Recherché par la CPI, le rebelle de RDC Ntaganda est à l'ambassade US à Kigali selon le Rwanda

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from Agence France-Presse
Published on 18 Mar 2013

03/18/2013 18:16 GMT

Par Stéphanie AGLIETTI

KIGALI, 18 mars 2013 (AFP) - Le général rebelle de République démocratique du Congo (RDC), Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, se trouvait lundi à l'ambassade américaine au Rwanda, après avoir fui l'est de la RDC, ont annoncé Kigali et Washington.

Le Département d'Etat a confirmé lundi soir à Washington que M. Ntaganda était arrivé dans la matinée à la représentation américaine dans la capitale rwandaise et "avait demandé son transfert à la CPI à la Haye".

"Nous venons d'apprendre que le général Bosco Ntaganda s'était présenté à l'ambassade américaine à Kigali tôt ce (lundi) matin", avait auparavant fait savoir la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, dans un communiqué officiel.

"Le gouvernement du Rwanda est en train de rechercher de plus amples détails sur cette situation en constante évolution", avait indiqué simplement le ministère dans ce texte.

Bosco Ntaganda, chef d'état-major de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) est devenu général dans l'armée de RDC, après un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa.

Il a de nouveau fait défection au printemps 2012 et est depuis accusé par de nombreux experts de jouer un rôle de premier plan au sein de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), lancée en mai 2012 dans l'est congolais et formée en grande partie d'ex-membres du CNDP dénonçant la non-application de l'accord de paix.

Le M23, qui a toujours réfuté l'implication de Bosco Ntaganda au sein du mouvement, s'est scindée fin février en deux factions rivales qui se sont affrontées dans l'est de la RDC.

Kinshasa avait affirmé dimanche que Bosco Ntaganda avait franchi la frontière entre l'est de la RDC et le Rwanda, dans la foulée de centaines de combattants de la faction qu'il est accusé de diriger, mise en déroute.

Bosco Ntaganda fait l'objet depuis 2006 de deux mandats d'arrêts de la CPI pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, notamment l'enrôlement d'enfants-soldats et des viols, commis dans les régions de l'Ituri (nord-est de la RDC) et du Kivu (est) au début des années 2000. Réputé sans pitié, il est surnommé "Terminator".

Ni le Rwanda, ni les Etats-Unis ne sont signataires du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI. En conséquence, aucun de ces deux pays n'ont obligation de transférer Bosco Ntaganda à la CPI, basée à La Haye (Pays-Bas).

"La CPI cherche à confirmer auprès des autorités compétentes l'information selon laquelle Bosco Ntaganda se trouverait à l'ambassade américaine à Kigali", avait indiqué lundi soir à La Haye Fadi el-Abdallah, porte-parole de la CPI, interrogé par l'AFP.

"Si cette information est confirmée, la Cour prendra les dispositions nécessaires en vue du transfert de M. Ntaganda à La Haye", avait ajouté M. El-Abdallah. "Rien n'empêche un Etat qui n'est pas partie au Statut de Rome de coopérer avec la Cour sur une base volontaire", avait-il souligné.

Kigali a récemment été accusé par des experts de l'ONU, malgré ses dénégations, de soutenir le M23. Le Rwanda comme 10 autres pays de la région, a paraphé fin février un accord-cadre régional destiné à ramener la paix dans l'est RDC, dont les signataires s'engagent à ne pas accueillir d'individus recherchés par la justice internationale.

Mi-novembre 2012, le M23 avait occupé une dizaine de jours la ville de Goma, capitale de la province riche et instable du Nord-Kivu, avant d'accepter une médiation diplomatique régionale dirigée par l'Ouganda, qui a jusqu'ici peu progressé et dont la reprise était prévue d'ici une semaine, selon Kampala.

En novembre, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, avait estimé que Bosco Ntaganda était l'un des "principaux instigateurs de l’instabilité qui prévaut sur l'ensemble de la région des Grands Lacs" et qu'il fallait l'arrêter "impérativement".

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