Situation humanitaire en République Démocratique du Congo Note d’information hebdomadaire à la presse, 16 mai 2012

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 16 May 2012

Le Coordonnateur de l’action humanitaire appelle les belligérants à garantir un accès illimité aux personnes vulnérables

• Le Coordonnateur de l’action humanitaire en RDC, M. Fidèle Sarassoro a terminé le 11 mai dernier une visite de cinq jours à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), qui fait face à une aggravation de la crise humanitaire. La reprise des hostilités à l’est, particulièrement dans les deux provinces du Kivu, a poussé des milliers de personnes à se déplacer et a mis en mal la capacité de la communauté humanitaire à pourvoir l’assistance pour sauver des vies. Au cours de cette visite, M. Sarassoro s’est entretenu avec des autorités provinciales, des acteurs humanitaires et quelques représentants communautaires dans les Uele, et a visité des projets humanitaires financés à travers le Fonds commun (Pooled Fund). Au regard de la gravité de la crise et des difficultés qu’éprouvent les acteurs humanitaires pour atteindre les personnes vulnérables à cause de l’insécurité, le Coordonnateur humanitaire a lancé un appel à toutes les parties impliquées dans le conflit pour garantir un accès illimité aux populations vulnérables, pour qu’on réponde à leurs besoins fondamentaux.

Epidémies en RDC : Plus de 125 cas de rougeole et plus de 100 nouveaux cas de choléra enregistrés chaque jour en RDC.

• Depuis le début de l’année jusqu’à la première semaine de mai 2012, 15 841 cas de rougeole dont 268 décès ont été enregistrés dans 28 zones de santé en République Démocratique du Congo (RDC), selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’agence onusienne et des partenaires du secteur de la santé préparent actuellement un plan de riposte en urgence dans les nouvelles zones de santé en épidémie et appellent au renforcement de la prise en charge dans les structures sanitaires. Ils plaident également pour la participation du Gouvernement congolais à 50% du financement des opérations. En 2011, la rougeole avait touché plus de 134 000 personnes et occasionné plus 1 650 décès dans toutes les provinces du pays.

• Au 11 mai 2012, la RDC avait enregistré depuis le début l’année 13 994 cas de choléra dont 313 décès, selon les statistiques compilées par l’OMS et le Ministère de la santé. Ce nombre représente une moyenne de 106 nouveaux cas chaque jour avec 2,3 décès. Ce chiffre correspond aussi à 64,5% de l’ensemble de cas notifiés en 2011. Le District de l’Ituri, dans la Province Orientale, qui n’avait rapporté que 205 cas en 2011 est aujourd’hui la zone la plus affectée avec 2 864 cas dont 90 décès depuis le début de l’année. La Province du Sud-Kivu arrive en deuxième position avec 2 705 cas dont 16 décès.
La tendance du choléra est à la baisse dans les zones où les interventions sont en cours mais de nouvelles zones de santé - jusque-là non affectées – commencent à rapporter des cas. Ce qui rend difficile la lutte contre la maladie.

Protection des civils dans le Sud-Kivu : tueries, enlèvements, pillages et incendies des maisons rapportés

• Depuis le début du mois de mai, plus d’une cinquantaine de personnes dont des déplacés ont été tuées par des présumées Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans le Territoire de Kalehe.

Plusieurs maisons ont également été incendiées. Les FDLR soupçonnent les habitants de collaborer avec le groupe armé Raïa Mutomboki. Le Territoire de Kalehe abrite 35% des 856 000 personnes déplacées au Sud-Kivu. Dans le Territoire de Shabunda, une quarantaine de personnes ont été enlevées à l’est de Shabunda par des Mayi-Mayi avant d’être relâchées quatre jours plus tard tandis que, dans le Territoire de Fizi, une dizaine de personnes ont été tuées par balle par des éléments armés. En raison de l’insécurité, deux ONG internationales ont évacué leur personnel de Bunyakiri, dans le Territoire de Kalehe, où un programme d’assistance était en cours en faveur de 50 000 personnes vulnérables.

L’UNICEF condamne les tueries d’enfants à Ufamandu, dans le Nord-Kivu

• Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a condamné lundi avec fermeté la tuerie atroce de deux enfants à Upamando 1, dans le Territoire de Masisi, province du Nord-Kivu. Les deux enfants ont été brûlés vifs le 9 mai dans leur maison à Tanzanya, dans le Groupement de Ufamandu, par des hommes armés, présumés appartenir aux Forces de libération du Rwanda (FDLR). «Cet acte horrible et ignoble est un crime qui ne peut rester impuni. Les auteurs doivent être identifiés, poursuivis, arrêtés et traduits en justice dans les plus brefs délais», a déclaré Barbara Bentein, Représentante de l’UNICEF en RDC. Deux personnes adultes ont également trouvé la mort dans l’incendie, alors que d’autres ont été tuées par balle et leurs maisons pillées. L’UNICEF réitère son appel pressant à toutes les parties belligérantes à protéger les civils, particulièrement les enfants et les femmes, contre tout acte de violence.

Plus de 20 000 personnes déplacées internes à la suite de derniers affrontements dans le Nord-Kivu

• Plus de 20 000 personnes fuyant l’insécurité se sont déplacées dans les Territoires de Masisi et Rutshuru ainsi que dans la zone de Kitchanga à la suite des affrontements en cours dans la Province du Nord-Kivu.

Plus de 12 000 personnes déplacées ont été enregistrées dans le Territoire de Masisi et de Rutshuru tandis que plus de 9 000 autres se sont regroupées dans des sites spontanés dans la périphérie de Goma. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est actuellement en train de construire des hangars pour abriter les personnes déplacées à Mugunga. Le HCR met également en place des cantines communautaires qui seront approvisionnées par le Programme alimentaire mondial (PAM). Cartias, partenaire du PAM, distribue actuellement des biscuits vitaminés ainsi que des rations alimentaires pour trois jours en faveur de 1 100 nouveaux déplacés dans le camp de Mugunga III.

Le PAM apporte une assistance alimentaire à plus de 50 000 personnes au Katanga et plus de 400 rapatriés à l’Equateur

• Plus de 50 000 personnes ont bénéficié cette semaine d’une assistance alimentaire du PAM pour deux semaines dans le Nord du Katanga. Il s’agit des populations déplacées dans les Territoires de Manono et Mitwaba à la suite des affrontements en décembre dernier entre l’armée nationale et les Mayi-Mayi de Gédéon Mutanga. Un total de 380 tonnes de vivres a été distribué par l’ONG Action contre la pauvreté, partenaire du PAM sur le terrain.

L’ONG AIDES, partenaire opérationnel du PAM, a distribué pendant trois jours des repas chauds en faveur de 402 rapatriés, arrivés les 5 et 8 mai au centre de transit de Dongo, dans le District du Sud-Ubangi dans la Province de l’Equateur. Le PAM fournira 33 tonnes de vivres à environ 20 000 rapatriés qui seront accueillis entre le 1 er mai et le 31 décembre 2012 dans les cinq centres de transit dans le Territoire de Kungu. L'assistance alimentaire aux rapatriés en insécurité alimentaire, se fera ensuite sous forme de bons d'achat.

Pour rappel, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a débuté le 5 mai le processus de rapatriement des Congolais qui avaient trouvé refuge en République du Congo à la suite des affrontements intercommunautaires fin 2009 dans la Province de l’Equateur. Quelque 81 000 réfugiés dont 49 000 cette année devront être rapatriés d’ici à la fin de l’année 2013.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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