenne annuelle de 500 mm de pluies. Le taux de pauvreté y atteint jusqu’à 90%, c’est le plus élevé du pays ; le taux de malnutrition chronique chez les enfants moins de 5 ans se situe entre 32% à 40%, et le taux moyen d’insécurité alimentaire chronique est également parmi les plus élevés du pays. En février 2016, une situation d’urgence humanitaire s’est de nouveau installée dans le Grand Sud du pays. Cette situation a commencé en 2013 suite aux pertes successives des productions des deux principales saisons culturales, accentuée par des pluies erratiques depuis septembre 2014, qui restent en dessous de 50% de ses valeurs normales.

De plus, l’arrêt du Système d’Alerte Précoce depuis 2011 a retardé non seulement la détection à temps du début d’une situation d’urgence humanitaire mais aussi de préciser son amplitude et son étendue géographique. Il a donc fallu attendre les résultats d’une évaluation rapide multisectorielle en février 2015 pour réellement constater l’existence de l’urgence humanitaire. Initialement, le nombre de personnes les plus affectées et nécessitant une assistance humanitaire immédiate était estimé à 200.000, dont 40.000 enfants moins de 5 ans, ce qui correspondait à un besoin de financement de 8,01 millions de dollars Américains ($EU). Les évaluations approfondies réalisées quelques mois après ont montré le besoin d’assister 579.000 personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère, et un taux de malnutrition aigüe sévère variant entre 2,0% et 3,4% en avril 2015.

Les réponses par rapport aux besoins initiaux de 200.000 personnes avaient démarré avec un montant total de 6,5 millions de $EU, et avait permis d’améliorer la situation de l’insécurité alimentaire entre avril et octobre 2015. Ainsi, le nombre de personnes en insécurité alimentaire sévère avait été réduit à 390.000 et le taux de malnutrition aigüe sévère contenu entre 0,4% à 1,6%.

La crise aurait pris fin à cette période-là, mais la persistance des facteurs aggravants liés essentiellement à l’effet El Nino, ont entrainé une nouvelle dégradation de la situation d’insécurité alimentaire depuis novembre 2015.

Ces principaux facteurs aggravants de cette crise sont :

  • 30 à 85% de chute de production des principales cultures (maïs, manioc, riz) en juin 2015 (dernière grande récolte), comparée aux moyennes des cinq dernières années, alors que cette chute se situe entre 6 et 10% au niveau national ;

  • 50% de déficit continu des pluies depuis mai 2015 par rapport au niveau normal, accentué par le phénomène El Nino jusqu’en février 2016 (tous les districts ont connu des précipitations largement en dessous de la normale ces six dernier mois), ayant eu un impact négatif sur le démarrage de la principale saison culturale en octobre 2015.

Les résultats de l’évaluation de la situation de l’insécurité alimentaire et de la campagne agricole et le dépistage de masse chez les enfants moins de 5 ans faites en février 2016 ont confirmé l’existence d’une nouvelle situation d’urgence humanitaire dans le Grand Sud. Selon les résultats de ces trois évaluations, 665.000 personnes se trouvent dans une situation d’insécurité alimentaire sévère, le plus haut ces sept dernières années, ce qui représente 47% de la population dans le Grand Sud. Ce chiffre dépasse celui de mars 2015 de 14%. Quatre districts sur sept, les plus touchés, ont un taux d’insécurité alimentaire sévère de plus de 50%. Les cultures principales sur champ se sont asséchées, on prévoit une diminution drastique jusqu’à 80% des productions issues des principales cultures plantées en octobre/novembre 2015 ainsi qu’un épuisement généralisé des semences et des matériels végétaux pour la relance agricole. De plus, la situation nutritionnelle actuelle est plus mauvais que celle d’octobre 2015 et on assiste à une augmentation des taux de malnutrition dans presque tous les districts, et, en particulier, une augmentation significative du taux de malnutrition aigüe modérée, ainsi qu’une présence de poches de forte prévalence de malnutrition aigüe globale, se situant au-delà du seuil d’urgence de 10%.

Ce plan de réponse stratégique constitue une synthèse des analyses et consensus partagés par le Gouvernement et les acteurs humanitaires du pays en terme d’approche commune d’intervention humanitaire à réaliser afin de casser le cycle de l’urgence humanitaire prolongée actuelle et de revenir à la situation normale. Ce plan prévoit deux phases d’interventions : une phase d’urgence aigue pendant les trois prochains mois (de mars 2015 à mai/juin 2015), où seul 20% des besoins totaux de 34,5 millions de dollars Etats-Unis sont couverts ; et une phase suivante de post-urgence aigue et de relèvement précoce (de juin 2016 à mars/avril 2017) dont les besoins financiers sont largement non couverts. Le déficit financier en ce jour est de 61 millions de dollars EU pour l’ensemble de ces deux phases de réponse. Ce plan a également pour objectif de mobiliser des ressources additionnelles pour combler ces besoins non couverts.

Enfin ce plan de réponse humanitaire est construit en cohérence avec un autre plan plus général en cours de construction qui se concentre sur les actions de résilience et de développement, afin de promouvoir un développement soutenu et durable dans le Grand Sud.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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