Situation humanitaire en République Démocratique du Congo - Note d’information hebdomadaire à la presse, 30 mai 2012

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 30 May 2012

Nord-Kivu : Les capacités de réponse des humanitaires à rude épreuve face à des dizaines de milliers de personnes déplacées en moins de deux mois.

L’accélération de la dégradation de la situation sécuritaire au Nord-Kivu depuis le début du mois d’avril a contraint des dizaines de milliers de personnes déjà vulnérables à quitter leurs villages à la recherche de la protection. Selon les dernières estimations disponibles, près de 100 000 personnes se seraient déplacées entre le 1er avril et 18 mai, dont près de 74 000 dans les Territoires de Lubero, Masisi et Rutshuru. Les conséquences humanitaires des mouvements de populations aussi importants en un peu moins de deux mois sont énormes. Les évaluations conduites dans des zones encore accessibles font état de besoins importants en abris, biens non alimentaires, soins de santé, nourritures, eau, hygiène et assainissement, éducation, ainsi qu’en termes de protection physique des personnes. Jusque là, les acteurs humanitaires n’ont pu apporter de l’assistance qu’à quelques milliers de déplacés encore accessibles, notamment ceux se trouvant dans les sites spontanés près de Goma et dans le camp des déplacés de Mugunga III.

La limitation d’accès à la grande partie des populations affectées, – notamment les communautés d’accueil, à cause d’une part de l’insécurité et, d’autre part, au mauvais état des routes –, prive des milliers de personnes vulnérables à l’assistance dont elles ont énormément besoin.

Outre l’accès, les stocks d’assistance disponibles en vivres, médicaments et autres besoins non alimentaires ne pourront suffire pour venir en aide à toutes les personnes. La communauté humanitaire a donc besoin des moyens supplémentaires pour sauver les vies humaines en danger dans les zones concernées.

Avant l’aggravation actuelle de la crise, le Nord-Kivu était déjà confronté à une situation humanitaire d’une grande ampleur.

Au 31 mars 2012, il y avait déjà près de 550 000 personnes déplacées internes dans la province. 90% d’entre elles se sont déplacées pour des raisons sécuritaires, notamment suite aux attaques armées.
L’épidémie de cholera en forte progression au mois de mai : plus de 3 000 cas enregistrés en moins de quatre semaines Au 28 mai 2012, le Ministère congolais de la santé et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rapportent que 15 351 cas de choléra dont 358 décès ont été enregistrés depuis le début de cette année, portant à 37 043 le nombre de cas rapportés depuis janvier 2011. Ainsi, en cinq mois, le nombre total de cas de choléra en 2012 a déjà dépassé 70% des cas rapportés l’année passée. Depuis janvier 2011, 942 pertes en vies humaines dues au choléra ont été enregistrées. Au cours du mois de mai, le nombre de cas de cholera a augmenté de près de 25% passant de 12 291 à 15 351 entre les 02 et 28 mai. La situation est pire dans les zones épidémiques de l’ouest, situées le long du fleuve Congo, où le nombre de cas a augmenté de 50%, avec à la clé une augmentation de plus de 100% des cas et une létalité de 6% en Equateur. Dans les zones endémo épidémiques de l’est, l’augmentation des cas au mois de mai est de près de 17%. Toutefois, en seulement cinq mois, le nombre de cas de choléra rapportés dans ces zones approche 80% du total des cas enregistrés l’année dernière. Malgré les interventions en cours, essentiellement financées grâce aux $ 9,1 millions octroyés par le Fonds central d’intervention pour les urgences des Nations Unies (CERF) au début de cette année, la lutte contre le cholera reste confrontée à une insuffisance des moyens face à l’étendue de la crise. Des moyens supplémentaires sont nécessaires pour venir à bout de l’épidémie au regard de son expansion actuelle. L’accès très limité à l’eau potable, surtout en milieu rural, et le problème d’hygiène et d’assainissement dans des milieux urbains rendent difficile la lutte contre le cholera. Les conséquences directes et indirectes de cette épidémie pèsent lourdement sur des communautés déjà démunies.

Le RRMP permet à plus de 1 800 élèves déplacés du primaire à participer au test national de fin d’études primaires.

• 1 847 élèves de plus d’une centaine d’écoles ont bénéficié d’un appui, notamment en termes de paiement des frais, pour participer au Test national de fin d’études primaires (TENAFEP) dans la Province du Nord Kivu grâce à une intervention de l’ONG Conseil Norvégien pour les Réfugiés (NRC) dans le cadre du Programme de réponse rapide aux mouvements de population (RRMP). La majorité de ces élèves sont des déplacés internes des Territoires de Masisi et Walikale, fortement affectés par des combats de ces derniers mois. Cette opération se poursuit également dans le Territoire de Rutshuru où on procède à l’identification des finalistes déplacés d’une trentaine d’écoles, en collaboration avec la division de l’Enseignement primaire et secondaire (EPSP), pour permettre le bon déroulement du TENAFEP prévu le 7 juin prochain ainsi que la participation de tous les finalistes.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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