Haïti : Santé et éducation civique comme outil d'autonomisation des femmes
Etabli au cœur de la SONAPI, le CPFO permet depuis près de 25 ans aux femmes travaillant dans ce complexe industriel d'avoir accès à des soins de santé en matière de reproduction. Les bénéficiaires ont également droit à une formation en éducation civique et légale.
En effet, l'éloignement de leur lieu de travail par rapport aux centres médicaux et les contraintes liées à leurs horaires de travail constituent pour ces ouvrières un frein, notamment en ce qui a trait à la prise en main de leurs problèmes de santé.
Institué à la SONAPI, le CPFO a pour objectif de promouvoir la capacité de prise de décision de ces femmes. Et pour y arriver, il travaille au renforcement de leur autodétermination en tant que femmes, mère et ouvrières. Une façon pour elles de parvenir à un changement dans leurs conditions de vie et de travail.
Aux bénéficiaires, le CPFO offre deux grands programmes : un programme de santé de la reproduction et un programme d'éducation civique et légale. « Au centre nous travaillons à donner aux femmes des outils pour bien se positionner dans la société », affirme la directrice de l'institution, Djenane Ledan.
Et la directrice de l'information au CPFO, Myrlène Joanis, de faire valoir que « des soins en santé féminine et de la reproduction ainsi que des informations sur la sexualité permettent aux femmes d'avoir un meilleur contrôle sur leur vie ».
Elle souligne, en effet, que « nous vivons dans une société où la femme a une tendance naturelle à se considérer comme inférieure à l'homme ». Ainsi, les programmes offerts contribuent-ils à «ouvrir les yeux des femmes », en leur faisant développer un meilleur estime de soi.
Le programme en santé de la reproduction contient toute une série de formations, de consultations et de soins en santé féminine et en planification familiale. Elle inclut également une présentation des IST/VIH Sida.
Un deuxième aspect de ce programme a trait aux soins de santé. Ceux-ci sont fournis sur deux sites du CPFO. Une, située à l'intérieur même de la SONAPI, l'autre, à proximité du parc industriel.
En ce qui a trait au programme d'éducation civique, il a pour vocation de sensibiliser et d'informer les ouvrières sur les droits de la personne, les statuts juridiques de la femme et les droits du travail. Il s'agit en outre d'échanger avec elles sur les problèmes légaux auxquels elles sont confrontées en tant que femme, ouvrières et citoyennes. A cela s'ajoute une formation en alphabétisation.
Les bénéficiaires témoignent du changement que ces différents services leur apportent. Parmi celles-ci, Eunique, mère de deux enfants et travaillant à la SONAPI depuis une dizaine d'années. «C'est ici que je suis une méthode de planning familial, confie l'ouvrière, ajoutant que toutes ces formations m'ont permis de mieux gérer ma vie de femme ».
De son côté, Ivane, après avoir bénéficié de l'encadrement du CPFO, y est devenue une monitrice, ce, depuis maintenant 10 ans. « J'y ai appris mes droits, des éléments importants pour ma santé. D'abord, j'ai commencé à aider mes consoeurs, mes voisins, puis je suis devenue promotrice », raconte Ivane.
Le travail de promotrice contribue en effet à faire bénéficier les services du centre à d'autres membres de la population évoluant dans les environs du centre. Les anciennes ouvrières peuvent également en bénéficier.
Aussi, même après avoir quitté son travail à la SONAPI, Angemie continue de fréquenter le CPFO. « Les conditions d'accueil et les services offerts sont très précieux pour moi et mon mari», dit-elle.
En effet, le CPFO fournit quelques services aux hommes afin de renforcer l'impact de son travail. Aussi, les compagnons d'ouvrières participent-ils à des séances de formation sur la planification familiale. Ils ont en outre la possibilité de se faire tester gratuitement pour le VIH-SIDA et suivre des traitements pour des infections sexuellement transmissibles.
Le CFPO fonctionne avec une équipe d'une trentaine de personnes presqu'exclusivement féminin. Celle-ci comprend des professionnels en santé, en droit civique et légale, en communication, des formatrices, des animatrices, des travailleuses sociales, entre autres.
Les actions de cette institution sont notamment supportées par le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP). Cette dernière, pour l'année 2009, finance les services en santé de la reproduction au CPFO à hauteur de 96.970 dollars américains.
Rédaction : Hugo Merveille
Edition : Uwolowulakana Ikavi












