Guinée : le nouveau gouvernement de Fofana formé sans figure de l'opposition

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from Agence France-Presse
Published on 21 Jan 2014

01/21/2014 00:09 GMT

Par Mouctar BAH

CONAKRY, 21 janvier 2014 (AFP) - Le président guinéen Alpha Condé a nommé les membres du gouvernement dirigé par l'économiste Mohamed Saïd Fofana, comprenant au total 34 ministres, dont aucune figure connue de l'opposition.

Selon un décret diffusé tard lundi soir, 19 anciens ministres ont été reconduits dans la nouvelle équipe - à leurs postes précédents ou à la tête de départements différents - et 15 ministres y font leur entrée.

Le nouveau gouvernement est formé deux jours après la reconduction de Mohamed Saïd Fofana au poste de Premier ministre. Après trois ans comme chef de gouvernement, M. Fofana avait démissionné avec son équipe le 15 janvier, deux jours après l'installation de l'Assemblée nationale issue des élections législatives du 28 septembre.

La liste du gouvernement publiée lundi soir ne comprend aucun responsable connu de l'opposition, dont un porte-parole, Aboubacar Sylla, avait déjà qualifié de "non-évènement" la reconduction de M. Fofana.

Composée en majorité de membres du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), parti du président Condé et de ses alliés - coalition majoritaire au Parlement -, la nouvelle équipe compte cinq femmes. Seize personnalités quittent le gouvernement, et un ministère, celui des Affaires religieuses, a été supprimé.

Le poste de ministre de la Défense n'apparaît pas dans la liste, fonctions assurées depuis décembre 2010 par le président Condé lui-même. Mais il a conservé le ministre délégué à la Défense nationale, Abdoul Kabele Camara à son poste.

Parmi les ministres rappelés dans la nouvelle équipe, figure Kerfalla Yansané, ex-ministre de l'Economie et des Finances nommé ministre d'Etat chargé des Mines et de la Géologie. Une promotion pour M. Yansané, dont le nom avait circulé ces dernières semaines comme probable futur Premier ministre.

Mohamed Diaré, qui était précédemment ministre délégué au Budget, récupère le portefeuille de ministre de l'Economie et des Finances.

Les ministres François Lonseny Fall (Affaires étrangères et Guinéens de l'étranger), El Hadj Madifing Diané (Sécurité et Protection civile), Alhassane Condé (Administration du Territoire et Décentralisation), Albert Damantang Camara (Enseignement Technique, Formation professionnelle, Emploi et Travail, également porte-parole du gouvernement), Koutoub Moustapha Sano (Coopération internationale) font partie de ceux qui conservent leurs portefeuilles.

Parmi les entrants, on compte le ministre de la Justice Cheick Sako, jusqu'alors avocat au barreau de Montpellier (France), le ministre de la Santé Remy Lamah, un colonel et médecin militaire précédemment patron des services de santé de l'armée guinéenne.

"Les attentes sont nombreuses"

Autres nouveaux venus : le ministre de l'Energie et de l'Hydraulique Idrissa Thiam, précédemment conseiller spécial à la présidence, ainsi que la ministre de l'Agriculture Jacqueline Sultan, qui était directrice général d'une agence nationale.

Outre Mme Sultan, les nouvelles femmes faisant leur entrée dans le gouvernement comprennent Mme Domani Doré (Sport), une consultante en communication et Mme Kadiatou Ndiaye (Environnement, Eaux et Forêts), qui était précédemment directrice d'une agence nationale également.

Mme Fatoumata Binta Diallo, qui était conseillère au cabinet du Premier ministre, est nommée ministre de l'Industrie, des PME (petites et moyennes entreprises) et de la promotion du secteur privé, enfin Mme Camara Sanaba Kaba, ex-conseillère à la présidence, devient ministre de l'Action sociale, de la Promotion féminine et de l'Enfance.

Les anciens ministres d'Etat Ousmane Bah (Travaux publics et Transports) et Christian Sow (Justice) n'ont pas été rappelés dans la nouvelle équipe.

Le changement d'équipe gouvernementale intervient dans un contexte où "les attentes sont nombreuses", avait reconnu le Premier ministre lui-même dans une déclaration enregistrée dimanche et diffusée par la télévision publique guinéenne.

"A court terme, nous devons engager des actions et de grands investissements à fort impact économique, social et, pourquoi pas, politique, pour aller au-devant des besoins des citoyens. Il faut qu'il y ait plus d'eau, plus d'énergie pour les populations, plus de routes, plus d'infrastructures sanitaires et scolaires, avait-il dit, en promettant de "s'attaquer à certaines anomalies en matière de gouvernance" et à la corruption.

La Guinée est l'un des principaux exportateurs de bauxite dans le monde et possède des gisements de minerai de fer très convoités, mais aussi de l'or, des diamants et du pétrole.

En dépit de ce potentiel minier considérable, ses quelque 11 millions d'habitants restent majoritairement pauvres: plus de la moitié des Guinéens vit avec moins d'un euro par jour.

Le président Condé a entrepris plusieurs réformes, en particulier du secteur des mines et le pays a obtenu en 2012 un allègement de sa dette.

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