Chikungunya : Comment Haïti fait face à l’épidémie

Report
from UN Stabilization Mission in Haiti
Published on 16 May 2014 View Original

Chikungunya, le mot est dans presque toutes les conversations, depuis la confirmation de l’apparition de cette épidémie en Haïti par le gouvernement haïtien le06 mai dernier. Depuis, plusieurs mesures tels fumigation et traitement des gîtes de moustiques à travers la capitale et des régions. La population, elle aussi se protège, par des mesures préventives dont l’achat de médicaments et d’insecticides, sans oublier le traitement des eaux usées.

Insecticides et médicaments bien rangés au tiroir, Madeleine, 60 ans, a tout fait pour éviter le Chikungunya. Pourtant, elle a souffert de cette fièvre pendant trois jours. « Dimanche dernier, je ne me sentais pas bien, ma bouche était amer, j’avais des vertiges et ne pouvais plus me tenir debout, tellement je souffrais », se rappelle-t-elle.

Cette habitante de Bizoton, quartier de Port-au-Prince, s’est engagée à combattre la propagation de cette épidémie dans son quartier. « Je sais par exemple que je ne dois pas laisser des flaques d’eau à l’air libre, que je dois dormir sous une moustiquaire […] question d’éviter la propagation de cette épidémie », énumère-t-elle, balai serré dans la main, et manches retroussés.

Ces mesures de prévention sont recommandées par le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), à travers une large campagne de communication sur les ondes des radios et télévisions. « Dès que j’ai ressenti les premiers symptômes du Chikungunya, je n’ai pas paniqué, puisque j’avais été averti. J’ai donc pris les médicaments prescrits par le médecin et me voilà à nouveau debout et en forme », se réjouit Charles, un autre habitant de Carrefour.

Dans les centres de santé et dans les pharmacies, se forment des longues files de personnes en quête de soins ou de médicaments pour atténuer les douleurs musculaires causées par la maladie.

« Le Lundi 12 mai, on a recensé sept cas de Chikungunya », fait savoir le Dr Mendelssohn Maurice de la salle des urgences de l’Hôpital Adventiste de Diquini, à Carrefour. Pour la directrice de la promotion des soins de santé au MSPP, le Dr. Jocelyne Pierre-Louis, « 1 529 cas de Chikungunya sont recensés en Haïti dont 889 (50%) pour le département de l’Ouest».

Au cours d’un point de presse donné ce jeudi 15 mai à la Primature, le Dr Pierre-Louis a présenté le Plan d’action de lutte contre le Chikungunya du MSPP. Les quatre axes du plan de lutte sont: la surveillance, la sensibilisation, la lutte anti vectorielle et la prise en charge des personnes affectée par la maladie.

Tout en encourageant la population à observer strictement les mesures préventives individuelles, elle a également présenté les mesures de prévention de masse entreprises par le MSPP. « On a procédé au traitement de 60 gites à Carrefour et à Port-au-Prince, de la fumigation ainsi que la distribution prochaine des médicaments dans des points affectés par l’épidémie à travers le pays.

OMS/OPS dans la lutte contre le mal

L’action de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) contre le Chikungunya consiste, entre autres, à aider les gouvernements, comme c’est le cas en Haïti, à « élaborer des plans de gestion des flambées, fournir un soutien technique et des orientations aux pays, dispenser une formation à la prise en charge clinique, au diagnostic et à la lutte antivectorielle au niveau régional avec certains de ses centres collaborateurs… »

Quant à l’après Chikungunya, le Dr Jean-Marie Rwangabwoba de l’OMS rassure que « l’infection avec le virus chikungunya confère une immunité durable contre toute réinfection ».

Selon le site Wikipedia, le chikungunya (en abrégé, le chik) , est une maladie infectieuse tropicale, due à un arbovirus (noté CHIKV, pour chikungunya virus), un alphavirus de la famille des Togaviridae, transmise par des moustiques du genreAedes. Le nom est d’origine makondée (une langue de Tanzanie) et signifie : « qui se recourbe ou encore « maladie de l’homme courbé » car elle occasionne de très fortes douleurs articulaires associées à une raideur. Ce qui donne aux patients infectés une attitude courbée très caractéristique.

Jonas Laurince