Haiti : L'UNICEF aide à protéger les enfants haïtiens vulnérables des centres de soins résidentiels

Report
from UN Children's Fund
Published on 24 Jan 2011 View Original
Les enfants d'Haïti vacillent encore sous l'impact durable du séisme du 12 janvier 2010. Un an après, voici une histoire parmi tant d'autres sur le long parcours qui mène des secours à la reconstruction.

Par Benjamin Steinlechner

PORT-AU- PRINCE, 24 janvier 2011 - Au lendemain du tremblement de terre de janvier 2010 - en fait avant même le séisme - des familles haïtiennes pauvres avaient choisi d'envoyer leurs enfants dans des centres de soins résidentiels dans l'espoir qu'ils y trouveraient de meilleures conditions de vie. Mais comme le montre l'histoire d'Amélie*, cet espoir n'a pas toujours été réalisé.

Amélie, 12 ans, vit dans un de ces nombreux centres de soins établis à Port-au-Prince, la capitale d'Haïti, et dans ses environs. « Mes parents ont accepté que ma tante m'amène ici », se rappelle-t-elle timidement, assise sur un matelas placé sur un lit rouillé. « Ici, ils me donnent à manger et je vais à l'école ».

Des conditions misérables

Le centre o=F9 se trouve Amélie laisse beaucoup à désirer ; des vêtements sales traînent au hasard sur les quelques lits superposés et des mouches bourdonnent dans toute la pièce. Le centre ne possède aucun jouet et avec les excréments qui souillent le carrelage blanc, il semble y avoir peu de différence entre la cuvette des toilettes et le sol de la pièce.

Tous les centres de soins ne sont cependant heureusement pas logés à la même enseigne.

Aldine, 16 ans, vit dans un centre qui n'est pas très éloigné de celui d'Amélie ; le contraste entre les deux établissements pourrait difficilement être plus spectaculaire. Le centre d'Aldine est protégé par une porte en fer qui s'ouvre sur ce qui ressemble à un petit village, plusieurs petites maisons d'une grande propreté sont dispersées à travers un généreux espace vert ; chaque maison, conçue pour un groupe d'âge spécifique, possède son propre responsable pour s'occuper des enfants qui y résident.

Arrivée au centre à l'âge de sept ans, Aldine sait qu'elle a eu comparativement de la chance. « Ma mère et mon père sont morts et ma grand-mère qui s'occupait de moi n'avait pas les moyens de m'envoyer à l'école », raconte-t-elle.

Des enfants à risque

Le tremblement de terre de l'année dernière a mis en relief le fait qu'un nombre considérable d'enfants haïtiens sont extrêmement vulnérables à la négligence et aux mauvais traitements et ont besoin que leurs besoins les plus essentiels soient satisfaits. Pour faire face à cette situation, l'UNICEF et ses partenaires ont engagé une double action : aider les parents à prendre soin de leurs enfants et s'assurer simultanément que les centres de soins résidentiels sont correctement contrôlés et reçoivent l'aide dont ils ont besoin.

L'UNICEF croit que dans tous les cas o=F9 cela est possible, les enfants doivent rester avec leur famille ou bénéficier d'un soutien familial ; les enfants qui ne peuvent pas être élevés par leur famille doivent avoir accès à un autre cadre de soins o=F9 les conditions puissent être adaptées aux besoins individuels des enfants.

« Les enfants d'Haïti font face à de nombreux risques », note Jean Lieby, le responsable de la protection de l'enfance pour l'UNICEF Haïti. « étant donné la situation d'urgence qui prévaut ici, les centres de soins résidentiels sont un moyen essentiel de protéger les enfants ».

Aldine ajoute : « Je suis très heureuse des dix ans que j'ai passés ici, j'ai appris beaucoup de choses. La seule chose qui m'a manqué est l'affection de ma famille - mais ici, on a la sécurité, des soins et l'éducation ».

Le contrôle des centres

L'IBESR, l'organisme chargé de la protection de l'enfance en Haïti, mène régulièrement avec l'aide de l'UNICEF des contrôles-surprises pour évaluer les plus de 600 centres de soins résidentiels du pays. Ces visites aident à s'assurer que ces centres sont correctement gérés. Les évaluations obtenues permettent aussi de protéger les enfants comme Amélie et de savoir o=F9 ils se trouvent.

« Son centre doit être fermé », déclare Yvette Aubergiste, une inspectrice de l'IBESR. « Nous sommes venus ici trois fois et il n'y a toujours aucun changement. Au contraire les choses sont pires chaque fois que nous passons ».

Quand le centre d'Amélie sera fermé, l'UNICEF travaillera avec l'IBESR et la Brigade de protection des mineurs de la police haïtienne pour trouver un lieu d'hébergement provisoire pour l'accueillir, elle et les autres enfants qui y résident - et pour, quand cela est possible, les réunir avec leurs familles.

« La situation à Haïti est alarmante », note Yvette Aubergiste. « Je suis catastrophée quand je vois des situations comme celle-ci. La plupart de ces enfants ont des familles et devraient les retrouver. Leurs familles n'ont tout simplement pas les moyens de les élever ».

* Les noms des enfants mentionnés dans cet article ont été changés afin de protéger leur anonymat.