R.D.Congo – Bas-Uele, Haut-Uele, Ituri & Tshopo : Note d’informations humanitaires no 11 (12/7/2017)

Faits saillants

  • Solidarités International au chevet d’environ 80 000 personnes à Ingbokolo par une assistance en EHA.

  • Plus de 11 000 nouveaux déplacés en provenance du Nord-Kivu enregistrés en Ituri.

  • Près de 9 000 personnes sans assistance quatre mois après leur déplacement à Linga.

Aperçu de la situation

L’instabilité qui prévaut au Soudan du sud impacte le contexte sécuritaire de la partie nord du Territoire d’Aru dans la Province de l’Ituri, au point que la population vit présentement dans la peur. Les rebelles et les troupes soudanaises transposent leurs affrontements armés dans la région congolaise de Kengezi Base (100 km au nord d’Aru). Une situation qui préoccupe énormément la population et les quelques organisations humanitaires opérationnelles dans cette zone. A ce contexte déjà instable s’ajoute la redynamisation d’un groupe armé local, Alliance pour la libération du peuple congolais (ALPC), profitant de la faible présence de l’armée et la police. La situation sécuritaire pourrait dégénérer dans le Territoire d’Aru, du moins dans sa partie limitrophe avec le Soudan du Sud, si aucune action n’est entreprise par les autorités en termes de renforcement de la sécurité. Les acteurs humanitaires craignent pour la restriction de l’espace d’intervention et l’explosion des problèmes de protection des civils et humanitaires (déplacement de population et réfugiés vers les zones stables).
Dans le sud Irumu, les miliciens de Force de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI) n’en finissent pas de commettre des exactions sur la population dans de nombreuses localités. Le Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur, lors de son passage à Bunia, a promis de mettre fin au phénomène FRPI par une négociation. Une initiative louable pourvu qu’elle se fasse suivre de la concrétisation. Les opérations militaires ont montré leur limite et ont causé trop de victimes collatérales au sein de la population.

Dans le Bas-Uélé, le contexte sécuritaire instable du côté de la République Centrafricaine doit être surveillé de très près car il risque d’affecter le Territoire de Bondo dans la Province du Bas-Uélé. Cette région connait depuis le mois de mai un afflux de réfugiés qui fuient les affrontements armés. Il est fort à craindre l’incursion des hommes armés dans ce Territoire. Par ailleurs, une attention particulière doit être portée sur les combattants de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui deviennent de plus en plus actifs sur les axes Dungu – Faradje (Haut-Uélé), Banda – Doruma (Bas-Uélé et Haut-Uélé) et dans la région de la Garamba.

Le Contexte sécuritaire du Territoire de Beni (Nord-Kivu) a des répercussions sur l’Ituri, particulièrement sur les axes Boga – Tchabi, Komanda – Luna (Territoire d’Irumu) et Bela – Makeke (Territoire de Mambasa). Entre mi-juin et début juillet (les 5 et 6 juillet), plus de 11 000 personnes - fuyant les incursions d’ADF et les affrontements entre les FARDC et les ADF- seraient en déplacement en Ituri. Mais selon les dernières informations, plus de 1 000 personnes ont amorcé un mouvement de retour de Tchabi à Kainama (Nord-Kivu) depuis le 7 juillet.

La Commission mouvement de population (CMP) a recensé un effectif cumulé de quelque 324 371 personnes déplacées internes (PDI) dans les provinces du Haut-Uélé, de l’Ituri et de la Tshopo au 25 juin 2017. Alors qu’un mois plus tôt les statistiques se chiffraient à environ 308 790. La CMP note que 91% des déplacés vivent dans des familles d’accueil alors que 9% sont repartis dans les sites spontanés. La plupart des déplacements sont dus aux attaques et affrontements armés (95%). Plus de 55 % des PDI proviennent du Nord-Kivu à cause de la crise d’ADF. En termes de retour, plus de 68 960 personnes avaient regagné leurs milieux d’origine, entre janvier 2016 et juin 2017.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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