Situation humanitaire en République Démocratique du Congo - Note d'information à la presse, 18 juillet 2012

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 18 Jul 2012

Cholera : Besoin de financements supplémentaires pour poursuivre la lutte contre le choléra

La lutte contre l’épidémie de choléra, qui a bénéficié d’un large appui financier du Fonds central des urgences humanitaires des Nations Unies (CERF) au cours des neuf derniers mois, est dans un tournant décisif. De nombreux projets prendront fin dans les semaines à venir dû au fait que les fonds auront été épuisés, alors que la maladie continue de progresser. Le défi pour la communauté humanitaire est de trouver des fonds supplémentaires qui pourront soutenir les actions durant le reste de l’année. Sans ressources supplémentaires, les efforts consentis risquent d’être anéantis.

Au 12 juillet 2012, 19 276 cas de choléra dont 477 décès ont été rapportés en RDC depuis le début de cette année selon les statistiques du Ministère de la Santé publique et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 51 zones de santé restent encore en épidémie sur les 145 affectées par le choléra cette année.

Parmi la cinquantaine des zones de santé encore en épidémie, quatre sont entrées en épidémie il y a moins d’une semaine. Il s’agit des Zones de santé de Bikoto en Equateur, de Nsonampangu au Bas-Congo, de Bunyakiri au Sud-Kivu et de Drodro dans le District de l’Ituri en Province Orientale. En Ituri, les humanitaires tentent de mettre en place un nouveau plan de réponse. Ce plan sert également à mobiliser les ressources nécessaires pour venir en aide aux personnes affectées. La propagation de la maladie met en exergue le risque d’expansion de l’épidémie et de rechute des zones qui en sont sorties. Ceci nécessite également des moyens complémentaires pour développer des projets visant à réconcilier la réponse d’urgence à celle de développement.

L’accès très limité à l’eau potable, notamment dans les milieux ruraux, et les problèmes d’hygiène sont à la base de la survenue et de la persistance du choléra en RDC. En 2011, le pays avait enregistré 21 692 cas de choléra dont 584 décès. Si les ressources nécessaires ne sont pas mobilisées pour consolider la réponse actuelle en cours, la situation risque d’être plus grave que cela cette année.

Le PAM a repris ses opérations au Nord-Kivu avec la distribution des vivres à environ 87 000 personnes

Après une brève interruption la semaine dernière suite à la détérioration de la situation sécuritaire, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a repris le lundi 16 juillet ses opérations dans le Nord-Kivu. Des camions sont partis sur l’axe Walikale Goma pour des premières livraisons. En tout quelque 87 000 personnes, réparties en différents sites sur cet axe routier, recevront une assistance alimentaire.

Le matin du mercredi 18 juillet, des camions sont également partis vers Rutshuru pour apporter de la nourriture aux déplacés installés dans des camps le long de cet axe routier. En tout 92 000 personnes déplacées, réparties dans 31 camps du Rutshuru et du Masisi, recevront une assistance alimentaire dans les semaines à venir. La ration est composée de farine de maïs, légumineuse, huile et sel pour deux semaines.

Le PAM a également entamé cette semaine une opération sous forme de coupon pour environ 20 000 déplacés du camp d’Eringeti dans la région de Béni. Les bénéficiaires des coupons ont la possibilité de les échanger auprès des commerçants locaux contre un certain nombre d’aliments pré sélectionnés. Ce type d’assistance offre plus de choix et de dignité aux bénéficiaires tout en revitalisant les marchés locaux et la productivité.

Dans la seule province du Nord Kivu, le PAM prévoit d’apporter dans les prochaines semaines une assistance à quelque 320 000 personnes dont environ 250 000 nouveaux déplacés.

Crise du Nord-Kivu : Une assistance en NFI du réseau Caritas Internationalis à 2 400 ménages déplacés

Caritas Congo a lancé le 16 juillet la première phase de son projet d’assistance en « biens non alimentaires » (NFI) au profit de 2 400 ménages déplacés par la crise sécuritaire qui sévit dans la Province du Nord-Kivu. Dans sa totalité, ce projet vise 10 039 ménages déplacés dont 8 039 au Nord-Kivu en RDC et 2 000 ménages ayant trouvé refuge à l’ouest du Rwanda. L’insuffisance des ressources mobilisées n’a pas permis la mise en œuvre du projet dans sa globalité. Dans sa phase actuelle, les fonds mobilisés ne couvrent qu’environ le tiers du budget initial et seront répartis au prorata entre Caritas Goma, Caritas Butembo et Caritas Nyundo.

A cause de l’insécurité, plus de 28 000 enfants privés de vaccination au Sud-Kivu

Plus de 28 000 enfants de moins de cinq n’ont pas été vaccinés dans le Sud-Kivu lors de la campagne de vaccination de routine de juin dernier. Les équipes n’ont pas pu vacciner les enfants notamment contre la tuberculose, la polio, le tétanos, la coqueluche et l’hépatite dans la province à cause de l’insécurité liée à l’activisme des groupes armés. Ces vaccins représentent le paquet de base pour les enfants. Ce manque d’accès expose ces milliers d’enfants à des réels risques de santé pourtant évitables. Pour éviter ces risques, le Cluster Santé réfléchie sur la possibilité d’organiser la vaccination à travers les ONG locales basées dans la zone.

Province Orientale : Le paludisme à la base des taux de mortalité particulièrement élevés dans le Bas-Uélé

L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) appelle au renforcement urgent de la réponse contre le paludisme suite à une importante flambée des cas de paludisme rapportée dans plusieurs zones de santé de la Province Orientale depuis quelques mois, notamment dans les zones de Ganga – Dingila (District du Bas-Uélé). L’ampleur que prend cette épidémie, dont les causes sont incertaines, est encore inconnue. Elle dépasse nettement par son nombre de patients sévères et de décès les épidémies des années précédentes.

MSF rapporte que les zones de Ganga – Dingila accusent des taux de mortalité communautaires inhabituellement élevés, principalement parmi les enfants. De nombreuses zones où l’épidémie est présente sont enclavées et l’accès aux soins est difficile pour les populations affectées, A Dingila, des cas de paludisme ont fortement augmenté depuis trois mois. Environ 300 cas de paludisme grave ont nécessité la transfusion sanguine hospitalisée, 200 d’entre eux ont nécessité une transfusion sanguine pour cause d’anémie sévère.

Au sud de la Zone de santé de Dingila, 3 500 patients ont bénéficié des consultations ambulatoires dans la périphérie de Zobia et 300 admissions de cas sévères ont déjà été prises en charge avec de nombreuses transfusions. Des actions préventives dont la distribution massive des moustiquaires imprégnées d’insecticides sont demandées pour arriver à contrôler la propagation de la maladie.

Pour toute information complémentaire, veuillez contacter : Yvon Edoumou, Chargé de l’Information publique et plaidoyer, Tél. +243970003750, edoumou@un.org Médard Lobota, Chargé des affaires humanitaires associé, Tél. +243 99 290 66 33, lobota@un.org Sylvestre Ntumba Mudingayi, Chargé de l’Information Publique adjoint, Tél. +243 99 884 53 86, ntumbamudingayi@un.org

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