Haïti–Choléra : Nouvelle mobilisation, à partir du 19 octobre, pour demander des réparations civiles

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from AlterPresse
Published on 26 Sep 2013 View Original

P-au-P, 26 sept. 2013 [AlterPresse] --- Des victimes du choléra et des organismes de défense de droits humains - réclamant justice et réparation - menacent de commencer une mobilisation populaire pour faire entendre leur cause, à partir du samedi 19 octobre 2013, qui marquera les 3 ans des premières manifestations de l’épidémie dans le pays.

« Nous allons déposer une plainte par-devant les tribunaux nationaux, sur tout le territoire national, pour la réparation civile » et organiser une « mobilisation populaire » pour pouvoir trouver « réparation et justice » annonce le collectif pour le dédommagement des victimes du choléra, au cours d’une conférence de presse, le jeudi 26 septembre, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Présent à cette conférence, l’avocat André Michel suggère que la lutte pour le dédommagement des victimes - celles et ceux qui ont perdu des proches ou qui ont attrapé l’épidémie - devienne une cause nationale.

« (...) il faut que la population l’embrasse », dit-il.

Louisac Théolème est aveugle d’un œil. Le choléra a emporté son fils, sur qui il avait mis « tout son espoir ».

Il appelle le président Joseph Michel Martelly et les autres élus de la république à « demander officiellement réparation auprès de l’Organisation des Nations Unies (Onu) ».

La demande de Théolème rejoint les desiderata du Mouvman moun viktim kolera (mouvement des personnes victimes du choléra) qui exige, entre autres, la formation d’ « une commission de réparation » par le gouvernement.

Le collectif et le mouvement des victimes du choléra préconise également, auprès du ministère de la santé publique et de la population (Mspp), l’accès des victimes du choléra à un certificat officiel de santé.

À l’occasion de la 68è assemblée générale de l’Onu, à New York (États-Unis d’Amérique), des membres de la diaspora haïtienne ont, de leur côté, tenu, ce jeudi 26 septembre 2013 - devant le siège social des Nations-Unies -, un sit-in, pour réclamer justice et réparation pour les victimes du choléra en Haïti.

Plus de 8,000 femmes et hommes sont mortes en Haïti, depuis l’apparition de l’épidémie du choléra en octobre 2010.

Les études scientifiques, conduites par des chercheurs internationaux, voire par les experts des Nations-Unies, identifient la souche présente en Haïti à celle retrouvée au Népal.

Les conclusions de ces recherches ont permis de remonter le choléra à un contingent népalais de la mission onusienne dans le pays, qui était basée à Mirebalais (Plateau central), où les premiers cas du choléra ont été retracés.

Pourtant, Ban Ki-moon, secrétaire général de l’Onu, refuse de reconnaître les responsabilités de l’organisation mondiale dans l’introduction du choléra en Haïti.

« Il n’y a pas de preuves scientifiques », a-t-il déclaré, le 16 septembre 2013, à un média français.

Les Nations Unies ont « une responsabilité morale » dans la question du choléra en Haïti, a soutenu, le 13 septembre 2013, le premier ministre haïtien Laurent Salvador Lamothe.

Entre-temps, une recrudescence de l’épidémie du choléra serait observée, ces dernières semaines, dans au moins 5 des 10 départements géographiques en Haïti. [srh rc apr 26/09/2013 16:40]