Une vingtaine de familles déplacées sous menaces d’expulsion au camp KID Spécial

Report
from Groupe d'Appui aux Rapatriés & Réfugiés
Published on 11 Mar 2014 View Original

Des familles déplacées du camp KID, à Christ-Roi sont en passe de subir une expulsion forcée, a appris le GARR, le lundi 10 mars 2014. Selon les déplacés/es, un particulier se réclamant partisan du parti politique KID, leur menace de laisser l’espace au plus tard le vendredi 14 du mois en cours, sinon ils/elles seront évincés de force.

L’ultimatum est donné. Les familles ciblées doivent laisser l’espace en toute urgence. Le prétendant représentant du parti dirigé par le politicien Evans Paul a prétexté, selon les résidents/es du site, de créer plus d’accès pour la circulation des véhicules des membres de cette organisation politique qui participent aux réunions hebdomadaires.

« C’est un faux prétexte. Non seulement le moyen utilisé est arbitraire, mais il ne donne aucune alternative aux familles concernées. Or, il n’y a pas d’autre espace sur le site qui puisse recevoir une vingtaine de tentes. », déclare une femme déplacée vivant sur le site avec ses quatre enfants.

Le terrain hébergeant ce site depuis le séisme du 12 janvier 2010 appartiendrait, selon les déplacés/es, au parti politique KID. Conscients/es de la nécessité pour ladite organisation politique de récupérer son espace, ils/elles se disent être prêts à le laisser. Cependant, ils/elles ont besoin d’un appui pour réparer leur maison ou du moins trouver un endroit digne pour s’héberger, car la majorité d’entre eux étaient des locataires, avant la catastrophe.

Le Camp KID est loin d’être un endroit sécuritaire, signalent les victimes du 12 janvier. Sans faire étalage des bagarres répétées dans le site, plusieurs cas de vols ont été enregistrés, ces dernières semaines sans que les victimes ne soient en mesure d’identifier les auteurs. «Comment penser que nous pourrions accepter de vivre dans une telle ambiance selon notre gré ?», se questionne un père de famille qui fait état d’une augmentation, depuis plusieurs semaines, du nombre de résidents/es du site.

Des familles déplacées contactées dans d’autres sites d’hébergement de la zone métropolitaine, disent constater une certaine augmentation du nombre de résidents/es de leurs camps. C’est ce que confirment des déplacés/es du camp Gaston Margron se trouvant à Mariani (sud de Port-au-Prince). « Chaque semaine, nous observons de nouveaux visages sur les sites. Ce qui nous inquiète énormément. », indiquent-ils.

Selon le dernier rapport publié par l’OIM en décembre 2013, il y a toujours dans le pays 271 camps d’hébergement avec un total de 39 000 familles. En ce qui concerne le camp KID, il comptait environ 316 tentes et 1072 personnes dont 536 femmes et 536 hommes.

Soulignons que depuis plusieurs mois, des expulsions forcées sont réalisées dans différents sites d’hébergement du pays dans l’indifférence des instances concernées qui ne font rien pour secourir les familles ou empêcher qu’elles en soient victimes.

Le GARR croit que les autorités haïtiennes ne peuvent pas jeter aux oubliettes le dossier des victimes du 12 janvier. Il appelle le gouvernement haïtien à assumer ses responsabilités face aux mauvaises situations des personnes déplacées qui doivent être relocalisées dans des conditions dignes et respectueuses des droits humains.