Urgence complexe dans la région des Kasaï, R.D. Congo Rapport de situation No. 10 (en date du 28 juillet 2017)

Ce rapport a été produit par OCHA RD Congo en collaboration avec les partenaires au Kasaï, Kasaï Central et Kasaï Oriental. Il couvre la période du 11 juillet (date suivant la parution du Sitrep n°9) au 28 juillet 2017. La région du Kasaï fait ici référence aux provinces du Kasaï, Kasaï Central, Kasaï Oriental, de la Lomami et du Sankuru.

Faits saillants

  • Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, M. Stephen O’Brien, s’est rendu à Tshikapa (Province du Kasaï), le 21 juillet, dans le cadre d’une visite de trois jours en RDC.
  • Les Pays-Bas ont annoncé le 19 juillet une contribution de 3 millions de dollars et le 20 juillet, le Royaume-Uni a promis une contribution supplémentaire de 6 millions de dollars pour appuyer l'action humanitaire au Kasaï.
  • Depuis le début de la crise,156 000 personnes dans l’ensemble de la région du Kasaï ont bénéficié d’au moins une activité d’assistance humanitaire dans un ou plusieurs secteur(s), selon un état des lieux préliminaire fait par OCHA.
  • Dans la Province du Kasaï, 106 incidents de protection ont été rapportés dans les territoires de Luebo et Tshikapa en l’espace de 15 jours (en date du 19 juillet).

1,4 M
Personnes déplacées internes
130 000
Membres des communautés hôtes/ familles
156 000
Personnes couvertes par l’assistance d’urgence en cours
31 242
Congolais ayant fui vers l’Angola

Aperçu de la situation

Près d’un an après le début de la crise, et malgré les efforts de la communauté humanitaire, la situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante dans la région du Kasaï, en particulier pour 1,4 million de déplacés qui ont fui les violences. Les besoins en assistance d’urgence et en protection restent immenses car les communautés sont confrontées aux violences du conflit armé et à des conditions de déplacement très précaires. Au total, parmi les nombreux pillages et incendies d’habitations et d’infrastructures, plus de 170 centres de santé ont été attaqués dans les seules provinces du Kasaï et Kasaï Central, et 937 attaques et allégations d’utilisation d’écoles par les parties au conflit (dont 400 vérifiées) ont été signalées. Pour rappel, plus de 3 300 personnes auraient perdu la vie entre le début du conflit en août 2016 et juin 20176 et 600 cas de violences sexuelles ont été rapportés durant cette même période.

Le recrutement des enfants par les milices reste une des problématiques les plus inquiétantes puisque 40% à 60% des effectifs des milices sont des enfants, souvent âgés de moins de 15 ans, et au moins 5 000 enfants séparés de leurs familles risquent d’être recrutés ou victimes d’abus, selon une revue parue en juillet réalisée par le Cluster Education et le Groupe sur la Protection de l’Enfant au niveau global.

Pour rappel, plus de 500 cas d'enfants utilisés comme combattants ou boucliers humains par des milices ont déjà été enregistrés depuis le début de la crise. Au moins 100 enfants ont été tués entre janvier et mars 2017 et les enfants suspectés d’être associés aux milices sont considérés comme des terroristes et sont exposés à de graves risques d’abus. A cela s’ajoutent les risques liés aux mines et restes explosifs de guerre. Déjà en avril dernier, UNICEF estimait qu’au moins sept millions d’enfants étaient à risque d’être affectés par le conflit dans les provinces du Kasaï, Kasaï Central, Kasaï Oriental, de la Lomami et du Sankuru.

La Province du Kasaï (Tshikapa) apparaît comme particulièrement affectée par les problématiques de protection en lien avec les violences intercommunautaires qui se greffent aux attaques répétées de la milice et leurs affrontements avec les Forces Armées de la RD Congo (FARDC). Ainsi, sur les 106 incidents rapportés dans les territoires de Luebo et Tshikapa en l’espace de 15 jours, 70 se sont produits dans le seul Territoire de Tshikapa selon les acteurs humanitaires sur place (en date du 19 juillet).

Dans les semaines à venir, l’évolution de la situation humanitaire dépendra évidemment de la capacité des acteurs à augmenter l’assistance aux populations, mais également de celle des autorités à trouver des solutions à moyen et long terme pour mettre fin aux conflits qui sont à l’origine des besoins humanitaires. A l’heure actuelle, les déplacements de populations fuyant les violences continuent mais le suivi de la situation reste difficile en raison de l’étendue de la zone concernée, d’une présence humanitaire encore trop faible et des problèmes d’accessibilité qui persistent dans certaines zones.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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