Haïti Cholera : 580 947 cas, 7442 décès depuis le début de l’épidémie en Haiti, le CCO appelle à la mobilisation des acteurs internationaux et nationaux

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from CCO Haïti
Published on 27 Jul 2012

Le Comité de Coordination des ONGs Internationales en Haïti (CCO HAÏTI) appelle les autorités nationales, la communauté internationale et les bailleurs à prendre d'urgence les mesures nécessaires pour protéger les vies de milliers d'Haïtiens menacées par l'épidémie de choléra qui affecte le pays depuis octobre 2010.

L'épidémie de choléra a déjà affecté plus de 580 000 personnes et causé la mort de plus de 7.4002 autres continue de menacer la vie de milliers d’Haïtiens. Les populations rurales et urbaines qui vivent avec un accès limité à l'eau et l'assainissement et peu ou pas d’accès aux services de santé, de même que les 390,2763 haïtiens déplacés par le séisme qui vivent toujours dans des camps sont particulièrement vulnérables à l’épidémie.

Selon l’Organisation Mondiale de la Sante (OMS) plus de 42 000 nouveaux cas et plus de 400 décès ont été signalés depuis le début de l'année 2012. Au total, l’épidémie devrait toucher environ 200 000 personnes au cours de l’année 20124, d’après OMS. Or, la saison cyclonique (qui s’étend de juin à novembre), la faiblesse des capacités du Gouvernement Haïtien et le manque de financement fragilisent fortement la réponse à l’épidémie.

Répondre au cholera reste une urgente priorité en juillet 2012. Seuls la mise en oeuvre et le maintien d’importants programmes dans les domaines de la santé, de l'eau, de l'assainissement et de la promotion de l'hygiène permettront de limiter efficacement la propagation de la maladie.

L’épidémie de cholera a déjà causé la perte de milliers de vie à travers le pays. Elle reste une menace majeure pour la santé publique et doit être gérée comme telle par le gouvernement haïtien.

Le ministère haïtien de la Santé doit réaffirmer sa position plaçant le choléra comme une question de santé publique et se donner les moyens de le traiter comme tel.

Ainsi, il est urgent qu’une évaluation approfondie du système national de surveillance épidémiologique soit menée en vue d’améliorer la collecte des données. En effet, selon une estimation du MSPP, entre le 27 mars et le 26 avril 2012, seulement 57,8% des 341 rapports répertoriant les cas de choléra ont été quotidiennement soumis par les départements5. Ces lacunes dans la collecte de l’information ont de graves répercussions sur la capacité de réponse à l’épidémie et doivent être corrigées.

De même, il est important que les dispositions soient prises pour remédier de manière durable aux problèmes de gestion du personnel des CTC qui nuisent gravement à l'efficacité de la réponse au cholera. En effet, depuis plusieurs mois des rapports font état de retards pris dans le paiement des salaires des personnels de santé du Ministère employés -parfois même sans contrat de travail- dans les CTC. Certains membres du personnel médical de première ligne ont même organisé des grèves pour faire valoir leurs droits.

De plus, il est établit que le MSPP fait face à de nombreuses difficultés dans la gestion de ses moyens logistiques et la maintenance de son parc automobile. Il est nécessaire de corriger au plus vite ces dysfonctionnements qui entravent la distribution des médicaments, matériels et autres fournitures dans les CTC, UTC et dans les Centres de Traitement de la Diarrhée Aigue (ADTCs). Enfin, il est essentiel que le MSPP, prenne les mesures nécessaires pour veiller à ce que les ressources financières et humaines mobilisées soient maintenues en place après la fin de la saison cyclonique.

Le MSPP se doit de renforcer son rôle de leadership et de coordination tant au niveau central que départemental.

Les bailleurs doivent fournir un financement durable et suffisant pour soutenir une approche globale et intégrée pour la prévention et le traitement du choléra en Haiti.

Bien que moins grave que celle de l'année dernière, la situation actuelle sur le terrain est plus préoccupante que les statistiques ne le montrent. Le manque de financement s'est traduit par une diminution du nombre de partenaires-santé sur la réponse au cholera. Cette diminution a des répercussions graves sur les capacités de prise en charge au niveau globale. Ainsi, sur la période de Août 2011 à Juin 2012, le nombre de Centres de traitement du choléra (CTC) a diminué de 38 à 20, et le nombre d'unités de traitement du choléra de 205 à 746.

De ce fait, un appui supplémentaire des bailleurs de fonds au MSPP et aux acteurs humanitaires doit être fourni afin d’assurer une réponse globale à l’épidémie, comprenant : la surveillance, la prise en charge médicale, l'assistance technique, et le renforcement des capacités du personnel et des institutions médicales nationales. Des financements supplémentaires sont également nécessaires pour soutenir l'intégration de la prévention du choléra et de la gestion des cas dans les programmes et infrastructures de santé déjà existants, ainsi que pour la mise en oeuvre de nouveaux programmes communautaires et primaires de santé.

Dans un pays comme Haiti, identifié par l'OMS comme l‘un des plus exposés a l’insécurité liée à l’eau dans monde ; une réponse efficace à l’épidémie demande une approche globale et intégrée pour la prévention et la prise en charge médicale du cholera. Une souplesse plus importante des mécanismes de financement est nécessaire afin de permettre la réallocation des fonds en cas d'urgence. L’harmonisation des stratégies des bailleurs de fonds humanitaires et de développement est également importante pour permettre une réponse adaptée aux besoins actuels en matière de prévention et de prise en charge du choléra.