Situation humanitaire en RDC - Semaine du 24 au 28 mars 2008

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 28 Mar 2008
Points saillants :

- Nord-Kivu : Le CCCM éprouve certaines difficultés à effectuer les transferts des camps de Nyongera, Kasasa et Kibumba vers les sites de Nyahanga et Katale. Beni est la zone o=F9 se commettent le plus de violences sexuelles dans la province.

- Sud-Kivu : L'attention de la communauté humanitaire reste focalisée sur la zone de Minova qui requiert une coordination entre les CPIA du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

- Bas-Congo : La situation reste préoccupante, notamment pour la protection, la santé et la sécurité alimentaire.

NORD-KIVU

Mouvements de populations

Nyahanga : Le transfert des déplacés de Nyongera et Kasasa vers le nouveau site de Nyahanga bute sur les compensations à accorder aux cultivateurs propriétaires des terrains. D'une part, il n'y a pas de terres proches, et d'autre part, le CCCM exclut toute compensation financière. Par ailleurs, ce transfert aura des implications financières importantes pour l'UNICEF qui devrait réaménager les espaces pour enfants et reconstruire les structures sanitaires.

Katale : Les déplacés du camp de Kibumba dont le transfert est prévu vers le site de Katale pourraient refuser de s'y installer. 1ère raison : ce site, ancien camp de réfugiés rwandais, avait été attaqué par l'AFDL en 1996. 2ème raison : le terrain a récemment servi de couloir de ravitaillement au CNDP pendant les hostilités. 3ème raison : les déplacés de Kibumba, qui n'ont pas encore été consultés, pourraient ne pas accepter de s'éloigner de leurs champs.

Bambu : La mission a trouvé 447 ménages déplacés dans un village vidé de la moitié de sa population suite aux affrontements entre le CNDP et le PARECO en janvier de cette année. Ces personnes ont particulièrement besoin de vivres et de biens non alimentaires.

Kirumba : La mission a constaté un village presque totalement vide depuis les combats entre CNDP et PARECO. Les habitants se sont enfuis à Rutshuru et Kiwandja. Selon les personnes rencontrées, les combattants Hutu rwandais recrutent des enfants dans leurs rangs. En raison du pillage du centre de santé, les malades sont obligés de parcourir 10 km pour obtenir des soins.

Eau et assainissement/Santé

Rumangabo : Selon IRC, les déplacés installés à proximité du camp militaire accèdent péniblement à de l'eau potable. Afin d'éviter une arrivée importante de nouveaux venus, le CPIA a décidé pour le moment d'effectuer un suivi régulier de la situation, surtout que le camp militaire a déjà connu une épidémie de choléra.

Protection

Nyongera et Kasasa : Abus divers et viols continuent d'être commis dans ces deux sites par les soldats de la 6ème brigade et par des brigands. Récemment, un militaire ivre a lancé une grenade à Nyongera, heureusement, sans faire de victimes.

Kibumba : En raison des soupçons de la part des autorités rwandaises et congolaises d'infiltrations dans ce site, la psychose entraîne de folles rumeurs : des hommes de Nkunda les attaqueraient afin de les décimer ; les FDLR ou les FARDC les puniraient en représailles.

Santé

Violences sexuelles : Selon l'UNFPA, en janvier et février 2008, les cas incidents dans la province s'élevaient à 446. Beni est en deuxième position dans ce classement avec 121 cas, soit 27,13% du total. L'ensemble des camps de déplacés arrive en tête, avec 152 cas notifiés. Ces statistiques montrent que les civils (46,64%) violent autant que les hommes en armes (49,78%) - miliciens, militaires et policiers confondus.

SUD-KIVU

Mouvements de populations

Minova : Le pillage par le PARECO de plusieurs villages dans le Masisi a conduit leurs habitants à se déplacer sur les hauts plateaux de Minova, auprès de familles d'accueil dans les villages de Kitalimwa, Kihonga, Numbi et Lumbishi.

Minova : Les déplacés de Ngungu et Karuba au Nord-Kivu retournent progressivement dans leurs villages, mais il s'agit essentiellement de femmes et d'enfants. Les hommes et les jeunes garçons craignent d'être recrutés par les différents groupes armés présents dans la zone.

Minova : Contrairement aux craintes des autorités, un rapport du cluster protection indique que les familles d'accueil sont prêtes à héberger des déplacés. Selon le CPIA, le manque d'accès constitue une des contraintes majeures pour la sécurité dans la zone. Cependant, l'infiltration de membres de groupes armés peut compromettre la sécurité des déplacés.

Burhinyi (Territoire de Mwenga) : Une semaine avant l'intronisation du nouveau Mwami au début du mois de mars et suite à ses appels, les personnes déplacées depuis deux ans sont revenues dans la zone. Les responsables FDLR se sont également engagés à garantir la sécurité et à punir leurs hommes en cas d'exactions/tracasseries de leur part.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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