Djibouti Mise à jour sur la sécurité alimentaire - juillet 2014

Report
from Famine Early Warning System Network
Published on 28 Jul 2014

Une faible pluviométrie engendre une détérioration de la sécurité alimentaire

Messages clés

  • Suite à l’arrêt précoce au mois d’avril de la saison des pluies de Diraac/Sougum, l’absence des pluies et les températures élevées durant le mois de juillet ont affaiblies les ressources en eau et pâturage des zones rurales. La perte croissante de l'élevage et les moyens de subsistance des pasteurs commencent à être sévèrement érodés.

  • Le manque des pluies fait déplacer les populations vers les localités qui ont une meilleure disponibilité en eau. Ces déplacements précipitent la dégradation de la situation en causant le tarissement des retenues d’eau et un surpâturage. L’aide alimentaire continue à couvrir les zones rurales, mais reste insuffisante par rapport aux besoins.

  • Avec la saison de soudure actuelle, les ressources comme le pâturage ou l’eau sont limité et commencent à manquer. La plupart des ménages pastoraux sont en situation de Crise (IPC Phase 3 !). Les ménages sont en situation de Stress (IPC Phase 2). Dans le cas où la saison Karan/Karma sera déficitaire, la situation alimentaire restera précoce.

Situation Actuelle

Le mois de Juillet confirme l’absence de pluies dans la région de Tadjourah et ceci depuis le mois de Décembre dernier. La région d’Obock est celle qui est la plus affectée jusque-là par la faiblesse des pluies de la saison actuelle Karan-Karma (juillet à septembre). Quelques averses avec des améliorations limitées ont été signalées la dernière semaine de juillet dans les zones périphériques de Dikhil (Bondara, As-Eyla, Balambaley et Cheiketi).

Les températures élevées de la saison chaude (mai à aout), ont affaiblies les ressources en eau et pâturage des zones rurales. Des pénuries d’eau ont été signalées dans les zones rurales d’Obock et les puits commencent à tarir face aux besoins des populations. Malgré les infrastructures de préservation d’eau, l’accès à cette ressource devient limité. Par exemple, dans le centre de la localité d’Adaillou, les puits commencent à tarir et le débit du forage d’Essallou s’est affaibli. A Tadjourah, le renouvellement du pâturage a été faible et les nomades de Margoyta et de Wabeita, se sont déplacés vers les zones de Madgoul et Dorra qui ont une meilleure disponibilité en eau due aux retenues et barrages. Ces déplacements précipitent la dégradation de la situation en causant le tarissement des retenues d’eau et un surpâturage réel. Le pâturage est quasi inexistant dans le secteur d'Ali-Addeh jusqu'à Holl-holl, à Ali Sabieh. Les localités de Mawlid et d'Assamo sont pour l'instant les mieux lotis en pâturage par rapport aux restes de la région. Les arbustes sont asséchés, le pâturage inexistant et le bétail s’est amaigrit.

Dans les zones de Weima, Mabla à Tadjourah, les bétails sont très affaiblis et mettent bas avant leur terme. Des pertes de bétails ont même été signalées au Nord-ouest, dans les localités de Mounkour et Daimoli. A Obock comme à Tadjourah, le manque de pluie a fait déplacer les populations vers les localités périphériques des chefs-lieux, où l’accès aux ressources comme l’eau semble être plus disponible. Aussi, les populations de Makarassou se sont déplacées vers Randa et ceux de Garbanaba vers Galhela dans le secteur de MABLA. Les revenus provenant des produits animaliers ont baissé avec la réduction de la disponibilité du lait et l’affaiblissement du bétail.

Au niveau des villes de Djibouti, les prix des denrées alimentaires de base ont connu une augmentation en juillet, typique durant le mois de Ramadan. Cette augmentation n’a pas été significative pour influencer l’accès aux vivres durant cette période. Cependant, les prix des aliments de base continuent de dépasser le pouvoir d'achat des ménages pauvres urbains et ruraux qui restent très dépendants des importations alimentaires pour leurs besoins.

L’aide alimentaire du Programme Alimentaire Mondiale continue à couvrir les zones rurales malgré la diminution majeure des quotas de distribution des ménages. Dans la région d’Ali-Sabieh, plus de dix localités rurales ont bénéficié d’un programme de distribution de cash depuis le mois de juin, le début de la période de soudure. L’aide alimentaire reste toujours insuffisant par rapport aux besoins. Aussi, durant le mois de Ramadan (juillet), les ménages pauvres ont pu bénéficier des vivres de la Zakat, qui s’est faite dans pratiquement toutes les zones.

Les pasteurs dépendent fortement des ressources animalières et le manque d’eau et de pâturage contribuent à détériorer les sources de nourriture et de revenus. Les populations du Nord d’Obock, ceux du Nord-ouest pastoral, et du Sud-est pastoral frontalier sont au moins en situation de Crise (IPC Phase 3 !) d’insécurité alimentaire avec l’assistance alimentaire. La plupart des pasteurs de la zone Centrale, sont en situation de Stress (IPC Phase 2) d’insécurité alimentaire.