En fuite de Las Maltas, les migrants-es haïtiens ont rejoint leur domicile spécial

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from Groupe d'Appui aux Rapatriés & Réfugiés
Published on 26 Mar 2014 View Original

Les ressortissants-es haïtiens qui avaient quitté Las Maltas (République Dominicaine), suite à l’incident malheureux ayant opposé, le mardi 18 mars écoulé, le ressortissant haïtien dénommé Tikiki au citoyen dominicain Cheling Betre, ont rejoint leurs villes respectives, le lundi 24 mars 2014, grâce au support financier du GARR. Au nombre de 63 dont 21 enfants âgés de 11 mois à 14 ans, ils/elles étaient arrivés à Thomassique (Plateau Central), les 22 et 23 mars écoulé.

Un sentiment d’anxiété et de désillusion a été remarqué sur les visages de ces ressortissants-es haïtiens regroupés au centre d’hébergement de la mairie de Thomassique, a observé la délégation du GARR qui était sur place le 24 mars dernier. Originaires du Cap-Haïtien, de la Petite Rivière de l’Artibonite, de Léogâne, de l’Estère, de Hinche, de Cerca Cavajal et de Thomassique, ces migrants-es haïtiens ont déclaré n’avoir pas pu récupérer leurs biens au moment de leur départ de la République Dominicaine sous peine d’être victimes.

« Je ne pouvais pas me laisser tuer par les Dominicains qui ne font aucun cas de la vie des Haïtiens. Je me suis échappé les mains vides avec ma femme et mes 6 enfants. Fort heureusement, nous sommes ici dans notre pays. », a confié au GARR, Cinéus qui a fait état d’un appel téléphonique d’un ami lui annonçant l’incendie de sa maison avec tout ce qu’elle renferme.

De son côté, Edith a déclaré s’être échappée avec son bébé à travers les régions montagneuses pour éviter d’être victime de la méchanceté des Dominicains.

« J’avais peur qu’on m’enlève le bébé pour le tuer. Ce qui m’avait motivée à marcher plusieurs kilomètres à travers les montagnes pour arriver ici à Thomassique afin de sauver la vie de mon enfant.», a-t-elle témoigné.

Jean Robert Pierre, maire adjoint de Thomassique en a profité pour se plaindre de l’incapacité de l’administration communale de cette commune frontalière à assister financièrement les migrants-es haïtiens quand ils/elles sont rapatriés ou chassés brutalement de la République Dominicaine.

«Nous regrettons de n’être pas en mesure d’héberger convenablement nos frères et sœurs haïtiens. Car, nous n’avons pas les moyens de leur offrir malheureusement l’assistance nécessaire. N’était-ce pas la bonne volonté du GARR et d’autres organisations de la société civile haïtienne, leur situation serait plus grave à ce centre d’hébergement. », a-t-il déploré.

Cet incident qui a occasionné ces déplacements volontaires en série n’est pas un fait inhabituel. A la fin du mois de novembre 2013, environ 1283 ressortissants-es haïtiens étaient également victimes de persécutions de la part des Dominicains suite à un double meurtre d’un couple dominicain survenu à Neiba (Jimani). Par peur de représailles, ces migrants-es haïtiens avaient regagné la commune frontalière de Cornillon/Grand Bois (Ouest d’Haïti) en passant par les régions montagneuses de la République voisine. Certains d’entre eux ont été rapatriés sur la frontière de Jimani/Malpasse.

Le GARR croit que ces incidents répétitifs sont tout à fait inacceptables. Il recommande encore une fois au gouvernement haïtien d’exiger de l’Etat dominicain, à travers sa représentation diplomatique en République Dominicaine, une enquête sérieuse en vue d’identifier les coupables de ces actes de violence qui devront répondre par devant la justice dominicaine.

Vu le silence des Représentants diplomatiques d’Haïti en République Dominicaine, le GARR s’interroge sur leur capacité et leur volonté de défendre les intérêts des migrants-es haïtiens vivant en territoire voisin. Ainsi exhorte-t-il le gouvernement haïtien à prendre des mesures nécessaires pour doter le pays de vrais programmes de développement qui prennent surtout en compte des groupes les plus vulnérables.