Artibonite : L’accès à l’eau potable facilité pour 40.000 personnes

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from UN Stabilization Mission in Haiti
Published on 11 Oct 2012 View Original

Cinq communes de l’Artibonite ont actuellement un plus grand accès à l’eau potable grâce au captage de sources, à la construction de citernes communautaires, à la réhabilitation de système d’adduction et à la sécurisation des sources.

« L’eau est très rare ici », témoigne Lemec Saint-Cyr, membre du comité de gestion des kiosques de Pointe des Mangles et Bonald, deux localités de la commune d’Anse-Rouge. « Avant, nous disposions de quelques kiosques installés par des organisations non gouvernementales. Mais ils se sont détériorés avec le temps », explique-t-il, ajoutant que « seuls ceux qui en ont les moyens achètent de l’eau à un particulier qui possède une citerne».

A Pointe des Mangles, les femmes se sont amassées au bout d’un tuyau, sous un soleil de plomb, les yeux rivés sur la tuyauterie. La nouvelle de la mise en service de la distribution d’eau s’est répandue comme une trainée de poudre. Elles attendent que la vanne soit ouverte, 11 kilomètres plus haut, pour s’approvisionner. « La semaine dernière, il y a eu une bagarre. Les responsables ont décidé d’attendre la fin des travaux pour autoriser la distribution de l’eau », témoigne une habitante.

Sans eau, le sol aride et salé est peu propice à l’agriculture. Cinq citernes viennent donc s’ajouter aux deux existantes, insuffisantes pour une population estimée à près de 4.000 personnes. Une fois le projet terminé et le système préexistant réhabilité fin octobre, chaque personne disposera de 20 litres d’eau par jour.

A Ennery, commune des Gonaïves, il est divisé en deux phases. La première, , a prévu la construction d’un réservoir pour faciliter le stockage d’eau provenant de trois puits équipés de pompes électriques. Dans la seconde phase, des tuyauteries seront installées afin de faciliter l’approvisionnement en eau de la population et l’irrigation de parcelles destinées à la culture maraichère.

Le réservoir étant terminé, la population attend avec impatience le système d’adduction qui sera financé par un autre partenaire. « Une fois l’eau disponible, les familles pourront reprendre le jardinage, comme c’était le cas auparavant », explique Mercidieu Ogécime, responsable du projet.

Sécuriser les sources

Quelques kilomètres en amont, la commune de Marmelade travaille également à l’amélioration de son accès à l’eau potable. Son système de distribution, détruit en 2008 suite à un glissement de terrain, est en pleine réhabilitation. « Nous avons déjà construit le réservoir d’une capacité de 100 mètres cubes. Il a été érigé dans la cour même du lycée Claude Jules Préval. La réhabilitation des fontaines et l’installation des conduits permettra de fournir de l’eau à la population et aux élèves du lycée», assure Wisly Dérisma, officier des Affaires civiles à la MINUSTAH.

A Goyavier, 3ème section communale de Saint-Marc, c’est la source Mirliton qui est en pleine réhabilitation. Principal point d’eau de la région, elle dessert 42 localités. « La situation de notre source était vraiment déplorable avant ce projet », se rappelle un riverain.

En effet, sans aucune délimitation, cette source était utilisée par les ménages à la fois pour la lessive, l’approvisionnement en eau et l’abreuvage des animaux, ce qui polluait régulièrement la source. Cette année, avec le financement de la MINUSTAH, les populations ont construit une citerne d’une capacité de 72 mètres cubes et ont installé un kiosque et un lavoir.

Enfin, un autre projet d’aménagement de source est mis en œuvre à Bayonnais, 3ème section de la commune des Gonaïves, pour faire face à un problème similaire. Un mur a été érigé et 10.000 arbres fruitiers et forestiers ont été plantés afin de fixer le sol autour de la source.

Financé à hauteur de 125.000 dollars américains par la MINUSTAH, dans le cadre de ses Projets à impact rapide (ou QIPs), le projet concerne cinq communes où l’eau manquait particulièrement.

Jean Etiome Dorcent et Taïna Noster/Mathias Gillmann