Situation humanitaire en République Démocratique du Congo, Note d’information à la presse, 16 janvier 2013

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 16 Jan 2013

US $ 30 millions pour assister près de 590 000 personnes au Nord-Kivu

· La communauté humanitaire au Nord-Kivu a urgemment besoin de US $30 millions pour assister environ 590 000 personnes vulnérables vivant à Goma et les territoires voisins affectées par les récents affrontements armés entre l’armée nationale (FARDC) et le Mouvement du 23 mars (M23). Ce plan de réponse, qui s’étalera de décembre 2012 à juin 2013, met l’accent sur une assistance d’urgence et de relèvement précoce afin de permettre aux personnes retournées chez elles de reconstituer leurs moyens de subsistance.

Cependant, outre la mobilisation de fonds, la mise en œuvre de ce plan nécessite un accès sans entrave aux populations vulnérables ciblées dont des personnes déplacées se trouvant dans des camps, sites spontanés ou familles d’accueil situés dans des zones où les conditions sécuritaires demeurent précaires, notamment le centre de Masisi et les villages environnants. Outre les problèmes sécuritaires, de nombreuses zones dans le Territoire Masisi sont également inaccessibles à cause de la dégradation avancée des routes et de la destruction des ponts, particulièrement pendant la saison pluvieuse en cours. Près de US $ 2,4 millions du budget seront consacrés à cette épineuse question de logistique.

Maniema : Plus de 50 000 personnes déplacées dans le Territoire de Punia depuis décembre

· Plus de 50 000 personnes, soit environ 10 700 ménages, sont déplacées depuis décembre 2012 suite à une série d’affrontements entre les FARDC et les miliciens Raia Mutomboki dans le Territoire de Punia. Ces personnes se sont déplacées principalement sur l’axe Punia – Kasese et d’autres se seraient dirigées dans le Territoire de Shabunda, dans la province voisine de Sud-Kivu. Selon des premières estimations, plus de 40% de personnes déplacées seraient arrivées dans la cité de Punia où des besoins en eau et en soins de santé ont été signalés.

Selon des sources locales, ces tensions entre l’armée et cette milice seraient liées à des exactions auxquelles les militaires soumettraient la population, dont les travaux forcés, dans des zones d’exploitation minière. Avant ces récents évènements, le Maniema comptait plus de 85 000 déplacés internes, essentiellement en provenance du Sud-Kivu. Cette nouvelle vague risque d’augmenter la vulnérabilité dans les communautés d’accueil vivant déjà dans une grande pauvreté.

Province Orientale : Environ 2 000 réfugiés centrafricains sont arrivés à Bondo (Bas-Uele) où vivaient déjà plus d’un millier d’autres Centrafricains fuyant la LRA.

· Près de 400 ménages centrafricains – 2 000 personnes – seraient arrivés depuis près de trois semaines dans des localités proches d’Ango (District du Bas -Uele) suite à l’insécurité liée à la rébellion dans leur pays. Une mission préliminaire de la Commission nationale pour les Réfugiés (CNR) est dans la zone depuis le 15 janvier pour évaluer la situation humanitaire de ces personnes. La zone de Bondo, qui abritait déjà plus de 1 000 Centrafricains fuyant les exactions de la rébellion ougandaise de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) en 2012, est fortement enclavée, rendant difficile l’acheminement de l’assistance humanitaire. Près de 300 autres réfugiés centrafricains, dont des enfants, sont également arrivés dans la cité de Mobayi Mbongo dans la province voisine de l’Equateur.

Sud-Kivu : La protection de civils et l’accès humanitaire à rude épreuve suite à l’activisme des miliciens Raia Mutomboki

· L’activisme des groupes armés dont le Raia Mutomboki continue de mettre à rude épreuve la protection de civils et l’accès humanitaire dans de nombreuses zones. Dans le Territoire de Kalehe, deux travailleurs humanitaires en mission ont été arrêtés non loin de Hombo Sud et menacés de mort le 3 janvier dernier par des miliciens se réclamant des Raia Mutomboki. Plus de 70 incidents sécuritaires contre les humanitaires ont été rapportés au Sud-Kivu en 2012 dont une dizaine dans ce territoire. Ce groupe armé s’affronte également avec l’armée dans le Territoire de Shabunda et a, à maintes reprises, menacé d’attaquer la cité de Shabunda centre. Dans la zone de Lulingu qui serait sous contrôle de ce groupe armé, de nombreux problèmes de protection, notamment la taxation illégale et les tracasseries routières, restreignent la liberté de mouvements des personnes et biens. Les problèmes sécuritaires liés à l’activisme des groupes armés sont la cause principale de mouvements de populations à l’est de la RDC. On estime à près de 912 000 le nombre de personnes déplacées internes au Sud-Kivu. Les incidents sécuritaires contre les humanitaires constituent une des principales causes de limitation d’accès aux populations vulnérables dans la province.

Pour toute information complémentaire, veuillez contacter :
Yvon Edoumou, Chargé de l’Information publique et plaidoyer, Tél. +243970003750, edoumou@un.org
Médard Lobota, Chargé des affaires humanitaires associé, Tél. +243 99 290 66 33, lobota@un.org
Sylvestre Ntumba Mudingayi, Chargé de l’Information Publique adjoint, Tél. +243 99 884 53 86, ntumbamudingayi@un.org

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

To learn more about OCHA's activities, please visit http://unocha.org/.